×
+ L'ÉDITO
Par Khalid BELYAZID
Le 29/11/2021
Explications

A la moindre blessure, on coupe tout le membre pour éviter la gangrène; c’est la médecine du Moyen...

+ Lire la suite...
Recevoir notre newsletter

Maroc-Suisse - Ces Suisses qui ont marqué l’Histoire

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:6119 Le 22/10/2021 | Partager
Artistes, scientifiques, hommes et femmes de lettres, personnages d’influence…
Portraits choisis

Du héros médiéval Guillaume Tell au philosophe Jean-Jacques Rousseau en passant par la ro­mancière et épistolière du XVIIIe, Madame de Staël, ou Henri Du­nant, fondateur de la Croix rouge, les personnages Suisses qui ont marqué l’histoire sont légion. Hommes et femmes de lettres, de science, personnages d’influence, cinéastes, metteurs en scène, plasticiens, chanteurs, sportifs… beaucoup ont porté les couleurs helvétiques à travers le monde. Voici quelques portraits choisis de celles et ceux qui ont laissé une trace dans notre époque contem­poraine.

Blaise Cendrars, l’écrivain bourlingueur

blaise-cendrars-019.jpg

«Mon père m’avait puni. La punition consis­tait à m’enfermer dans ma chambre, de laquelle je me suis échappé en sautant cinq étages de balcons à balcons, pour courir à la gare et sauter dans le premier train qui passait. Le train partait pour Bâle. De Bâle en Allemagne, de l’Allemagne à Moscou et de Moscou à Pékin. J’avais seize ans…» dans une interview ac­cordée au journaliste François-Achille Roch, en 1955, l’auteur de «Emmène-moi au bout du monde» évoque sa vie aventureuse guidée par le hasard qui l’a mené à travers le monde. S’ensuit une longue série de voyages de Saint Pétersbourg, à Sao Paolo en passant par New York, qu’il racontera dans une autobiographie très libre en quatre volumes. «L’homme foudroyé» (1945), «La main coupée» (1946), «Bourlinguer» (1948) et «Lotis­sement du ciel» (1949), un chef-d’oeuvre condensant les expériences d’une vie aventureuse hors du commun. Entre temps, l’homme qui a fait l’éloge de la paresse, notamment dans ses fameuses correspondances avec Henry Miller, aura une vie bien remplie. Poète, écri­vain révolutionnaire et aventurier, il s’engagera dans la Légion étrangère, lors de la première guerre mondiale. Il s’en sortira avec un bras amputé. Naturalisé français en 1916, il fera un long séjour au Brésil qui lui inspirera son best-seller «L’Or», qui rencontre un succès mon­dial, ses talents se confirment à travers ses romans sui­vants, «Moravagine» (1926) et «Les confessions de Dan Yack» (1929). Entre romans, écrits autobiographiques, poèmes et reportage, l’homme décédé en 1961 laissera plus d’une cinquantaine d’ouvrages marquants.

                                                              

Alberto Giacometti, l’homme qui marchait

alberto-giacometti-019.jpg

Ses silhouettes longilignes attirent les foules du monde entier du musée du Guggenheim à Bilbao en passant par le MET à New York, Beaubourg à Paris ou le MMVI à Rabat. Alberto Giacometti, aura été, au même titre que Picasso, l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Comptant parmi les principaux sculpteurs de l’après-guerre, il fut aussi peintre et dessinateur. Né en Suisse au sein d’une famille d’artistes, son père, le célèbre peintre néo-impressionniste Giovanni Giacometti, l’initiera à la peinture et la sculp­ture. Il s’installe à Paris et occupe un petit atelier de 23 mètres carrés prés de Montparnasse, qu’il gardera jusqu’à la fin de ses jours. De cette pièce étriquée, Giacometti élaborera une vision très personnelle du monde qui l’entoure. L’artiste traversera la vague surréaliste, aux coté d’André Breton, Max Ernst et Juan Miro, dont il gardera la vision onirique. Il trouvera sa voie personnelle avec ses silhouettes désormais inscrites dans l’imaginaire collectif. Longilignes et fragiles silhouettes d’hommes et de femmes immo­biles ou saisis en mouvement. Ces oeuvres aux contours flous, comme rongées par le temps, rappelle ce que notre mémoire permet de conserver des formes et interpelle ce qu’il y a en nous d’existentiel et de spirituel.

                                                              

Jean-Luc Godard, le cinéma qui fait des vagues

jean-luc-godard-019.jpg

S’il est né à Paris, Jean-Luc Godard est bel et bien Suisse. Monument du cinéma mondial, le réalisateur a profondément bouleversé le septième art avec son style inclassable. C’est sur les bancs de la Sorbonne qu’il rencontrera au détour des ciné-clubs qu’il fréquente assidûment François Truffaut, Jacques Rivette ou encore Eric Rohmer. La bande va s’exercer d’abord à la critique cinématographique dans Les Cahiers du cinéma, magazine qui va changer la manière de considérer le 7ème Art et poser les premières  pierres de ce que sera la Nouvelle Vague. En 1960 il réalise son premier long métrage, «A bout de souffle», avec Jean-Paul Belmondo et Jean Se­berg, pour lequel il décrochera un Ours d’argent au Festival de Berlin. Avec Mai 1968, le réalisateur s’engage résolument du côté d’un cinéma politique. Il participe vivement aux contestations qui feront annuler le Festi­val de Cannes de cette année. Il ne se réconciliera avec le festival qu’à partir de 1980 avec trois films sélectionnés: «Sauve qui peut la vie» avec Isabelle Huppert et Jacques Dutronc, «Passion» en 1982 et «Détective», en 1985 avec Johnny Hallyday. Il recevra finalement le Prix du Jury pour «Adieu au langage» en 2014 et un Oscar d’honneur en 2010 pour l’ensemble de sa carrière. Il obtient également le Lion d’or au Festival de Venise pour «Prénom Carmen».

                                                              

Ursula Andress, l’iconique James Bond girl

ursula-andress-019.jpg

Sa sortie de l’eau en bikini blanc, dans «James Bond 007 contre Dr No», en 1962, électrise le public du monde entier. Son rôle dans le premier James Bond lui vaut d’ailleurs un Golden Globe et une notoriété universelle. Celle qui fut considérée comme l’une des plus belles femmes du monde, ne se contentera pas d’un rôle de sexe symbole planétaire, mais réussira à s’imposer à l’écran de Cincinnati à Hollywood, grâce à son jeu d’actrice et son charisme exceptionnel. La Bernoise épouse l’acteur et réalisa­teur américain John Derek. Elle don­nera ensuite la réplique à Elvis Presley, Franck Sinatra, Dean Martin, Orson Wells. L’actrice s’illustrera également dans «Les tribulations d’un Chinois en Chine», avec Jean Paul Belmondo (dont elle sera la compagne, après sa séparation avec Derek), dans «La Dixième victime» avec Marcello Mastroianni. Elle fera face à Charles Bronson et Alain Delon dans «Soleil Rouge».

                                                              

Annemarie Schwarzenbach, la rebelle

annemarie-schwarzenbach-019.jpg

Ecrivaine, journaliste, archéologue, poétesse et exploratrice, la Zurichoise Annemarie Schwarzenbach aura passé sa courte (1908/1942) mais intense vie à par­courir le monde. De ces pérégrinations, nous parviendront une série de reportages, publiés dans différents journaux alémaniques dans les années 1930-1940 comme la «Neue Zürcher Zeitung» et le «National-Zeitung», entre autres, où elle rend compte des événements qui se déroulent dans le monde. A cela s’ajoutent des recueils de poésie «Kon­go-Ufer Aus Tétouan», traduit de l’allemand en «Rives du Congo/Tétouan», des textes où se mêlent récits de voyage et poésie comme «Où est la terre des promesses?» (Alle Wege sind offen), écrit depuis l’Afghanistan (qu’elle atteindra en voiture depuis la Suisse) et où elle s’inter­roge sur la place des femmes en terre d’Islam. Annema­rie laissera également des récits biographiques comme «La mort en Perse» ou encore des séries photographiques. Du Proche-Orient au Maroc, en passant par les Etats-Unis, l’Europe de l’Est, l’Iran, l’Afghanistan ou encore le Congo, ce sont des horizons infinis qui s’ouvrent à la globe-trotteuse, âgée de 30 ans à peine. Née dans une fa­mille d’industriels suisses issue de la haute bourgeoisie et proche de l’extrême droite, ouvertement homosexuelle, Annemarie Scwa­renbach trouvera dans l’écriture une façon de se rebeller face à l’ordre éta­bli. Elle publie son premier roman «Les Amis de Bernhard» en 1931. Elle a alors 23 ans et s’engage activement dans la lutte contre le nazisme.

A.BO

La suite est réservée à nos abonnés.

Dèjà abonné ? S'abonner pour lire la suite