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Tourisme: L’activité reprend à Fès, mais…

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:6119 Le 22/10/2021 | Partager
Les professionnels redoutent la suspension des vols avec les marchés émetteurs
Tournage d’Indiana Jones, festival Soufi, pèlerins tijanes…une lueur d’espoir
Tourisme israélien: la logistique des visas à réajuster

A peine le festival de Fès de la culture soufie a clôturé sa 14e édition que la capitale spirituelle a accueilli un autre événement grandiose. Il s’agit du tournage du 5e opus de la série «Indiana Jones». En effet, depuis le 17 octobre 2021, les équipes du tournage envahissent les quartiers Mellah, Bab Semmarine, Bab Ftouh et Sidi Boujida.

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La ville de Fès vit au rythme de la production du film Indiana Jones qui se poursuit jusqu’au mois de novembre. Sa médina accueille des pèlerins Tijanes et des touristes américains, anglais et juifs…mais la suspension brusque de certains vols inquiète les professionnels du tourisme (Ph. YSA)

Avant le Maroc, l’équipe du tournage a filmé en Jordanie et en Tunisie. «Cette production est synonyme d’activité touristique (hôtellerie, commerce, transport…). Il s’agit d’une tentative de positionnement de notre destination sur l’industrie cinématographique», souhaite Aziz Lebbar, président du Conseil régional du tourisme (CRT de Fès).

Selon lui, «ce tournage est l’occasion de promouvoir la capitale spirituelle à l’international… C’est une invitation pour les grands metteurs en scènes de venir découvrir les merveilleux sites de la médina et produire des films retraçant le voyage dans l’histoire».

En tout cas, depuis quelques jours, Fès est un grand plateau de tournage, où les caméras, véhicules anciens et chameaux...sont déployés sous haute sécurité. Les équipes de Steven Spielberg, producteur d’Indiana Jones, semblent émerveillées par l’accueil que leur ont réservé les autorités du Royaume.

Les premières scènes tournées ont balisé le terrain pour l’acteur vedette de la série, l’américain Harrison Ford, qui interprète Indiana Jones, dont l’arrivée est prévue le 24 octobre 2021. Notons que ce tournage emploie plusieurs centaines de personnes (figurants, techniciens, et autres) dans le respect total des mesures sanitaires en vigueur (port du masque et test anti-Covid-19).

Outre le cinéma, la ville de Fès reçoit les pèlerins Tijanes pour la fête du Mawlid. Au total, 200 mourides sont en visite dans les hôtels Zalagh et Fès Heritage Boutique Hotel. Ils sont venus effectuer la Ziyara de Mawlana Sidi Ahmed Tijani.

«Les hôtes de la ville de Fès se recueillent sur le tombeau du Cheikh de la Tariqua Tijania à l’occasion de la célébration de la naissance du prophète Sidna Mohammed», souligne l’organisateur du voyage. Pour rappel, il s’agit d’un marché de plus de 350 millions de touristes.

Leur confrérie a été fondée par Cheikh Sidi Ahmed Tijani, juriste malékite qui vécut entre le XVIIIe et le XIXe siècle. «Les Tijanes du Sénégal, Gabon, Mali et Nigeria sont très attachés au Maroc. Faciliter leur déplacement à Fès et concocter un riche programme de visite seraient d’un grand apport pour cette destination», estiment les professionnels du tourisme. Ces derniers veulent par ailleurs tirer leur épingle du jeu du marché Israélien.

A ce titre, Yehiel Hemo qui est l’un des grands tours opérateurs d’Israël encourage la création de restaurations cacher, au niveau des circuits des villes impériales. Ce qui favoriserait, selon lui, la promotion du tourisme marocain en Israël. L’autre mesure, vivement recommandée par ce juif d’origine marocaine, en visite de prospection à Fès, est l’assouplissement des procédures d’octroi du visa marocain aux touristes juifs.

Hemo confie à L’Economiste que «contrairement à ce qui a été annoncé lors de la signature des accords de normalisation des relations entre le Maroc et Israël, le visa est de rigueur». Notons que le bureau de liaison du Maroc à Tel-Aviv est submergé par les demandes de visas.

«Pourtant, Abderrahim Beyoud, le responsable de ce bureau, manque de ressources humaines. Seules trois personnes (venant de l’ambassade du Maroc en France) ont été déployées sur Israël pour activer le service des visas», déplore Hemo. Encore faut-il souligner, ajoute-t-il, que «le visa n’est délivré qu’après trois semaines d’attente et l’élaboration de plusieurs documents justifiant le déplacement au Maroc».

Ce qui décourage les touristes Israéliens surtout sachant qu’ils peuvent voyager ailleurs, notamment en Europe, sans aucune formalité. Pour remédier à cette situation et séduire un potentiel de 500.000 touristes israéliens/an, les voyagistes réclament l’assouplissement des procédures, et pourquoi pas l’annulation des visas.

«Dans le cas contraire, il faudra opter pour des visas à entrées multiples et les délivrer en un temps record. Autrement, les touristes israéliens choisiraient une autre destination», conclut le responsable de l’agence Morocco Tour.

«Les espoirs d’une relance longtemps espérée se dissipent»

Alors que le marché anglo-saxon venait tout juste de reprendre, la compagnie aérienne Air Arabia a annoncé le 20 octobre 2021, à la demande de l’Etat, la suspension des vols avec l’Angleterre, les Pays-Bas, et l’Allemagne. Contacté par L’Economiste, Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, affirme que «la suspension de ces liaisons aériennes se justifie par la flambée des cas enregistrés au quotidien dans ces pays». Mais, qu’en est-il de l’économie d’un secteur (touristique) au bord de la faillite ?, s’interrogent les professionnels. Ces derniers affirment que «les espoirs d’une relance longtemps espérée se dissipent avec des décisions qui parfois n’ont aucun sens surtout que le Royaume a atteint un niveau de vaccination élevé et il s’agit d’une pandémie qui risque de perdurer…».

Youness SAAD ALAMI

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