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Economie

Impact de la Covid-19 sur l'économie: Les mises en garde du Policy Center

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5907 Le 17/12/2020 | Partager
La contraction de la production estimée à 7%
La circulation du cash continue de grimper
Le déficit budgétaire pourrait passer à 8% du PIB

Les études sur l'impact de la pandémie de la Covid-19 sur l'économie marocaine se multiplient. C'est au tour du Policy Center for the New South de se pencher sur le bilan de cette crise sanitaire sur les différents moteurs de la croissance.

Pour ce think tank, «la crise provoquée par la Covid-19 est singulière, multicanale et fondamentalement différente des crises précédentes, dans la mesure où elle altère le système productif par un double choc d'offre et de demande, amplifié par une crise de confiance».

Les analyses du Policy Center mettent l'accent sur une forte contraction de l'activité économique, de près de 7%. Cela est lié essentiellement aux «mesures de confinement et à la baisse drastique de la demande étrangère».

Cette étude pointe également la différence de l'ampleur du choc en fonction des régions. Celles ayant une plus grande exposition sont celles où le secteur informel est important, où la présence du secteur public est faible et où les activités touristiques et manufacturières sont prépondérantes.

Profonde récession

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L'estimation des effets de cette crise sur la croissance a été examinée selon trois approches complémentaires. Les trois s'accordent sur la sévérité de la crise, avec une contraction de la production estimée à 7%, avant de rebondir à près de 4,5% en 2021. Selon cette étude, «les deux chocs les plus violents sont relatifs aux mesures de confinement et au recul de la demande étrangère, dont l'ampleur peut amputer plus de 13 points de croissance au terme de l'année en cours». Cette situation est amplifiée par l'année agricole défavorable, aggravant ainsi la récession. Ce qui se traduit par un affaiblissement de la demande intérieure, couplé à une détérioration du niveau de confiance. Ces aspects négatifs seraient relativement nuancés, selon ce think tank, par des ajustements automatiques. Cela concerne notamment la baisse des importations, mais également la chute des prix du pétrole, qui devrait libérer un espace financier chez les agents économiques. Ce document pointe également l'effet positif de la création du Fonds spécial de la Covid-19, permettant de mitiger les secousses, et irriguer les flux économiques de près de 3% du PIB.

Les régions les plus exposées
L'une des approches adoptées dans le cadre de cette étude permet de mettre l'accent sur la distribution spatiale et sectorielle du choc pandémique. Il en ressort une concentration des pertes dans les régions contribuant le plus à la production nationale. Il s'agit notamment de Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Marrakech-Safi. Par secteur, ce sont les hôtels et restaurants, le textile et cuir, la métallurgie et les BTP qui ont été les plus exposés aux pertes.
n La destruction des emplois se poursuit
Depuis le début de la pandémie, 190.000 personnes ont perdu leurs emplois, portant le taux de chômage à 12,7%. Avec des prévisions de croissance négative de 6% au dernier trimestre, la situation du marché du travail devrait encore s'aggraver, pour atteindre un taux de chômage de 13,6% à la fin de l'année. Résultat: «les équilibres sociaux seraient nettement fragilisés, et le risque de voir des taux plus élevés de vulnérabilité et de pauvreté est considérable». La population la plus exposée est celle opérant dans l'informel, dépourvue de couverture sociale. Elle est active dans les secteurs du transport, du BTP, du commerce, de la restauration… Il s'agit de secteurs dont les déclarations d'arrêt d'activité ont atteint en moyenne 67%, et qui peinent à retrouver leur vitesse de croisière. Résultat: sur la base d'un scénario de croissance négative de 7%, ce choc pourrait faire passer 1 million de Marocain au-dessous du seuil de pauvreté, soit 13 DH par jour. Ce qui devra porter le taux de pauvreté à 8,2% contre 5,4% en 2018.

L'épreuve des équilibres macroéconomiques
Durant l'année en cours, les équilibres internes et externes de l'économie marocaine seraient soumis à de rudes épreuves, avec un creusement des déficits, selon l'étude du Policy Center. Certes, les marges de manœuvre dont dispose l'Etat, au niveau budgétaire et monétaire, pourraient absorber partiellement le choc à court terme. Mais il serait plus difficile d'accompagner la relance sur les années à venir. L'une des principales conséquences de cette crise est liée à la compression des recettes budgétaires, à cause de la violence des chocs, en plus des mesures déployées pour alléger la pression sur le tissu productif. Résultat: le déficit budgétaire pourrait passer à 8% du PIB, suite à une chute des recettes ordinaires de 15% par rapport à 2019, avec une hypothèse d'augmentation du niveau total des dépenses de 10 milliards de DH par rapport aux prévisions de la loi de finances 2020. Dans ce contexte, la dette du Trésor devrait dépasser 76% du PIB. Parallèlement, le compte courant devrait également se détériorer, notamment à cause de la récession sévère qui sévit dans les pays partenaires. Le déficit du compte courant en 2020 devrait être supérieur à 6% du PIB. En face, les réserves de change sont inférieures au niveau souhaité. Néanmoins, le compte capital, relativement fermé pour les résidents, peut conférer une protection additionnelle à l'économie marocaine contre une attaque spéculative. L'engagement dans la 2e phase de flexibilisation du dirham pourrait également conforter le niveau des réserves.

■ Retour en force du cash

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La ruée vers la liquidité, la qualité et la constitution d'épargne de précaution en temps d'incertitude est une réaction classique des agents économiques. Pour le Policy Center, «la crise récente a alimenté l'aversion au risque des investisseurs et des ménages et les a poussés à considérer une suspension de leurs décisions d'investissement, et à réallouer une partie de leur portefeuille vers les actifs les plus sûrs et les plus liquides». A l'échelle domestique, les arbitrages et les réallocations de portefeuille sont plus nets sur les 9 premiers mois de l'année. Les données de BAM montrent une préférence pour la monnaie fiduciaire et les comptes à vue, avec des hausses respectives de 21% et de 10%, par rapport à l'année précédente. Cette situation s'explique notamment par la volonté des entreprises à alimenter leurs trésoreries et assurer le financement de leurs fonds de roulement. De leur côté, les ménages se sont empressés de convertir une partie de leurs avoirs en cash et constituer une épargne de précaution.

■ Reprise difficile
Le moment et la manière de la reprise économique restent encore incertains, selon cette étude. «Sa forme dépendra de la résilience du système de santé, des effets des politiques économiques, ainsi que de la disponibilité d'un vaccin efficace». Dans ce contexte, le Policy Center table sur une reprise graduelle en U. «C'est le scénario le plus probable pour le Maroc». Mais cela peut nécessiter une période de résilience, durant laquelle les fondamentaux économiques doivent demeurer solides. Le Policy Center dresse une série de recommandations. Pour les autorités publiques, les leviers devraient s'articuler autour de deux dimensions: macroéconomique, pour une meilleure gestion dans le cycle, et structurelle, tenant compte des implications éventuelles du choc sanitaire sur les nouvelles tendances fondamentales de l'économie nationale.

M.A.M.

 

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