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    Economie

    «Il ne faut pas avoir peur de la globalisation«
    Entretien avec Cheng Tao, ambassadeur de Chine au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:1985 Le 24/03/2005 | Partager

    . Les importations marocaines de Chine représentent 3% du total . S’il n’y avait pas de demande, les produits chinois ne seraient pas sur le marché marocainDans cet entretien exclusif, l’ambassadeur de Chine au Maroc analyse l’évolution des relations économiques avec le Maroc, et répond aux inquiétudes d’une partie du monde des affaires sur la concurrence des importations chinoises. Plutôt que d’adopter une attitude défensive, les entreprises marocaines devraient jouer à fond la globalisation, dit-il. Au passage, le diplomate tord le cou à certaines certitudes. - L’Economiste: Quelle appréciation faites-vous des relations économiques entre la Chine et le Maroc?- Cheng Tao: Comme vous le savez, c’est en 1956 que la Chine a établi les relations diplomatiques avec le Maroc. Depuis bientôt cinquante ans, nous avons toujours entretenu d’excellentes relations. La Chine essaie, dans la limite de ses possibilités, d’aider le Maroc dans sa marche vers le développement. Ces dernières années, les échanges commerciaux se sont développés surtout à la suite des visites de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Chine en 2004 et du Premier ministre chinois au Maroc, deux ans plus tôt. Dans ce contexte global encouragé par l’ouverture et le développement de l’économie marocaine, nous constatons que de plus d’entreprises chinoises viennent s’installer dans le Royaume. A part le secteur traditionnel comme la pêche, les sociétés chinoises sont présentes dans des activités diversifiées: fabrication de motocycles, production de câbles et d’acier, des moules, télécommunications, travaux publics et l’import-export. Au total, il y a à peu près une trentaine de firmes chinoises au Maroc et autant de commerces tenus par des Chinois ou à capitaux mixtes que je ne connais pas. Les groupes les plus importants sont: Huawei Technologies, ZTE Corporation, China Oversea Engineering Works, Tian Tan Maroc, China National Fisheries, United Corp, Bao Steel, King Fast International, Motochima, etc. - Les chefs d’entreprise marocains estiment que la concurrence avec les produits chinois ne se fait pas sur des bases loyales. Ils soupçonnent votre gouvernement de subventionner les exportations. Que répondez-vous à ces accusations?- Je ne vais pas tomber dans le piège de la polémique, mais je voudrais insister sur des faits concrets. Je tiens à rappeler que l’essentiel des importations chinoises au Maroc sont le fait des opérateurs marocains et dans une proportion limitée, de commerçants chinois. Tous ces commerçants ont des charges, de loyer, de frais de personnel, etc., et ils réalisent une marge, sinon, ils auraient fait faillite depuis longtemps. S’ils vendent leurs articles à des prix compétitifs, ce n’est pas pour faire plaisir au client, c’est parce qu’ils y trouvent leur compte. Bien sûr que la Chine a des conditions spécifiques. La main-d’œuvre y coûte moins cher, mais ce n’est pas la seule variable qui explique la compétitivité de ses entreprises. Si les entreprises chinoises arrivent à fabriquer un bon produit pour pas cher, cela ne tient pas qu’au coût de la main-d’œuvre. Quant aux subventions, c’est une accusation qui relève d’une vue d’esprit. Ce n’est pas possible financièrement et, de toute façon, le gouvernement chinois n’a pas les moyens d’accorder des aides à tous les exportateurs. Il doit encore vivre. - Comment expliquez-vous que les articles importés de Chine soient si “bon marché” malgré la hausse des coûts logistiques et des cours des matières premières?- C’est un vrai défi posé aux opérateurs marocains. La solution ne consiste pas à se plaindre. Ils peuvent répondre à cette concurrence en élevant leur productivité et leur compétitivité. Il faut réfléchir, inventer, innover pour essayer d’améliorer la gestion, mettre en valeur l’intelligence des employés et des managers. Faites comme nous: nous avons appris, nous faisons et nous dépassons les autres. Les entreprises marocaines devraient plutôt chercher à relever courageusement le défi de la mondialisation. Aujourd’hui, tout est fait pour diminuer les barrières commerciales et économiques. Le monde est devenu un village, comment peut-on refuser des articles chinois de rentrer sur le marché marocain au motif qu’ils sont moins chers? C’est un véritable paradoxe.La Chine est aussi passée par une phase de développement où son marché était inondé d’articles électroménagers -téléviseurs, réfrigérateurs et climatiseurs- étrangers. Au début des années 80, la Chine ne comptait que certains petits producteurs des téléviseurs noirs et blancs et d’appareils électroménagers. Le marché était dominé par des firmes japonaises et européennes. Par la suite, nous avons introduit des capitaux et des technologies de l’étranger et créé des joint-ventures. C’est par ce processus que les entreprises chinoises se sont améliorées et ont pris chaque jour plus de force. Ce contact avec les firmes étrangères nous a permis de réaliser notre mise à niveau industrielle. C’est ainsi que la Chine est devenue le premier producteur mondial des produits électroménagers. Il ne faut pas avoir peur de la globalisation. Si les produits chinois connaissent tant de succès au Maroc, c’est parce qu’ils répondent au pouvoir d’achat d’une catégorie de consommateurs. La réalité est bien celle-là. S’il n’y avait pas de demande, ces produits ne seraient pas vendus ici. - Avez-vous l’impression que côté marocain, les hommes d’affaires sont frileux vis-à-vis du marché chinois?- Je ne le pense pas, mais j’ai l’impression que les gens ne connaissent pas assez la Chine. En réalité, il y a une méconnaissance mutuelle des deux côtés. Il reste encore beaucoup de choses sur ce plan-là. Mais depuis quelque temps, la foire de Canton connaît un engouement exceptionnel auprès des opérateurs marocains. En 2004, plus de 3.000 d’entre eux se sont rendus en Chine, soit pour raison d’affaires, soit pour le tourisme. Ma mission consiste aussi à œuvrer pour le rapprochement des deux peuples.


    Le pays de tous les records

    La Chine ressemble à un immeuble de vingt étages, dont deux seulement seraient occupés”. Mais tout laisse à penser que les étages libres ne le resteront pas très longtemps, selon les experts. Les chiffres de l’empire du Milieu sont à l’image de sa taille: impressionnants!1,3 milliard d’habitants, 752 millions d’actifs- Densité: 133,4 habitants/km2- Population urbaine: 36,7%, 20 villes de plus de 5 millions d’habitants et 100 de plus de 1 million.- 200 millions de ruraux ont quitté la campagne depuis quatre ans.- Taux de natalité: 13 pour 1000- Taux de mortalité: 6 pour 1000- PIB/habitant: 989 dollars- Taux de croissance (1990-2002): 9,7%- Croissance en 2003: 8,1%- Classement risque-pays (Coface): A3- Taux de chômage: 3,1%- Taux d’inflation: 0,4%- Structure du PIB: secteur primaire 15%; secteur secondaire, 51%; tertiaire, 34%.- Importations: 295,2 milliards de dollars- Exportations: 325,6 milliards de dollars- Recettes touristiques: 20,4 milliards de dollars- Réserves de change: 298 milliards de dollars- Investissements directs étrangers: 49,3 milliards de dollars- Investissements: 40% du PIB- Alphabétisation: 86% de la population- Nombre de médecins pour 1000 habitants: 1,68- Equipements (pour 1000 habitants): 7 automobiles, 350 télévisions, 167 lignes téléphoniques, 161 téléphones portables, 28 ordinateurs, 46 internautes. - D’ici à 2007, un tiers de l’industrie électronique mondiale sera installée en Chine. La Chine fabrique un appareil photo numérique sur deux vendus dans le monde.- 20 millions de touristes chinois sont partis à l’étranger en 2003.Sources: L’Année stratégique 2005 et L’Express«Diplomate de carrière, Cheng Tao, ambassadeur de Chine au Maroc, est un fin connaisseur du continent africain. Il a été en poste au Gabon, Bénin et Mali avant de diriger la mission diplomatique de la République populaire de Chine à Rabat« Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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