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    Economie

    «En cédant sa raffinerie, l'Etat a vendu un outil industriel mais non un marché«Entretien avec Aziz Akhannouch, président du Groupement des Pétroliers du Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:1299 Le 25/06/2002 | Partager

    . Pour les opérateurs, plus rien ne justifie la demande de la Samir de reporter la date du démantèlement douanier qui doit commencer le 1er juillet. Selon le président du GPM, l'ouverture du marché ne sera réelle que dans quatre ans. Les sociétés de distribution ont déjà réalisé des investissements dans le réseau et le développement de leurs capacités de stockage. L'Economiste: A la veille de l'échéance du démantèlement douanier pour les produits pétroliers, la Samir demande un report à 2007. En quoi ce report dérange-t-il les opérateurs?- Aziz Akhannouch: Il est en fait indéniable qu'après la privatisation de la Samir, nous sommes passés, au Maroc, d'un monopole d'Etat à un monopole privé. Plus précisément à un monopole de fait puisque le raffineur a bénéficié d'une protection tarifaire et douanière allant jusqu'à 2002 et qui devait lui permettre de réaliser la mise à niveau de son outil de production. C'est la perpétuation de cette situation qui inquiète les opérateurs, alors qu'aucun investissement n'a été réalisé à ce jour par l'acquéreur et que les produits raffinés localement ne répondent toujours pas aux normes internationales. Comment, dans ce cas, accepter le report de l'ouverture du marché à la concurrence au moment où les distributeurs sont condamnés à une source unique d'approvisionnement et où leurs rapports commerciaux avec le raffineur sont déséquilibrés, en raison, justement, de la structure des prix de la Samir et du système de rémunération jusque-là appliqué? Ceci dit, la libéralisation que nous appelons de nos voeux ne devrait pas inquiéter outre mesure, puisqu'elle n'aura un impact effectif qu'au-delà de 2006. Il faut rappeler que tout en bénéficiant d'une période de grâce de cinq ans, les droits de douane sur les produits pétroliers importés sont, aujourd'hui, de 17,5%; ils passeront à 15% en 2003; à 12,5% en 2005 pour atteindre 10% en 2006. Ces taux prohibitifs rendent les importations très difficiles pour les sociétés de distribution.. La Samir demande un sursis pour la mise à niveau de ces normes. En contrepartie, elle s'engage à investir pour la modernisation de ses équipements. Est-ce une demande légitime?- La baisse des taux se faisant de manière linéaire jusqu'en 2009, nous ne comprenons pas le nouveau sursis exigé par le raffineur. Au moment de la privatisation, l'acquéreur savait pourtant que le prix d'acquisition avait une corrélation avec le programme d'investissement et le calendrier de démantèlement, conformément aux engagements pris par le Maroc envers l'Union européenne et l'Organisation Mondiale du Commerce. Il ne peut être renouvelé indéfiniment et rien ne justifie plus sa prolongation. D'autre part, en cédant sa raffinerie, l'Etat a cédé un outil industriel mais non un marché. Le marché marocain n'est pas à vendre. L'acquéreur doit le conquérir par son travail et sa stratégie, en acceptant le jeu de la concurrence. C'est la loi élémentaire de l'offre et de la demande.. La commission interministérielle n'a pas encore rendu sa copie sur le nouveau système de tarification des produits pétroliers prévu pour le 1er juillet. Sur quelle base avez-vous élaboré vos business plan?- Vu l'effort soutenu d'investissement des sociétés, nous espérons obtenir, dans le cadre de la nouvelle tarification, une rémunération juste et équitable de l'ensemble de la filière. Nous vous rappelons que la rémunération de nos fonds propres se limite à 1% pour le carburant et moins de 5% pour le gaz. S'agissant du plan d'action, nous l'avons établi au même titre que l'acquéreur, sur la base de l'évolution du marché et des conditions objectives créées par la privatisation.. Les opérateurs se sont-ils préparés à l'ouverture?- L'ouverture du marché ne sera réelle que dans quatre ans, mais les sociétés de distribution n'attendront pas cette échéance pour être prêtes. Même si elles ne trouvent pas de contrepartie dans la rentabilité de l'activité, des investissements ont été réalisés dans le réseau et le développement de leurs capacités de stockage, notamment à Mohammédia, Jorf Lasfar, Agadir et Nador, afin de faire face au déficit de production locale.. Concrètement, comment se déroulera le mécanisme du démantèlement?- Les obligations de l'Etat, lors de la privatisation en juillet 1997, visaient principalement à maintenir pour une période de 5 ans, les taux des droits de douane appliqués aux produits pétroliers raffinés. A l'expiration de cette période, il est prévu de procéder à leur démantèlement linéaire sur 7 ans, c'est-à-dire jusqu'en 2009.Ce démantèlement est donc tout à fait clair et doit commencer au début du mois prochain. Il est purement technique.. Pour les consommateurs, quel en serait l'impact?- D'ici 2009 et au terme du processus d'ouverture, il faudrait réfléchir à instaurer une déréglementation de l'ensemble du secteur pétrolier. Ce faisant, le consommateur en sera le principal bénéficiaire tant sur le plan qualitatif que des prix; il y aura d'agréables surprises.. Quelle est la nature des relations entre les distributeurs et la Samir?- Elles pourraient être meilleures. Le statut de monopole de fait octroyé au raffineur ne contribue pas à les améliorer. Du fait des déficits de production de la raffinerie, la Samir importe aujourd'hui autour de 500.000 tonnes en produits raffinés, hors droits de douane, en provenance des pays de l'UMA. Pourquoi voudriez-vous que les sociétés de distribution ne participent pas à ce type d'importation dans les mêmes conditions afin justement de combler le déficit?. Comment le GPM a-t-il perçu l'alliance Samir/Somepi?- Ce rachat ne peut être considéré comme naturel que s'il y a une ouverture en amont. Ce regroupement va, de ce fait, à l'encontre de la loi sur la concurrence en faisant du raffineur le fournisseur exclusif des sociétés de distribution avec lesquelles il est en compétition sur le terrain.. Aujourd'hui, la qualité du carburant commercialisé sur le marché marocain, estiment les opérateurs, ne correspond pas aux normes internationales. Qu'en est-il exactement?- La visibilité du programme de désulfurisation élaboré par l'Union européenne était connue bien avant la privatisation de la Samir. Le Maroc accuse, aujourd'hui, un retard considérable dans la mise à niveau de ses normes qui datent de 1960. Il faut rapidement réaliser les investissements nécessaires pour atteindre, immédiatement, l'objectif des 350 PPM et celui de 50 PPM en 2005. Ces niveaux de qualité sont indispensables au bon fonctionnement de certains véhicules, notamment ceux de nouvelle génération qui arriveront massivement sur le marché, cet été, par le biais des MRE.. Quelles sont encore aujourd'hui les contraintes du secteur?- Pour que le secteur de la distribution poursuive son plan de développement et d'extension, il est nécessaire que les pouvoirs publics apportent des solutions aux différentes problématiques posées, plus particulièrement en termes de visibilité de modèle économique et de rentabilité financière.Propos recueillis par Meriem OUDGHIRI & Khadija MASMOUDI

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