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    Politique

    «Des surprises plus désagréables si les partis avaient formé seuls le gouvernement«
    Entretien avec Nabil Benabdallah,ancien ministre

    Par L'Economiste | Edition N°:2644 Le 02/11/2007 | Partager

    . Les partis fortement contestés. Un grand fossé les sépare de la société. L’impératif d’une régénération de la politique gauche Nabil Benabdallah, ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, est membre du bureau politique du PPS. Dans cet entretien, il tire la sonnette d’alarme sur le danger qui guette les partis politiques, coupables de n’avoir pas entrepris leur aggiornamento. Leur régénération est une condition sine qua non pour réconcilier le citoyen avec la politique.. L’Economiste: Qu’est-ce que vous devenez depuis que vous n’êtes plus ministre?- Nabil Benabdallah: Je réapprends à faire des choses que je n’ai pas faites depuis au moins 5 ans. La fonction de ministre est prenante. Je m’occupe des affaires personnelles avec plus de temps à la famille. Cette période est propice à recharger les batteries et permet également d’avoir du recul.. A propos de recul, la formation du gouvernement a suscité beaucoup d’interrogations. Après ce qui s’est passé, quel commentaire vous inspire la classe politique et à l’avenir quelle place pour les partis?- Cette question est posée dans notre pays depuis plusieurs années déjà. Malheureusement, la classe politique n’a pas su opérer son aggiornamento et se mettre au goût du jour. Nous étions quelques-uns à estimer qu’il y avait des pistes à prospecter pour sortir des sentiers battus. Avec le nouveau règne, de nouvelles perspectives s’ouvraient et qui allaient dans le sens du progrès et de la modernisation du pays. La classe politique, particulièrement la Koutla et la gauche, a depuis longtemps appelé de ses vœux cette avancée. Et lorsque cela a commencé à s’opérer, on s’est rendu compte du décalage entre cette classe politique et ce qui se passait dans le pays. SM le Roi a pris en charge les réformes principales concernant la démocratisation, la modernisation économique et la mise à niveau sociale. A partir de là, le champ politique commençait à être dépassé par ses propres revendications.. Quelle place donc pour les partis politiques?- Aujourd’hui, cela a été démontré de manière évidente à travers le taux d’abstention très fort, jamais atteint dans notre pays, et à travers la constitution du gouvernement. Sur ces deux registres, nous ne pouvons pas considérer que les partis politiques ont réellement joué un rôle important. Etant donné l’état de nos partis politiques, je me demande, au cas où on les aurait laissés former le gouvernement d’une manière tout à fait autonome, si on n’allait pas avoir une forte déception de l’opinion publique. Beaucoup ont des critiques à l’égard de la constitution du gouvernement actuel. J’ose dire que nous aurions pu avoir des surprises beaucoup plus désagréables si les partis avaient été mis complètement devant leur responsabilité pour former le gouvernement. Car, au sein des partis, les prétendants font souvent partie des structures partisanes. Ces prétendants barrent la route à toute idée de rajeunissement, de renouveau et de diversité au sein du gouvernement.. Jusqu’à quand cette situation peut-elle durer?- Beaucoup pensaient qu’à l’horizon 2007, c’est-à-dire avant les élections de septembre dernier, nous devions avoir une classe politique capable de mobiliser, d’avoir un nouveau message, et nous n’avons pas pu le faire. Et cela ne peut plus traîner. Aujourd’hui, nous assistons à une remise en cause profonde de la classe politique. La place du politique est de plus en plus menacée dans notre pays. Les partis sont fortement contestés et ne se rendent pas compte du grand fossé qui les sépare de la société. Même pour les partis les plus ancrés dans l’histoire, les dernières élections ont démontré qu’il n’y avait plus de place pour les militants de souche. Et les résultats ont été réalisés par ce qu’on peut appeler les notables y compris dans les partis de gauche. C’est vrai pour l’USFP, le PPS et en partie l’Istiqlal. C’est vrai pour les autres partis qui ont toujours misé sur ce genre de clientèle.. Alors, que faut-il faire?- Le déphasage entre les partis politiques et la société est profond. Des remises en cause sont à opérer à deux niveaux. La première au sein de chaque parti, et le PPS est fortement interpellé. La deuxième est transversale dans la mesure où des tendances novatrices s’expriment dans différentes structures de gauche et du centre. La nécessité de réfléchir à ce qu’un mouvement puisse se redessiner, en mesure de mobiliser la société, lui donner des raisons de rêver, de croire en la possibilité de changement. Avec de nouvelles têtes, des messages porteurs, des formules d’organisation et de la fraîcheur dans les idées, il y a moyen de réconcilier la société marocaine avec la politique. C’est une tâche à laquelle nous devons nous atteler en toute urgence.. Et pourquoi pas au sein de votre parti, le PPS?- Nous n’avons pas les capacités à accueillir de nouvelles compétences, la jeunesse… Il faut aussi revoir notre presse et notre forme d’organisation. Le parti tel qu’il est géré maintenant ne le permet pas. Une gestion différente permettra d’offrir un champ pour les minorités, afin d’éviter qu’elles ne freinent les décisions en s’y opposant. Nous risquons d’aller vers des surprises désagréables. Des membres du bureau politique ont pour tâche de dresser un diagnostic de la situation du parti et de dégager des recommandations à mettre en oeuvre dans les plus brefs délais. C’est probablement la dernière chance que nous avons de rester collé à la réalité nationale et pouvoir jouer un rôle d’avant-garde dans le pays. Ce processus peut avoir valeur d’exemple dans le champ politique.. La gauche est actuellement très dispersée.- Des perspectives prometteuses pour que la gauche puisse se régénérer et donner naissance à un mouvement politique et social existent. Ce ne sera pas dans les carcans actuels qui sont fortement sclérosés. Nous sommes nombreux à nous retrouver à discuter, de temps en temps, de plusieurs questions. Nous nous rendons compte que nous n’avons pas de divergences. La seule différence est que l’un est au PPS, l’autre à l’USFP et un troisième dans une autre structure de gauche. . La volonté est là, mais y a-t-il des actions coordonnées au sein de la gauche?- C’est justement ce que j’appelle de mes vœux. Il faut avoir le courage de créer les passerelles entre les structures politiques et les potentialités qui existent en dehors des partis politiques. Aujourd’hui, il y a nettement des potentialités éprises d’idées de gauche plus à l’extérieur qu’à l’intérieur des formations. Il va falloir aller au-devant de ces potentialités.. Les partis de gauche sont si nombreux que le problème de leadership se posera dès le départ?- Le leadership se crée dans l’action. Laissons à ce mouvement la possibilité de développer, de manière intrinsèque, ses propres leaderships. On pourra créer des icônes dans lesquelles peuvent s’identifier les jeunes, les femmes, les élites…


    Prendre goût à la politique

    . Tout semble réussir à Fouad Ali El Himma. Après l’exploit aux élections législatives, il vient de constituer un groupe parlementaire de 34 députés. Quel commentaire cela vous inspire?- Il fait partie de cette génération qui est porteuse d’idées de changement pour ce pays. Il a pris goût à la politique, et ce qu’il a fait répond à une aspiration personnelle qui l’a poussé à se présenter aux élections. Fouad Ali El Himma est en train de dévoiler cette volonté de refonder une action politique qui peut apporter du neuf dans le paysage. Si les intentions sont bonnes, il reste à réviser les moyens utilisés pour ce faire. C’est avec des potentialités nettement audacieuses, plus représentatives des réalités nouvelles dans notre pays qu’il y aura du grain à moudre. J’espère que ce sera le cas après cette effervescence liée à la rentrée parlementaire et à la nécessité de former un groupe.Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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