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    Economie

    «Grève-anniversaire» dans les ports du Sud

    Par L'Economiste | Edition N°:598 Le 20/09/1999 | Partager

    · Un an après, un nouveau mouvement éclate
    · L'UMT se désolidarise du Syndicat des marins de la pêche côtière
    · Chômage technique dans les industries navales

    D'une simple rumeur alimentant le microcosme des armateurs de la pêche côtière, la menace d'une grève illimitée à partir du 15 septembre brandit par un groupuscule de marins, début de ce mois, vient d'être concrétisée. A l'heure où nous mettions sous presse, des responsables du Ministère des Pêches Maritimes (MPM) nous ont assuré que des mesures «sécuritaires» ont d'ores et déjà été prises pour débloquer la situation dans différents ports de pêche du Sud. Curieusement, il a fallu attendre exactement une année pour que le Syndicat des marins de la pêche côtière récidive. Fait nouveau, alors que le mouvement de l'année dernière était organisé sous la houlette de l'UMT, cette fois-ci, la Centrale se désolidarise complètement. Pire, ses responsables locaux se disent même «indignés de l'actuelle grève menée par ce prétendu Syndicat». Selon eux, cette grève n'a d'autres finalités que de provoquer le désordre dans les rangs des marins pêcheurs».
    En fait, le choix du calendrier n'est sûrement pas fortuit, puisqu'il intervient en pleine campagne sardinière. Celle-ci ne dure que six mois dans l'année, de mai à décembre. Curieuse est également la force de mobilisation de ce «groupuscule». Le même jour, le 15 septembre, les bateaux sardiniers d'abord et les chalutiers ensuite ont été paralysés à Safi, Essaouira, Agadir, Laâyoun et Tan-Tan.
    De plus, cette grève, n'a été précédée d'aucun préavis, du moins sur le plan officiel. Selon des armateurs, «ils ne sont pas plus d'une dizaine de personnes à encadrer cette opération commando». Et de poursuivre, «ce n'est pas une grève, puisque les marins veulent travailler, mais se trouvent, à coups de menaces, empêcher de le faire». Le ton monte. «C'est un complot contre le secteur». La Fédération Nationale des Syndicats à la pêche côtière affirme, pour sa part, que les armateurs sont aujourd'hui de véritables otages de ce groupuscule.
    A souligner que les revendications du Syndicat des Marins de la Pêche Côtière, ex-affilié et désormais dissident de l'UMT, demeurent toujours les mêmes. L'essentiel d'entre elles porte sur les suites de l'affaire d'Agadir où un syndicaliste avait été retrouvé assassiné(1). Autre problème de taille, l'approvisionnement des conserveurs. L'actuel mouvement vient d'infliger un très dur coup de massue aux industries d'aval (en chômage technique depuis trois jours) et ce, à l'approche d'un rendez-vous tant attendu par la profession: Salon International de l'agro-alimentaire qui se déroulera en Espagne du 21 au 23 octobre prochains. Les industriels estiment en effet que cette grève risque de mettre en doute la fiabilité de l'approvisionnement marocain en conserves de poisson auprès des clients européens notamment. Ce salon est également attendu par les professionnels afin de relancer la consommation de la conserve marocaine en Europe après la baisse de près de 14% de leurs exportations.

    (1) Cf l'enquête de L'Economiste à Agadir sur ce crime et les malversations qui l'ont précédées, publiée le 10 juillet 1997.


    Une grève politique?


    Grève-anniversaire. C'est ainsi que les professionnels de la pêche côtière qualifient l'actuel mouvement dans les ports du Sud. En fait, l'anniversaire est celui de la mort de Abdellah Mounassir, un ancien marin pêcheur dans des conditions qualifiées de «douteuses», il y a déjà trois ans de cela. Les observateurs notent que ce mouvement est surtout mené par des délinquants. Le Ministère ne confirme pas, mais n'infirme pas non plus. Au terme du deuxième jour de cette grève, les supputations sur son origine vont bon train. «C'est une grève politique», est-il indiqué.o

    Hassan BOUCHACHIA

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