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Investissements: Un nouveau corridor Agadir-Dakhla

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5977 Le 29/03/2021 | Partager
Les CRI des 2 régions partenaires pour une plus grande complémentarité
Pêche, industries de transformation, export, tourisme… des projets futurs en co-branding
Accompagnement des investisseurs grâce à des outils transversaux
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«Les atouts du Souss Massa sont nombreux, ne serait-ce qu'en matière de RH. L’employé «soussi» est un employé modèle, ce n’est pas nous qui l’affirmons mais les industriels de notre région», indique Marouane Abdelati Directeur Général du CRI Agadir Souss Massa (Ph. GB)

- L'Economiste: Vous avez conclu un partenariat avec le CRI de Dakhla. Quels en sont les contours?

- Marouane Abdelati: L’idée est partie d’un premier constat, celui de dire qu’aujourd’hui toutes les régions travaillent pour promouvoir leur territoire, mais nous avons aussi réalisé à travers notre travail d'audit, que des effets de cannibalisation peuvent avoir lieu, par des régions qui ont les mêmes cibles, les mêmes facteurs et les mêmes attraits. Cette réflexion avec le DG du CRI de Dakhla Oued Eddahab nous a fait comprendre que nous avions des écosystèmes en agriculture et en pêche, qui nous permettent de concevoir des offres territoriales intégrées, qui nous permettent d'être tous les deux gagnants. En matière de ressources halieutiques, il y a une forte migration du poisson vers les provinces du sud. Si la source d’approvisionnement part par le «bas», il peut y avoir une hémorragie par rapport aux industries de transformation qui risquent d'être impactées, par conséquent, nous avons imaginé une première transformation à Dakhla et une seconde transformation qui peut s’opérer à Agadir car nous avons un port opérationnel et une offre foncière industrielle abondante. Et dans le sens contraire, nous avons la base «arrière» qui peut être établie ici pour des entreprises qui ont l’ambition d'exporter leurs produits à partir du corridor Agadir-Dakhla en direction de l’Afrique par exemple. Nous avons la possibilité de co-construire des offres intégrées avec un positionnement industriel. Idem au niveau du tourisme où nous pouvons fournir un produit conjoint avec des thématiques, comme pour le surf et le kite surf. Nous pouvons comme en France pour le vin (la route des vins), imaginer un circuit avec la promotion de plusieurs régions.

- Au niveau des plateformes logistiques, comment imaginez-vous la mise en pratique de ce co-développement?
- A Birguendouz et Guerguerate, nous pourrions avoir des plateformes de massification de flux, car c’est des poumons respiratoires au niveau logistique et des endroits qui se trouvent soit à proximité des ports, ou des postes frontières. Dans la région du Souss Massa, des industries sont déjà installées dans la future zone logistique qui se trouve en préparation à Ait Melloul portée par l’AMDL. Nous pouvons également imaginer de faire le chemin inverse, des industriels pourraient être installés à Dakhla pour de l’entreposage et exporter à partir du Port d'Agadir. Nous avons développé une bourse d’affaires, qui est une plateforme entre donneurs d’ordre et acheteurs pour faciliter les échanges entre industriels.

- Quels sont les objectifs du CRI Agadir Souss Massa?
- Nous souhaitons donner de la crédibilité et de la célérité à l’acte d’investir. Les investisseurs recherchent des partenaires crédibles, de la facilitation et de l’écoute. Nous avons des chargés d’affaires qui prennent les choses en main et les commissions régionales d’investissements se réunissent régulièrement, une fois par semaine. Tous les actes qui transitaient par des commissions éparpillées sont consolidées dans une seule et unique structure. Aussi, promouvoir le territoire, c’est aussi connaître les facteurs d’attraits et les insuffisances que nous avons décelé. Notre objectif est de consolider l’existant et continuer à travailler activement sur l'avenir. Plusieurs projets existent dont la station de désalinisation de l’eau potable ou encore des entreprises agricoles innovantes que nous identifions sur le territoire national.

- Au sujet de ces entreprises innovantes, quel est le soutien offert par le CRI?
- Nous avons un programme pour les start-up, qu'elles soient dans l’IT, le big data ou la transformation industrielle. Nous devons aussi faire un effort au niveau de l’ensemble du système coopératif pour qu’il puisse s’épanouir se transformer pour devenir un acteur crédible à l’international. Par exemple, les coopératives doivent absolument être labellisées par Morocco Foodex, afin qu'elle puisse franchir les barrières à l'export. Elles doivent également disposer d'un agrément de l’Onssa et former leurs membres aux méthodes de gestion pour être compétitives. Nous avons poussé les coopératives à être présentes à un salon international digital. Par ailleurs, il s’agit aussi de trouver de nouvelles niches, et nous souhaitons travailler sur le capital humain qualifié qui reste essentiel à tout développement.

- Le Souss Massa a de nombreux atouts, mais aussi des faiblesses?
- Je ne vois pas d’entrave par rapport aux ambitions et plans de développement établis. Les atouts sont nombreux, nous avons un vivier humain «tenace»: l’employé «soussi» est un employé modèle, ce n’est pas nous qui l’affirmons mais les industriels de notre région.
Par ailleurs, l’offre de formation à l’université Ibn Zohr est diverse, le lieu offre des formations diplômantes et certifiantes de qualité. Le foncier industriel est mis à disposition avec son guide pour Agadir, Tiznit en passant par Taroudant. Le plan de développement urbain qui a été inauguré par le Souverain en février 2020 va métamorphoser la ville d’Agadir pour la rendre plus attrayante.

Propos recueillis par Ghizlaine BADRI

Sus aux spéculateurs

Pour attirer un maximum d'investisseurs nationaux et internationaux, véritable challenge pour la région, le Directeur du CRI d'Agadir annonce avoir procédé à beaucoup d’annulations et d’affectations pour combattre les spéculateurs et encourager ceux qui ont la capacité de valoriser. Des efforts ont été déployés également au niveau du parc industriel intégré, qui est limitrophe à l’Agropole. Celui ci a bénéficié d'un travail transversal de la région avec les partenaires, le wali, le CCI pour que les personnes qui ont déposé des autorisations de construire puissent les obtenir rapidement. Marouane Abdelati déclare que la première tranche de Tagadirt a été finalisée, la deuxième tranche d’Al Omrane étant pour sa part à 60% de taux d'avancement. Le CRI collabore aussi à d'autres projets comme ceux de Ouled Teima et Tiznit, avec les partenaires régionaux afin d'en optimiser les résultats.

 

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