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«J'étais au 4e étage avec les portes bloquées«

Par L'Economiste | Edition N°:2766 Le 29/04/2008 | Partager

. Des rescapés racontent le drame. Les conditions de travail pointées du doigtAssise sur son lit d’hôpital au CHU Ibn Rochd à Casablanca, Aïcha B., 28 ans, n’oubliera pas de sitôt le drame qui s’est déroulé samedi dernier à Lissasfa. Elle a été affectée hier, ainsi que deux sapeurs-pompiers intoxiqués par l’oxyde de carbone au pavillon 25 de pneumologie au CHU-Casablanca. A la suite de l’incendie, ce sont 32 blessés qui ont reçu les soins, notamment à l’hôpital CHP-Hassani, indique Abderrahmane Assoulimani, son directeur. «J’ai perdu trois membres de ma famille et j’ai moi-même frôlé la mort», raconte tristement Aïcha, employée dans la tapisserie. «Je réclame des dommages et que justice soit faite», déclare-t-elle. Selon elle, ce sont plus de 300 employés qui travaillent à l’usine: «Le bilan doit dépasser les 55 morts officiellement recensés», fait-elle remarquer. Sous le choc, la jeune dame n’omet aucun détail. Elle poursuit son récit dramatique: «J’étais au 4e étage avec 40 autres employés quant le feu s’est déclaré. Les portes ont été bloquées». La scène s’est déroulée en un laps de temps très court. C’est à la suite d’un bruit au rez-de-chaussée où se trouvaient des machines de menuiserie que la panique s’est propagée dans les locaux. Il s’est avéré que c’est un court-circuit qui a déclenché l’incendie. Les employés couraient dans tous les sens. «Ils avaient peur, mais un responsable leur a ordonné de récupérer les produits», est-il indiqué. Une fois retournés sur les lieux, les employés ont été piégés par le feu. Ceux qui travaillaient au 4e étage ont eu la vie sauve grâce à l’aide des ouvriers qui aménageaient un café pour les employés de l’usine. «Nous sommes montés dans le noir et ce sont des ouvriers qui nous ont sauvé la vie. Ils ont mis en place une corde et une échelle pour pouvoir passer de l’autre côté», ajoute la rescapée. A la fin de son histoire, Aïcha dénonce les conditions de travail dans l’usine en question où aucune norme de sécurité n’était respectée. Son contrat stipule qu’elle ne doit pas travailler samedi, mais elle a été contrainte ainsi que ses camarades d’obéir aux ordres. Les salaires sont aussi pointés du doigt: «Je gagne 250 à 350 DH par semaine sans être déclarée». «Aïcha est capable de parler des heures et des heures vu son état de choc», assure son médecin Abdelaâziz Bakhatar, professeur agrégé en pneumologie. Si tout va bien, Aïcha pourra quitter l’hôpital dans 48h au maximum. Le professeur suit de près son cas. Elle sera aussi suivie par un psychiatre. Quant aux deux sapeurs-pompiers, leur état est critique. Leur regard, triste et perdu, en dit long sur leur état moral. Torses nus, reliés à des tuyaux médicaux, les deux sapeurs-pompiers défient la souffrance. Ils sont à bout de souffle et n’arrivent pas à raconter les longues heures de la catastrophe.Fatim-Zahra Tohry

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