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Economie

L'économie souterraine moins sensible aux carottes!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5923 Le 12/01/2021 | Partager
Les dernières mesures en faveur de son intégration sont globalement peu concluantes
Elle représente un peu moins de 30% de l'activité économique selon une nouvelle étude

Les mesures en faveur de l'intégration du secteur informel sont devenues courantes dans les dernières lois de finances. Celle de 2021 n'y déroge pas en prévoyant des incitations pour formaliser certaines activités. En s'identifiant auprès de l'administration fiscale, les opérateurs visés ne seront pas inquiétés par rapport au passé.

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La baisse du poids du secteur informel est moins marquée au cours des dernières années. Sa taille est légèrement inférieure à 30% sur la période 2009-2018. L'économie souterraine occupe une place plus importante au Maroc que dans les pays de la région Mena. En revanche, elle y est moins développée que dans les pays d'Amérique latine et d'Afrique subsaharienne. (The Size and Development of the Shadow Economy in Morocco, par Kamal Lahlou, Hicham Doghmi et  Friedrich Schneider)

Entre le statu quo et une politique d'éradication, le gouvernement privilégie une intégration du secteur informel en alliant la carotte et le bâton. Les résultats sont globalement mitigés. Des chercheurs de Bank Al-Maghrib et de l'Université de Linz en Autriche (Kamal Lahlou, Hicham Doghmi et  Friedrich Schneider) apportent un nouvel éclairage sur l'évolution de l'économie informelle.

Sa taille est passée de 40% du PIB entre 1988 et 1998 à un peu moins de 30% sur la période 2009-2018. Mais, la baisse est plus modérée au cours des dernières années puisque le secteur informel représentait en moyenne 1/3 de l'activité économique au cours de la décennie 1999-2008.

L'économie souterraine occupe une place plus importante au Maroc que dans les pays de la région Mena. En revanche, elle y est moins développée que dans les pays d'Amérique latine et d'Afrique subsaharienne.

La plupart de ces gouvernements doivent tenir compte du rôle économique et social du secteur informel pour adapter leurs mesures, ce dernier étant un grand pourvoyeur d'emplois. Une politique d'éradication pure pourrait entraîner une envolée du chômage et de la pauvreté et nourrir des tensions sociales. Cela dit, il y a un besoin de mieux protéger les travailleurs.

Dans bien des cas, ils sont mal payés et ne bénéficient d'aucune protection sociale (assurance maladie, retraite...). Cette situation crée d'importantes inégalités, lesquelles ont été exacerbées par la pandémie du coronavirus.

Le gouvernement va déployer en deux phases un projet de généralisation de la couverture sociale. La première entre 2021 et 2023 sera consacrée au déploiement de l'assurance maladie obligatoire et des allocations familiales à tous les ménages. La deuxième partie qui s'étalera sur la période 2024-2025 concernera les retraites et l'indemnisation de la perte d'emploi.

                                                                                    

Les paiements électroniques, une arme contre l'informel

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Un peu partout, les mesures de riposte contre l'informel passent par la fiscalité et un assouplissement de la réglementation du marché du travail. L'idée est d'avoir un système fiscal qui n'incite pas à se réfugier dans l'informel. Largement discutée lors des assises de la fiscalité, la mise en œuvre des recommandations est par contre laborieuse.

«La réglementation du marché du travail peut être adaptée de sorte à encourager les recrutements, soutenir les entreprises pendant les périodes économiques difficiles et assurer la sécurité et la stabilité sociales des salariés», suggèrent les auteurs de l'étude.

De plus, «les coûts salariaux et non salariaux auxquels les entreprises sont confrontées devraient correspondre à la productivité des travailleurs et aux conditions du marché. Une fois le marché du travail mieux adapté, la conformité réglementaire doit être effectivement appliquée et cibler l'emploi formel et informel, en mettant l'accent sur la santé et la sécurité au travail», complètent-ils.

Au-delà de la fiscalité et de la réforme du marché du travail, certains pays se sont attaqués à la circulation du cash pour limiter le développement de l'informel. Les transactions réalisées par cash étant difficiles à tracer par les autorités fiscales.

La promotion du paiement électronique dans les secteurs  traditionnellement basés sur les espèces comme le commerce de détail ou encore le transport pourrait favoriser les changements d'habitude. Par ailleurs, la prédominance des paiements en espèces coûterait jusqu'à 0,7% du PIB aux agents économiques.

Le développement des paiements mobiles et plus globalement l'accélération de la dématérialisation des paiements contribueront non seulement à l'inclusion financière mais, devraient aussi soutenir les efforts de réduction des activités informelles.

F.Fa

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