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Textile, aéronautique: Difficile reprise à l’export

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5982 Le 05/04/2021 | Partager
Les chiffres d’affaires en baisse respective de 22,4% et 17,5% à fin février
Trend haussier pour l’automobile et les phosphates
L’allégement du déficit commercial de 15,9% cache un recul des échanges

Les échanges extérieurs n’arrivent pas à décoller. L’année démarre même en baisse. Le repli des importations de biens est plus prononcé que celui des exportations. Les importations ont atteint 74,5 milliards de DH en recul de 7,4% alors que les exportations n’ont cédé que 2,5% s’établissant ainsi à 49,6 milliards de DH à fin février.

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Dans le secteur du textile et cuir, les ventes des vêtements confectionnés ont reculé de 18% et celles des chaussures de 29,6%. La part de ce secteur dans le total des exportations perd 1,8 point: 10,3% à fin février 2021 contre 12,1% une année auparavant

La petite bonne nouvelle, dans un contexte marqué par beaucoup d’incertitudes sur l’évolution de la crise sanitaire, vient de l’export où tous les indicateurs ne sont pas au rouge. L’automobile, les phosphates et dérivés, l’électronique et l’électricité ainsi que la branche «Autres extractions minières» sont en hausse.

Les exportations de l’automobile progressent de 4,1% à fin février 2021. Elle provient en particulier de l’accroissement des ventes du segment «construction» de 8,6% alors que le «câblage» et «intérieur véhicules et sièges» ont ralenti à 3,7% et 2,2% respectivement. Ce secteur gagne 2 points dans le total des exportations: 31,7% à fin février 2021 contre 29,7% une année plus tôt. Les exportations des phosphates et dérivés ont augmenté de 7,9%. Si ces secteurs arrivent à reprendre, d’autres sont dans une situation critique. Le textile et cuir est sur une baisse du chiffre d’affaires de 17,5%, l’aéronautique de 22,4% et l’agriculture et l’agroalimentaire de 2,2%.

«Nous sommes face à une rupture entre l’ancien et le nouveau monde post-Covid. Nous sommes dans l’ère d’un concept appelé le speed digital. Le Maroc a des atouts pour s’y intégrer», avait déclaré à L’Economiste, Karim Tazi, opérateur textile.

Tazi a également expliqué que «nous avons l’émergence de certains acteurs qui sont nés directement dans le digital et qui sont extrêmement agiles. Ils n’ont pas de magasins et s’adaptent en fonction de la conjoncture: ils mettent les modèles qu’ils produisent sur leur site internet. Tous ces changements obligent les distributeurs à revoir leur stratégie dans une logique de speed digital, c’est-à-dire une logique de supply chain raccourcie et plus rapide». 

Du côté des importations, la baisse touche tous les segments à l’exception des produits finis de consommation et des produits bruts. Même la facture énergétique s’est allégée de 28,8% en raison du recul des quantités importées et des prix du gas-oils et fuel-oil de 23,1%: 4.045 DH/t à fin février 2021 contre 5.259DH/t un an auparavant et 913 mT à fin février 2021 contre 1.136 mT une année auparavant, soit quelques semaines avant le confinement.

Thermomètre de l’investissement, les achats de biens d’équipement et de demi-produits enregistrent des baisses respectives de 6,9% et de 8,1%. La part de ces deux groupes de produits dans le total des importations se stabilise à 47,4%. Ceci étant, à fin février le taux de couverture s’est amélioré de 3,3 points à 66,5% et le déficit de la balance commerciale des biens s’est allégé de 4,7 milliards de DH, soit 15,9%.

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Le flux net des IDE atteint 1,6 milliard de DH contre 2,7 milliards un an auparavant. Les deux premiers mois de l’année ont été marqués par une baisse des recettes des IDE de 8,1% et une hausse des dépenses de 62,7%

                                                                    

Les transferts des MRE se renforcent

L’excédent de la balance des services a baissé de 6,3 milliards de DH, soit 42,2%. Ce recul est en lien avec la chute de 65% des recettes de voyage à 4,2 milliards de DH, alors que les transferts des MRE restent résilients avec un accroissement de 22,5% à 12,3 milliards de DH. Selon les prévisions de la banque centrale, les recettes de voyage connaîtraient, sous l’hypothèse d’une hausse graduelle des arrivées de touristes étrangers à partir du second semestre de cette année, une progression modérée tout en restant bien en deçà des niveaux d’avant crise. Elles devraient s’établir  à 38,1 milliards de DH cette année et à 68,2 milliards en 2022. Quant aux transferts des MRE, ils atteindraient respectivement 71,9 milliards de DH puis 73,4 milliards. Ceci étant, à fin février, le flux net des investissements directs étrangers a chuté de 42,2%. Il  atteint 1,6 milliard de DH et l’encours des avoirs officiels de réserve est à 308,5 milliards de DH en hausse de 24,5%.

Khadija MASMOUDI

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