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Plasturgie: Le plan de sauvetage de Maroc PME

Par Amin RBOUB | Edition N°:5961 Le 05/03/2021 | Partager
27 projets financés: Un budget débloqué de 147 millions de DH
Casa-Settat rafle la part du lion avec le financement de 15 unités
Comment l'informel a asphyxié les TPE dans la légalité

L'interdiction des sacs plastiques s'est traduite par un vent d'assainissement dans les unités de production. Les petites unités (TPE et PME) se sont généralement conformées à la nouvelle donne. Ce qui s'est traduit par des situations d'arrêt de travail, des mises en veilleuse, de pertes d'emplois, des fermetures d'ateliers dans les grandes villes comme Casablanca, Fès, Kénitra, Tanger, Marrakech... Face à cette situation, et faute d'octroi de crédits par les banques qui réclament des garanties, de nombreuses petites entreprises ont mis la clé sous le paillasson.

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Pour éviter la fraude, les sacs de matières premières autorisées sont tous munis de code barre et de références chiffrées qui renvoient directement à l'entreprise ayant importé le produit. Sauf que certains fraudeurs effacent toute indication et code barre. Ce qui relève d'un délit réprimé par la loi relative à la répression des fraudes sur les marchandises  (Ph. DR)

En revanche, d'autres, très peu nombreuses, ont opté pour la survie en injectant des fonds propres pour une reconversion dans le sac non tissé ou encore les petits emballages en papier Kraft (pour pharmacies, boulangeries-pâtisseries, condiments, épices...). Mais les  plus structurées de ces entreprises ont pour la plupart opté pour un programme de reconversion initié par le ministère de l'Industrie, sous la houlette de l'agence Maroc PME (anciennement appelée l'ANPME). Et c'est à cette structure que revient le suivi et l'accompagnement technique (depuis 2016) des entreprises concernées à travers un programme de soutien en faveur de la reconversion afin de développer des activités solvables et explorer de nouveaux marchés.

Contacté par L'Economiste, le management de Maroc PME assure que l'opération d'accompagnement des entreprises impactées par la loi 77-15 (portant sur l'interdiction des sacs en matières plastiques) aura permis le déploiement de tout un programme à multiples enjeux (préservation de l'emploi, maintien en activité, montée en compétences, extension et développement de capacités...).

Au total, 27 projets ont été accompagnés par l'agence Maroc PME de 2016 à 2018. «Le déploiement de ce programme au profit des entreprises bénéficiaires porte sur un montant global de l'ordre de 147,1 millions de DH. Ce qui a permis la création de 1.277 postes d'emplois dans les différentes régions du territoire national».

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La matière première du sac plastique est essentiellement importée de Chine, d'Arabie Saoudite, du Qatar, Turquie ou encore les Etats Unis... Les prix ont considérablement augmenté ces derniers mois. Ce qui a favorisé le recours aux déchets plastiques auprès de l'informel (Ph. DR)

Par répartition géographique, la part du lion des sociétés bénéficiaires revient à la région Casa-Settat (15 projets), suivie de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (4 unités), ou encore Fès-Meknès (2), Tafilalet (1), Laâyoune-Sakia Al Hamra (1), l'Oriental (1)... Soit un total de 27 entreprises qui ont été accompagnées à travers des programmes d'investissement et de reconversion. Les projets ont été validés suite à des rapports d'audit, menés par des experts indépendants et ce, selon un cahier des charges précis sur les différentes étapes d'avancement et de réalisation des projets de reconversion soumis.

Parmi les modalités d'accompagnement, le programme porte notamment sur les équipements (machines, installations techniques, agencement, aménagement, transport, logistique ...). Côté machines,  ce sont généralement des extrudeuses, des soudeuses, des postes d'électricité, des groupes électrogènes de 380 volts... En moyenne, un investissement dans le circuit formel du process de plasturgie nécessite au moins trois machines extrudeuses (à raison de 4 millions de DH). S'y ajoute une soudeuse dont le prix varie entre 300.000 et 1 million de DH.

                                                                          

Le poids de la filière

LE secteur de la plasturgie recèle des gisements d'opportunités avec des reconversions dans l'emballage des pièces de rechange et composants automobiles ou encore dans l'aéronautique. Pour y arriver, les opérateurs devront monter en compétences et en qualifications afin de se positionner sur la transformation des plastiques, du caoutchouc, de matériaux composites ou encore le recyclage et la maintenance de moules... L'essor de l'industrie automobile au Maroc et la dynamique du Plan d'accélération industrielle devront logiquement hisser les standards de cette activité. La filière reste relativement concentrée mais fortement concurrentielle. Elle tourne autour de quelque 650 entreprises avec près de 72.000 employés directs et quelque 350.000 indirects. L’activité est évaluée à 28 milliards de DH. L'informel occupe une place importante (20 à 30% du chiffre d'affaires) évaluée à plus de 2 milliards de DH.

                                                                          

Verrous et modalités d'accompagnement

Pour verrouiller les modalités d'accompagnement des entreprises éligibles, le ministère de l'industrie, à travers Maroc PME, a mis en place une série de freins à travers un protocole étayé par des pièces justificatives. Parmi les documents que Maroc PME exige des entreprises, impactées par la loi 77-15, ayant souhaité bénéficier d'un fonds de soutien pour leur plan de reconversion, figurent:
- Une attestation délivrée par un expert-comptable, justifiant que le chiffre d'affaires relatif à la fabrication de sacs en matières plastiques concernés par l'interdiction (loi 77-15)
- Un engagement de l'entreprise relatif à la destruction et/ou la revente à l'étranger des anciens équipements et machines de fabrication de l'entreprise
- Bilans certifiés par la DGI pour les exercices antérieurs (2013, 2014 et 2015) et idéalement depuis la création de l'entreprise, pour justifier l'antériorité de l'activité et éviter que de nouveaux entrants en bénéficient
- Copies certifiées conformes des attestations de régularité des déclarations vis-à-vis de la CNSS et de la DGI...

Amin RBOUB

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