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Société

Les «nouvelles voies» du trafic de drogue

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5921 Le 07/01/2021 | Partager
Côtes atlantiques et ports convoités par les cartels
Casablanca incontournable dans l’axe routier nord-sud
Transport de marchandises: Des dealers détournent les autorisations

C’est l’éternel jeu du chat et de la souris! Malgré la pandémie du Covid-19 et la fermeture des frontières nationales depuis mars 2020, les trafiquants de drogues ont relativement maintenu leur activité. 

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a saisi 132 kilos de cocaïne l’an dernier. Ce volume représente moins de 75% par rapport à 2019. La quantité d’héroïne interceptée en 2020 reste au même niveau: 8,5 kilos.

Par ailleurs, la police judiciaire a mis la main sur 145.848 comprimés d’ecstasy en provenance d’Europe. Ces psychotropes ont enregistré une baisse de 66% comparativement à 2019.
Concernant les drogues dites «douces», le cannabis et ses dérivés sont en tête (voir illustration).

Le Maroc demeure l’un des principaux producteurs et exportateurs de cette plante. Plus de 217 tonnes sont tombées dans les filets des enquêteurs. Soit 37 tonnes de plus par rapport à 2019, selon le dernier rapport d’activité annuelle de la DGSN. La demande du cannabis reste vivace.

«C’est la drogue la plus largement utilisée dans le monde avec une estimation de 188 millions de consommateurs en 2017», note l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime dans son rapport 2019.
La carte du trafic de drogue au Maroc apporte un autre éclairage. La Sûreté nationale met en relief «les nouvelles voies» empruntées par les réseaux criminels. L’on devine le rôle des cartels de drogue d’Amérique du sud qui ciblent depuis quelques années déjà les zones maritimes, notamment des pays subsahariens. 

Tout en ayant recours à des intermédiaires locaux, les trafiquants agissent à partir «des côtes atlantiques notamment celles du sud du Royaume», relève la DGSN. Le but étant d’écouler leurs marchandises de l’Amérique du sud vers l’Afrique puis l’Europe. Le Maroc est un point de passage incontournable à cause de sa double ouverture sur l’océan atlantique et la Méditerranée.

Le Covid-19 réoriente les circuits des trafiquants   

La lutte antidrogue «s’est focalisée en 2020» sur ces nouvelles voies. Il existe déjà des gardes-frontières mobilisés 24h/24 et 7J/7. Leurs postes de surveillance en préfabriqué sont disséminés par exemple au nord dans les plages de Sidi Mghit aux environs d’Asilah. Les larges et vierges côtes des Provinces du sud disposent aussi de patrouilles militaires.  

   Les trafiquants marocains exploitent aussi les voies terrestres. La Douane et la brigade anti-drogue ont intercepté 8.862,5 kilos de cannabis au poste-frontière d’El Guerguarat. «L’opération s’est déroulée le 24 décembre 2020. Cette grande quantité de drogue était soigneusement cachée dans un stock de poissons congelés à destination d’un pays subsaharien», précise la Douane.

Au nord, les ports de Tanger-Med et de Nador n’échappent pas non plus au trafic. Les douaniers ont mis la main sur 2.266 kilos de cannabis au cours d’opérations successives en décembre 2020.     

Le renseignement est un atout. La DGSN coordonne aussi avec la Direction générale de la surveillance du territoire (voir encadré). L’axe routier liant le nord au sud du Royaume est également considéré comme «une nouvelle voie». Les dealers l’utilisent «via le pôle urbain de Casablanca». La plus grande métropole du pays est au cœur du réseau routier national. Elle est en temps normal contournée à travers les petites routes des patelins avoisinants comme Beni Yakhlef, Lousiya et la forêt d’Oued Nfifikh aux environs de Mohammedia.

La donne a visiblement changé avec l’état d’urgence sanitaire. «Les trafiquants ont exploité les autorisations spéciales de déplacements délivrées aux transporteurs de marchandises et produits de première nécessité», note la DGSN dans le rapport 2020.

Bilan des saisies en 2020

  • 217,3 tonnes de cannabis et dérivés
  • 132 kilos de cocaïne
  • 8,5 kilos d’héroïne
  • 476.932 psychotropes   

Source: DGSN

                                                             

Brigades de renseignement criminel

trafic-de-drogue-021.jpg

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) coordonnent leur lutte contre le trafic de drogue. Et ce, grâce à un réseau d’informateurs qui opèrent à partir du terrain. Ces deux administrations sécuritaires ont un seul directeur général depuis 2015, Abdellatif Hamouchi. Cette organisation permet ainsi d’éviter la déperdition de l’information. Elle amenuise aussi les risques d’une concurrence stérile entre les services de renseignement.
La DGSN a ses Brigades de renseignement criminel et d'appui technique aux enquêtes. Elles sont rattachées aux services décentralisés de la police judiciaire. La mission de ces agents de renseignement est de détecter les nouvelles méthodes criminelles, traquer les personnes recherchées et exploiter des informations criminelles fournies par les technologies de l’information...  Ces équipes régionales étaient une vingtaine en 2019, selon la DGSN. Durant cette même année, les Brigades de renseignement criminel ont traité 27.045 affaires, arrêté 1.528 personnes suspectées d’actes criminels et assuré 20.638 opérations de soutien et d’assistance technique... Ses officiers ont également exploité 1.920 informations en matière pénale et identifier 2.463 individus impliqués dans des affaires en suspens.

F.F.

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