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Entreprises

Le «Mayday» des restaurateurs

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5924 Le 13/01/2021 | Partager
Les opérateurs malmenés par la crise sanitaire
80% d’entre eux seraient au bord de la faillite
La Fédération marocaine s’en remet au Comité de veille économique

Les franchisés se rappellent au bon souvenir du gouvernement. La Fédération marocaine vient de tirer la sonnette d’alarme sur la situation de ses membres, dont «80% seraient au bord de la faillite».

En cause, évidemment la crise sanitaire et les consignes de fermeture récurrentes depuis début mars. La Fédération affirme que 40% des restaurants ont été contraints de fermer ou de cesser leur activité. Le constat est facile à établir puisque certains établissements n’ont toujours pas rouvert depuis mars dernier.

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Le secteur de la restauration est représenté par 100.000 unités, employant environ 1,2 million de salariés. La quasi-totalité enregistre une baisse de chiffre d’affaires d’au moins 50% par rapport à l’année 2019 (Ph. Jarfi)

«Le reste prendra certainement la même décision si la fermeture est prorogée», affirme la Fédération qui signale que cette situation a impacté tout l’écosystème des restaurateurs, composé des industriels, des distributeurs, des imprimeurs, des opérateurs en logistique…

Le Comité de veille économique a bien évidemment pris des mesures notamment pour soutenir les salariés du secteur, principalement les restaurants. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les professionnels. Dans un courrier adressé au ministre de l’Industrie et du Commerce, la Fédération marocaine de la franchise dresse la situation des chefs d’entreprise dans le secteur de la restauration, frappés de plein fouet par les effets économiques de la pandémie.

Bien que leurs structures soient fermées, ils doivent s’acquitter d’un certain nombre de charges incompressibles: loyers, compléments de salaires, impôts et taxes, échéances bancaires... Rappelons que depuis le début de la crise sanitaire, les restaurants ont été soumis à des consignes limitant leurs heures d’ouverture et leur capacité d’accueil.

Certains ont pu limiter les dégâts avec la vente «à emporter» ou la livraison à domicile, mais les autres formules de restauration ne s’y prêtent pas. A la veille de la fin d’année, ils sont au régime au sec puisqu’ils ont été contraints de fermer pour trois semaines. Certains opérateurs ne comprennent pas pourquoi les cafés servant des repas sont autorisés à ouvrir contrairement aux restaurants sommés de baisser le rideau.

Pour atténuer l’impact de la crise, la Fédération propose la suspension des jugements d’éviction de certains membres n’ayant pu s’acquitter de leurs loyers. Le temps de récupérer de la crise sanitaire après l’achèvement de la campagne de vaccination.

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La Fédération marocaine de la franchise et commerce intègre diverses catégories d'établissements de restauration dans le but de les hisser au rang de franchises nationales

Selon Mohamed El Fane, président, il y a eu plusieurs jugements à l’encontre de restaurateurs, contraints soit d’évacuer les locaux, soit de s’acquitter des loyers impayés. Les gouvernements de certains pays ont adopté des mesures pour soutenir cette catégorie d’opérateurs économiques telles que la prise en charge d’un tiers du loyer, le deuxième tiers revenant aux propriétaires et le troisième aux locataires.

Les franchises proposent la mise en place d’une subvention pour la prise en charge de 50% des charges locatives et de suspendre les décisions d’éviction exécutoires en cours jusqu’en juin 2021. Ce qui pourrait passer par un texte de loi ciblant les PME dans l’incapacité de s’acquitter de leur loyer.

Sur le plan financier, le montant du «Crédit Relance», limité actuellement à un mois du chiffre d’affaires, est en deçà des attentes des restaurateurs. Ils proposent que le montant du crédit soit porté à deux mois de chiffre d’affaires à l’image des transporteurs touristiques.

Les restaurateurs invitent le Comité de veille économique à la table des discussions pour trouver, avec l’appui du ministre de tutelle, une solution adaptée à leur situation.

                                                                           

Faisceaux de taxes locales

Plus que les autres opérateurs économiques, les restaurants sont soumis à un faisceau de taxes locales: taxe professionnelle, taxe de débits de boissons, taxe de licence de boissons… Pourtant, en 2020, ils ont connu une année quasi blanche sans que le compteur fiscal ne s’arrête. En effet, la taxe professionnelle, par exemple, est adossée à la valeur locative et non pas au chiffre d’affaires. Par conséquent, elle reste due même en l’absence d’activité. C’est d’ailleurs l’un des biais de cette taxe qui pénalise l’outil de production. Il en va de même pour les autres taxes locales qui s’appliquent à des produits déjà imposés via la TVA. La Fédération demande au ministre de tutelle, en l’occurrence Moulay Hafid Elalamy, d’intervenir auprès de son collègue de l’Intérieur pour concéder «un abattement de 75% sur toutes les taxes communales».

Hassan EL ARIF

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