×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Culture

    «Capitalisons sur le patrimoine oral«Entretien avec Mohamed Achaâri, ministre de la Culture

    Par L'Economiste | Edition N°:2576 Le 24/07/2007 | Partager

    Venu inaugurer au Palais des Congrès de Laâyoune, l’ouverture de la première édition du Festival International Rawafid Azawane, le vendredi 20 juillet, le ministre de la Culture Mohamed Al Achaâri revient, en exclusivité, sur l’impact d’un tel évènement et les attentes de la population des provinces du Sud.- L’Economiste: Une manifestation d’envergure internationale nécessite d’importants investissements. Qui sont les principaux bailleurs de fonds de cet évènement? - Mohamed Achaâri: Le ministère de la Culture, la wilaya et la Région de Laâyoune, ainsi que l’Agence du Sud sont les principaux partenaires de l’opération. Aux officiels se sont ajoutés de nombreux sponsors comme le groupe OCP, l’ONEP, ou encore la Fondation CDG… L’investissement global n’est pas encore arrêté, mais il dépasse tout de même le budget initialement prévu. Cette mobilisation de plusieurs bailleurs de fonds n’a nécessité que peu d’effort. En fait, pour cette première édition du Festival de Laâyoune, il fut assez facile de mobiliser les investisseurs alors même qu’il n’y avait pas de tradition forte implantée localement dans la conception d’un tel évènement.- Le Festival Rawafid Azawane n’en est pas réellement à sa 1re édition. Il est né à l’origine sur Casablanca, qui l’a accueilli sept années consécutives. Pourquoi avoir choisi de le délocaliser sur Laâyoune?- Ce n’est pas vraiment une délocalisation. En fait, dans l’esprit même de l’organisation du festival, nous ne le voulions pas trop sédentaire. Souvenez-vous qu’au départ sur Casablanca, il n’y avait pratiquement rien. L’intérêt du festival Rawafid est que celui-ci permet d’aller vers d’autres latitudes, car son essence est tournée vers la migration. C’est parce que sur Laâyoune il n’y avait pas encore de festival, et qu’en plus les jeunes réclamaient un produit d’ouverture ne les renvoyant pas toujours vers leurs racines, que nous avons délibérément choisi ce site. Le Sahara est un pays de tradition et de création ancestrale. Aujourd’hui c’est une réalité nouvelle qui émerge du Sahara marocain. Il y a un besoin sensible de s’ouvrir sur d’autres expressions culturelles et artistiques. - Peut-on faire un rapprochement avec les évènements politiques qui occupent l’actualité ces derniers temps et notamment le projet d’autonomie des provinces du Sahara? Le choix de Laâyoune pour l’organisation du festival n’est pas un acte politique, mais plutôt culturel. C’est un appel à l’ouverture, à la participation des jeunes et à l’édification d’un tissu culturel national multiple, diversifié et ouvert. C’est ce qu’on attend d’un tel évènement. - Quelles retombées espérez-vous d’une telle manifestation?C’est avant tout le bien-être du public que nous visons, au contact de la musique, de la danse et de la chanson. Il faut donner du plaisir au public, qui enfin peut voir des jeunes artistes en live, venant d’un peu partout et avec des styles de musiques adossés à des cultures différentes. J’espère que ce plaisir s’installera et que les jeunes des provinces du sud pourront en profiter pleinement. D’autres retombées sont aussi attendues. Les provinces du sud sont riches en patrimoine culturel oral. Jeux, poésie hassanienne, les troupes locales, la place du chameau, tout cela participe à la revalorisation des provinces du sud. La régionalisation avancée ne peut avoir de perspective que si elle mobilise également son patrimoine culturel régional. Quant au volet économique, il est des plus importants. N’oublions pas que la culture peut à la fois mobiliser les énergies, des individus, mais surtout des investisseurs. La région a des potentialités économiques importantes. Nous sommes en face des Iles Canaries, et à notre tour, nous pourrions faire de cette région un paradis touristique. - Pourquoi la plupart des festivals se déroulent-ils seulement pendant l’été?Il faut nuancer ces propos. De plus en plus de festivals se tiennent également pendant l’année. Peut-être que la raison de ce succès (des festivals d’été) est qu’ils sont joués en plein air. L’été c’est la période où tout le monde sort. Les gens s’approprient l’espace public, qui devient une expression de démocratie. D’ailleurs on ne peut pas concevoir de société moderne sans faire de la rue un espace de production, d’échange et de partage. Mais nous développons actuellement dans les villes des structures pouvant accueillir des projets durant toute l’année.- Pensez-vous que le budget réservé à la culture aujourd’hui soit suffisant? Nous n’aurons jamais de budget suffisant, car les besoins ne sont pas chiffrables, et que la consommation de la culture n’est pas quantifiable. Mais il est vrai que les budgets alloués ne sont pas énormes. Cependant, depuis les dix dernières années nous avons évolué de manière extraordinaire. L’infrastructure (théâtre, maison de la culture, bibliothèque…) est en nette progression. Beaucoup d’argent est dépensé également à travers les collectivités locales. De plus, le mécénat culturel marocain est le plus important du monde arabo-africain. Toutefois, les lacunes et retards historiques sont à combler. Il faut que les fonds publics soient plus présents dans ce délicat processus d’accompagnement. Une mise à niveau fondamentale de notre société s’impose, nécessitant une politique volontariste dans le domaine de la culture, et cela pour pouvoir notamment se placer sur la scène culturelle internationale.- Que pensez-vous de l’expérience initiée récemment par le musée du Louvre, qui propose de louer une partie de son patrimoine? Le Maroc n’est pas encore prêt. Cette pratique nouvelle sur le plan international a cependant le mérite d’ouvrir le débat sur la notion de musée, et celle de patrimoine et du commerce de l’art. Cette évolution nous interpelle, et nous devons attendre un peu, et voir comment l’expérience d’Abou Dhabi se concrétise, afin de savoir si ce type de projet relève d’un geste visionnaire ou simplement d’un exercice de montage financier.Propos recueillis par Alexis BENSAAD

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc