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Culture

12 siècles de Fès, quel anniversaire pour quel Maroc?
Par Abdou Jaouhari

Par L'Economiste | Edition N°:2704 Le 31/01/2008 | Partager

Abdou Jaouhari est président de la commission Fès-1200 de l’Association Fès Saiss, section de Fès (Ph. Privée)Nous voici donc en 2008, année particulière pour la ville de Fès et pour tout le Maroc. Voici douze siècles, un certain 4 janvier 808 selon les sources historiques, le jeune Moulay Driss II entame la fondation de sa future capitale Fès, jetant les bases de ce qui va devenir le Royaume du Maroc actuel. Ce prince, lui-même fruit d’un mariage arabo-amazigh, incarne une des constantes de la personnalité marocaine. Ce n’est pas pour rien qu’à ce jour chaque Roi du Maroc, une fois intronisé, va se recueillir sur sa tombe et chercher sa baraka. Douze siècles plus tard, le pays entier va, durant toute l’année 2008, vivre au rythme de son histoire complexe et riche, de son patrimoine, sa civilisation, tout en se projetant dans le présent et l’avenir.Combien de pays, en effet, et combien de monarchies peuvent se prévaloir d’une telle profondeur historique? Les moyens mis en œuvre sont également à la hauteur: une commission nationale (comprenant en particulier quatre ministres, quatre walis et maires des villes impériales, Fès, Meknès, Marrakech et Rabat et les seize présidents de régions), un budget conséquent, une association ad hoc sont mis en place. Le Roi a désigné l’homme d’affaires Saâd Kettani Haut commissaire pour la célébration et le centralien Ahmed Benseddik directeur exécutif de l’association. Ce dernier n’est autre que le promoteur de l’idée. Passionné d’histoire, il a réussi à faire éclore le concept (nouveau pour le Maroc) et faire adhérer de multiples institutions tant nationales qu’internationales avant de soumettre le projet au Souverain. Démarche audacieuse, mais combien porteuse d’espoir. . Projet d’avenir dans un monde globalisé et incertainUn pays ne vit pas que d’économie. Il a besoin d’avoir un projet, de rêver, d’être rassuré sur sa place dans le monde. L’identité nationale, si elle est sereine et équilibrée, devient un facteur de paix et de cohésion. Si une victoire d’un athlète national ou de l’équipe nationale de football est toujours la bienvenue, car elle fait plaisir, que dire de la célébration de tout un patrimoine et une civilisation. A travers Fès et les villes impériales, c’est la contribution du Maroc à la civilisation universelle qui sera à l’honneur. Cela signifie que, comme par le passé, nous avons la capacité de redevenir un contributeur actif à la mondialisation actuelle si nous savons faire confiance à nos compétences et notre intelligence. L’un des objectifs de la célébration: «réhabiliter la mémoire pour construire la modernité et s’inscrire dans l’universalité» devra être un travail de tous les jours. La modernité est d’abord celle des mentalités, et suppose la liberté de ton, le débat contradictoire responsable.La marche du Maroc vers la modernité et la démocratie est irréversible. Dans cette construction, le choix stratégique de SM le Roi d’associer le corps civil aux multiples actions nationales (ce qui est une tendance mondiale) est un signe majeur d’espoir et de maturité. Les observateurs internationaux relèvent que par rapport à la sphère arabo-islamique et méditerranéenne, la société civile marocaine est parmi les plus actives. Dans ce contexte, et à l’occasion de cet anniversaire historique, deux signes très positifs méritent d’être soulignés, en raison de leur originalité: la célébration a été voulue comme une opportunité de mobilisation des énergies des citoyens et non pas une fête de l’Etat imposée à la population.


Sens de l’histoire et arrêt sur le présent

L’histoire n’est pas le passé. L’histoire est vivante et contribue à ce qu’est la personnalité individuelle et collective. Se connaître soi-même, c’est connaître son histoire et comprendre les leçons de cette histoire. D’emblée, il est un fait avéré que le Marocain moyen connaît très peu l’histoire de son pays. Qu’elle soit ancienne ou contemporaine, elle reste mal comprise, mal enseignée et très peu mise en valeur par le monde des médias. La fierté nationale et le patriotisme, à ne pas confondre avec chauvinisme, commencent par une appropriation de sa propre histoire. Pour nos historiens, sociologues et pédagogues, il y a du travail. A ce propos, combien connaissent l’existence d’un Institut royal de recherche sur l’histoire du Maroc? Le présent marocain est celui des transformations, des mutations et des frustrations. Si sur le plan économique et celui des infrastructures, les efforts se poursuivent, les défis restent grands pour sauvegarder l’équilibre social et assurer un revenu de dignité à tous. Les réformes ne sont pas assez audacieuses, la corruption n’est pas affrontée, le champ politique est plutôt terne et reste dominé, évidence oblige, par un seul acteur, la monarchie. La volonté de modernité est freinée par les multiples archaïsmes. La culture de la méritocratie, de la responsabilité est un labeur.

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