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16 mai, un an après
10 % des recherchés courent toujours

Par L'Economiste | Edition N°:1768 Le 14/05/2004 | Partager

. 17 condamnations à mort, 700 jugements rendus. Pour la première fois des photos diffusées et des “appels à témoin”Qui était derrière ces attentats, qui est derrière les barreaux et qui est toujours recherché? A ces questions, les hommes de la Sécurité et de la Justice peuvent répondre. Ils ont répondu… à leur manière et avec leurs priorités surtout: 17 condamnations à mort, 700 personne jugées, 1.200 présentées à la justice et 2.000 interpellées. Mais derrière ces chiffres beaucoup de questions: où en est chacune des procédures, première instance, appel, jugement définitif? Y a-t-il eu réellement 800 mis hors de cause avant même le jugement? Sur quelles bases avaient-ils alors été convoqués? … Beaucoup de question auxquelles personne, visiblement, ne veut donner de réponse. Une question de sécurité, peut-être? A moins que ce ne soit une négligence, ou une volonté de tenir l’opinion publique à l’écart? Qui peut savoir? Contrairement aux Etats-Unis, le chef de l’Etat marocain n’a pas déclaré “l’état de guerre”, mais l’opinion publique a ressenti les attentats comme une agression de l’intérieur, et a vite oublié ses appréhensions devant la loi sur le terrorisme. Depuis plusieurs mois, le gouvernement Jettou, comme son prédécesseur El Youssoufi, proposait un arsenal juridique pour faire face à la nouvelle donne: le risque terroriste se situe au-delà du risque de la criminalité et en deçà du risque de guerre. La nouvelle loi est entrée en vigueur le 5 juin 2003.La justice s’est abstenue de faire jouer la rétroactivité, ce qui est normal, mais une bonne partie de l’opinion publique n’y aurait vu aucun mal…Mais cela n’a pas empêché de remettre sur le tapis la question de la torture et le respect des droits des “accusés”. Certains observateurs jugent que la police judiciaire a “ratissé large”: 2.000 personnes interpellées. Ou bien, disent-il, que la situation de l’infiltration islamiste au Maroc est alarmante, ou bien nombre d’innocents ont été impliqués. Mais gare aux amalgames! Ceux dont parle le secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Mohamed El Gahs, “ banaliseraient le terrorisme”. Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, a également assuré qu’aujourd’hui 90% des personnes recherchées par la justice pour leur implication dans ces attentats ont été arrêtées et que des mandats d’arrêts internationaux sont lancés à l’encontre de 30 autres personnes. Ce qui veut dire que 10% des recherchés courent toujours.La série d’arrestations a été fortement suivie par la société civile, avec des “stars” et des procès phare comme ceux de l’idéologue Fizazi, membre de la salafia jihadia, ou encore du groupe Haj Pierre Antoine ou l’affaire de “Moul Sabbat”, mort après son arrestation. Cette dernière chronique avait suscité des remous. L’opinion publique soupçonnait qu’il soit mort suite à des tortures et par manque de soin. Paradoxalement, malgré des relances régulières et parfois prestigieuses comme celles d’Amnesty International, le débat ne parvient pas à prendre réellement. Il convient toutefois de noter que c’est la première fois que la Justice marocaine diffuse des photos de personnes recherchées et des appels à témoin. Le Souverain lors de son discours du 29 mai 2003 avait d’ailleurs explicitement exigé la transparence des enquêtes. Il est vrai que l’opinion publique a été régulièrement informée des différentes étapes de l’enquête et des procès en cours comme l’a précisé le ministre de la Justice. Une “première” au Maroc, dans la contrainte internationale peut-être, mais une première quand même. Elle aura permis à la société civile de s’initier au rôle qu’elle doit normalement jouer: celui de demander des comptes, savoir jusqu’à quel point elle était protégée ou pas, dans quelle mesure ses droits sont respectés…Question sécurité, le directeur général de la Sûreté nationale, Hamidou Laânigri, précise qu’aujourd’hui (et dans l’interview donnée au Figaro) que “seule une dizaine d’éléments dangereux courent toujours”. Les fomentateurs des attentats sont connus et le lien avec le réseau terroriste Al Qaeda a été établi dès le début des enquêtes. Ayman Zawahiri, Abou Moussaâb Al Zarkaoui sont les chefs de file marocains qui auraient rencontré Oussama Ben Laden, poursuit Hamidou Laânigri. Les enquêtes ont mené au Groupe islamique des combattants libyens, et au Groupe islamique des combattants marocain. L’après 16-mai laisse place à la découverte de nébuleuses islamistes impressionnantes au Maroc, dont Addawa wa tabligh, Assirat al mosstakim, la Salafiya jihaya. Et c’est l’adoption de la loi antiterroriste qui a permis de “ratisser large” et de lever bien des lièvres. La dimension internationale du terrorisme a placé le Maroc sous les projecteurs, surtout après les attentats de Madrid où les “filières marocaines” étaient au centre des investigations espagnoles…Alors que finalement, il n’y a eu aucun lien “organique” entre les deux désastres, si ce n’est Jamal Zougam, recruté par Abdelaziz Benaïch, aujourd’hui emprisonné en Espagne et pour lequel le Maroc avait demandé son extradition juste après les attentats du 16 mai. Les sécuritaires marocains ont également brillé par leur expertise et leur réactivité au niveau international. “Oui, le Maroc maîtrise la situation”. Et non, les groupuscules islamistes n’ont pas l’appui de la population comme cela a pu être écrit à l’étranger. Certains auteurs ont sûrement été piégés par la surmédiatisation des extrémistes. Mouna KADIRI

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