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Un nouvel organigramme en quatre pôles

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:6057 Le 20/07/2021 | Partager

La loi du 5 février 2021 réorganise l’Académie du Royaume. Son organigramme est régi par l’article 17 et compte quatre structures: les organes de supervision générale, les organes scientifiques, l’Institut royal pour la recherche sur l’histoire du Maroc et les organes administratifs.   

1/ Supervision générale 

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Secrétaire perpétuel, Abdeljalil Lahjomri (Ph. Bziouat)

Secrétaire perpétuel    
Le secrétaire perpétuel est nommé par dahir. Il ne commence à exercer ses fonctions qu’après son investiture par le Souverain. Représentant légal de l’Académie, il agit en son nom. 

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Le chancelier, Mohammed Kettani (Ph. Académie du Royaume)

Chancelier
Le chancelier est également nommé par dahir sur proposition du secrétaire perpétuel. Il est nommé parmi les membres de l’Académie pour une durée de 4 ans renouvelable. Le chancelier assiste le secrétaire perpétuel dans ses missions. 

Conseil de coordination des travaux 
Cet organe est composé du secrétaire perpétuel comme président, du chancelier, des coordonnateurs des commissions scientifiques spécialisées et de deux membres de l’assemblée académique. Le conseil a pour mission d’arrêter les comptes annuels de l’Académie et d’examiner le projet de budget avant sa soumission à l’approbation du ministère des Finances. Le budget est inscrit au budget général de l’Etat en tant que «subventions à l’Académie» dans le chapitre relatif au chef du gouvernement.   

2/ Organes scientifiques

Assemblée académique 
L’Assemblée académique fait parties des organes scientifiques : 60 académiciens résidents (Marocains) et associés (étrangers) en plus des membres d’honneur, du secrétaire perpétuel et du chancelier. L’assemblée officie comme un Parlement. Elle est «l’organe principal de l’Académie et fixe sa stratégie d’action, examine et approuve les programmes, les projets et les activités scientifiques…», selon l’article 27 de la loi la réorganisant. 

Commissions scientifiques spécialisées
Elles sont au nombre de trois: patrimoine et civilisation marocaine, sciences humaines, sciences sociales 

L’Instance académique supérieure de traduction (direction vacante) 
Cette instance a été introduite par la loi de 2021. Son directeur est nommé par décision du secrétaire perpétuel pour une durée de 4 ans renouvelable. Mohammed Noureddine Affaya est pressenti pour sa direction, selon nos informations. Né à Salé en 1956, il est professeur de philosophie moderne, d’esthétique et de communication. Le Pr Affaya a été membre du régulateur audiovisuel (Haca) durant le mandat d’Ahmed Ghazali.     

 L’Institut académique des arts (direction vacante)  
Cette institution est également nouvelle. Son top management est nommé par le secrétaire perpétuel pour 4 ans renouvelables. L’une de ses missions est de «développer la création artistique» et «contribuer à la préservation et la valorisation du patrimoine artistique marocain authentique». 

3/ Institut royal pour la recherche sur l’histoire du Maroc 

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Directeur, Mohammed Kenbib (Ph. Bziouat)

L’historien Mohammed Kenbib a été désigné directeur de cet institut par dahir royal le 28 juin 2021. C’était lors du Conseil des ministres présidé par le Souverain à Fès. Le Pr Kenbib succède à son confrère Mohamed Kably, un spécialiste de l’histoire médiévale du Maghreb. 
L’Institut compte un conseil scientifique de 8 membres dont deux académiciens. Le nouveau directeur va devoir d’abord élaborer le règlement intérieur de l’Institut d’histoire, selon l’article 59 de la loi réorganisant l’Académie du Royaume    

4/ Organes administratifs 

Directeur exécutif  
Le directeur exécutif est nommé par décision du secrétaire perpétuel en dehors des membres de l’Académie. Même s’il n’y a pas encore de nomination officielle, Tamer El Bachir assure cette fonction dans les faits. Le directeur exécutif élabore le budget selon les orientations du secrétaire perpétuel et les propositions du directeur de l’Institut de l’histoire 

Services administratifs, financiers et techniques


 «Sous la protection tutélaire de Sa Majesté…»

A l’instar de la loi de 1977 instituant l’Académie du Royaume, celle de 2021 la «place sous la protection tutélaire» du Souverain. Son nouveau régime consacre toutefois l’amazighe comme l’une des langues de travail à côté de l’arabe, du français, de l’anglais et de l’espagnol. 
Autre nouveauté, la création de deux instances dédiées à l’art et à la traduction. L’Institut royal pour la recherche sur l’histoire du Maroc rejoint l’Académie et consolide ainsi son nouvel organigramme (voir pages 4 et 5). Cet institut était placé jadis «sous l’autorité du ministre des Habous et des Affaires islamiques», précise le dahir du 22 novembre 2006. «Il y a une demande sociale pour l’histoire», nous déclare son nouveau directeur, Mohammed Kenbib.  Par ailleurs, la refonte du statut de l’Académie du Royaume implique l’adoption d’un nouveau règlement intérieur et d’un statut particulier du personnel. «Une dizaine de textes d’application seront élaborés. C’est une belle loi inspirée du préambule de la Constitution. Elle est passée à l’unanimité au Parlement. C’est assez rare», commente son secrétaire perpétuel, Abdejlil Lahjomri. Le ministre de la Culture, Othman Ferdaous, «a porté et défendu» le projet de loi n°74-19 devant le Parlement. «Je ne pouvais pas le faire puisque je ne suis pas un homme politique», ajoute notre hôte. La Chambre des représentants a voté le texte dès la première lecture et à l’unanimité avant de l’envoyer à la Chambre des conseillers. Le tout en un mois et quatre jours, du 5 octobre au 9 novembre 2020. 
«Le ministre était accompagné par le représentant du secrétaire perpétuel, Tamer Bachir. Ils ont assisté à la présentation, à la discussion et au vote de la commission éducation, culture et communication», note le rapporteur du projet de loi, Abderrahmane El Omari.
L’un des parlementaires a proposé «de consacrer encore plus la composante islamique dans le projet de loi et de s’y baser dessus comme référence (…) de l’identité de l’Académie du Royaume…». Le compte-rendu parlementaire ne cite pas le nom de l’intervenant. Mais l’on devine sa couleur politique. «Ce texte législatif est le fruit de 2,5 ans de travail. Il se base sur trois références cohérentes en termes de fondation, de textes et du dahir ayant régi l’Académie pendant plus de 40 ans», déclare le représentant du secrétaire perpétuel aux parlementaires. La commission avait fixé «le 28 octobre 2020 à16h comme dernier délai» pour présenter des amendements. Aucun ne sera formulé au final. 

 F.F. 

 

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