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Economie

Enseignement: Financements innovants pour renflouer les caisses

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5922 Le 08/01/2021 | Partager
La majorité du budget englouti par les salaires ne laisse aucune flexibilité au ministère
Le manque d’implication des collectivités territoriales, une autre limite
Dans la moyenne OCDE, 66 à 99% du budget provient des collectivités

Le financement reste le nerf de la guerre. Un proverbe d’actualité en ce qui concerne l’Education nationale, dont la quasi-totalité du budget est engloutie par les salaires, et qui se trouve ainsi dans l’incapacité à financer sa réforme. 

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Saaïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, affirme qu’une autre piste de financement consiste à assurer la contribution des entreprises publiques et du secteur privé qui pourrait grandement soutenir le financement de l’éducation (Ph. L’Economiste)

«Il faut savoir que le budget alloué annuellement à notre ministère est monopolisé à 89% par la masse salariale, ce qui ne laisse au ministère que 11% de ce qu’il perçoit pour gérer tout le reste, à savoir le chantier pédagogique, l’accès à la scolarisation (construction, réhabilitation), l’équipement, la digitalisation, la formation des enseignants et une partie de l’appui social destiné aux enfants issus de familles à revenus modestes», déplore Saaïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

La réalité du terrain est donc là: le ministère ne dispose que de peu de disponibilité et de flexibilité financière pour réformer et innover. Et l’impact de la crise sanitaire sur les finances de l’Etat n’arrange pas les choses. Des contraintes susceptibles d’entraver la bonne marche des projets stratégiques qui ont été adoptés pour assurer la déclinaison effective de la réforme.

«Une autre limite à ce chantier et l’implication encore trop insuffisante des collectivités territoriales dans la gestion des établissements scolaires et de leurs prestations. C’est là un véritable manque à gagner, lorsque l’on sait que la moyenne OCDE de contribution de ces collectivités au financement de l’éducation est de 66% et que celle-ci peut atteindre plus de 99% dans certains pays», poursuit Amzazi.

Partant du principe que la qualité d’un système éducatif ne peut excéder celle de son corps enseignant, le chantier de la qualification des enseignants a été placé en tant que levier majeur. Mais le financement reste l’élément incontournable pour ces recrutements.

Pour y remédier, le ministère a lancé deux chantiers concomitants. Le premier concerne le recrutement régional des enseignants dans le cadre du statut particulier des Aref, et le deuxième est lié à la refonte du système de formation initiale du corps enseignant pour une formation professionnalisante de qualité.

«Pour ce qui est du recrutement régional, il faut dire que celui-ci a apporté une bouffée d’oxygène à notre système éducatif, en permettant d’injecter environ 100.000 enseignants supplémentaires dans le système au cours des six dernières années, avec une moyenne de 15.000 recrutements par an, alors que cette moyenne ne dépassait pas 6.000 postes au titre des années antérieures», précise le ministre.

Il rappelle que «cette action a permis de réduire les effectifs en classe et donc d’améliorer la qualité des enseignements, de même qu’elle a permis une plus grande stabilité des enseignants dans les communes rurales, ces derniers ayant été recrutés localement. De la même façon, 2.000 cadres de soutien pédagogique et psychologique ont également pu être recrutés».

S’agissant de la réforme du système de la formation initiale des enseignants, l’objectif recherché était d’attirer les meilleurs profils pour leur dispenser une formation de qualité de 5 ans comprenant 3 années en licence d’éducation dans les universités et deux années de formation en alternance entre les Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF) et les établissements scolaires. À l’issue de cette formation qualifiante, les futurs enseignants passeront un examen de qualification professionnelle avant d’être titularisés à leurs postes.

                                                                  

Une école d’équité et de qualité

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La nouvelle réforme pédagogique, qui a été rendue obligatoire et pérenne par la loi-cadre 51-17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, s’inspire des Hautes orientations royales, et des leviers de changements préconisés dans le cadre de la vision stratégique 2015-2030, élaborée par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Globalement, celle-ci a pour objectif fondamental l’instauration d’une école d’équité, d’égalité des chances, de qualité et de promotion de l’individu et de la société. Elle repose sur un certain nombre de leviers, la généralisation d’un enseignement préscolaire de qualité et son intégration dans l’enseignement primaire, la généralisation d’un enseignement inclusif et solidaire en faveur de tous les enfants sans distinction, et conformément au principe de la discrimination positive en faveur des enfants des zones rurales et périurbaines, ce qui inclut la lutte contre l’abandon scolaire, notamment à travers le renforcement des programmes d’appui social, la mise en place de l’école de la deuxième chance, et la création d’écoles communautaires. Il s’agit également de rénover le modèle pédagogique, principalement par la promotion de la qualité des pratiques pédagogiques, la révision des curricula et des programmes et le renforcement de la place des NTIC  ainsi que la mise en place d’un système intégré, efficient et actif d’orientation scolaire, professionnelle et universitaire.

Ghizlaine BADRI

 

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