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Politique

Enquête L’Economiste-Sunergia - Elections législatives: Les internautes vont-ils encore bouder les urnes?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5901 Le 09/12/2020 | Partager
Plus de la moitié des personnes interrogées ne comptent pas voter en 2021
Cette réticence est plus prononcée chez les personnes âgées de 25 à 44 ans
Manque de compétence, non respect des promesses, faible attractivité des partis… les principales raisons pointées

En 2011, l’effervescence qu’avait suscitée l’action politique chez les jeunes, dans le sillage du Printemps arabe et du Mouvement du 20 février, avait redonné espoir quant à l’implication de cette catégorie dans l’opération électorale.

Toutefois, cette euphorie a laissé place à une grande déception, traduite par les faibles taux de participation aux scrutins législatifs de 2011 et de 2016. Lors des dernières élections, le taux de participation était de 43%, selon les données officielles. Aujourd’hui, l’intérêt que suscitent les élections et le fait politique sur les réseaux sociaux ne se traduit pas forcément au niveau des urnes.

Cette désaffection concerne particulièrement les jeunes. Cela, même si les partis ont redoublé d’efforts durant les dernières années pour améliorer leur image vis-à-vis de cette catégorie d’électeurs. Certaines initiatives ont également vu le jour, comme le mouvement «Maan», lancé par un groupe de jeunes de la société civile, et présenté comme un mouvement alternatif démocratique, afin que la politique cesse d’être une fabrique de désespoir.

Pourtant, les résultats de la dernière enquête L’Economiste-Sunergia confortent le constat du manque d’intérêt d’une partie importante des Marocains dans l’opération électorale. Une série de motifs sont pointés pour expliquer ce désintérêt. S.M le Roi a mis l’accent sur ces dysfonctionnements lors du discours du Trône de 2017.

Le Souverain avait pointé «les pratiques de certains responsables élus, qui poussent un nombre de citoyens, notamment les jeunes, à bouder l’engagement politique et la participation aux élections. La raison en est qu’ils ne font tout simplement pas confiance à la classe politique, et que certains acteurs ont perverti l’action politique en la détournant de la noble finalité qui lui est assignée par définition».

                                                               

■ Les femmes, les jeunes et les pauvres, les plus réticents en 2016

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La réalité de la chute d’intérêt des Marocains pour les élections a été confirmée par la récente enquête L’Economiste-Sunergia sur les élections au Maroc. Il en ressort que 58% des personnes interrogées n’ont pas voté en 2016. Dans les détails, la part des réticents est plus importante chez les femmes. 68% d’entre elles ont déclaré n’avoir pas voté lors des dernières élections législatives. Chez les hommes, cette part est de 54%. Cette tendance s’accentue davantage au niveau des résultats par tranches d’âge. Il en ressort que la quasi-totalité des jeunes de moins de 24 ans n’ont pas voté en 2016. Le taux d’abstention est de 92% chez cette catégorie. La part des personnes n’ayant pas participé au dernier scrutin baisse en fonction de l’âge. Le niveau de participation au scrutin semble augmenter avec l’âge. Chez les 25-34 ans, ceux qui ont voté représentent 38% contre 44% chez les 35-44 ans. Ce taux atteint 57% chez la catégorie des personnes âgées de 55 à plus de 65 ans.
Au niveau de la répartition régionale du niveau de participation aux élections, les résultats semblent assez proches. Au Nord et à l’Est, il est de 41% contre 39% au Sud et 44% au Centre. Pour ce qui est des résultats par niveau de revenu, le niveau de réticence a été plus élevé chez les personnes touchant moins de 6.000 DH par mois. Ce taux est de 68% chez les personnes ayant un revenu de moins de 2.000. Il passe à 65% chez les personnes ayant entre 4.001 et 6.000 DH. Le taux le plus important de participation aux élections de 2016 est enregistré chez la catégorie de personnes touchant plus de 12.000 DH, soit 52%.

                                                               

■ La moitié des Marocains peu enthousiastes pour le prochain scrutin

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Interrogés sur leur intention de participer aux prochaines élections, 55% ont émis un avis négatif. 45% des personnes interrogées ont déclaré prévoir voter lors du scrutin prévu en 2021. Contrairement à 2016, le taux de réticence est plus élevé chez les hommes, avec 56%, contre 51% chez les femmes.
Concernant les résultats par tranches d’âge, les réponses semblent différentes par rapport au dernier scrutin. Au moment où les moins de 18 ans représentaient la part la plus importante des non-votants, plus de la moitié d’entre eux annoncent qu’ils prévoient de voter lors des prochaines élections. Le taux de réticence est plus élevé chez la catégorie de 25 à 44 ans. 61% de cette population ne compte pas voter lors du scrutin de 2021. Le niveau de réticence semble s’estomper avec l’âge. La courbe repique du nez à partir de 45 ans. La part des personnes n’ayant pas l’intention de voter aux élections de 2021 passe à 57%, puis passe à 50% chez les 55-64 ans. Ce taux baisse à 46% chez les plus de 65 ans.

                                                               

■ Perte de confiance

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La principale raison évoquée par les personnes interrogées, n’ayant pas participé au scrutin de 2016 et qui ne comptent pas voter en 2021, est liée au non respect des promesses données par les candidats, avec 35%. Ce motif est pointé par 42% des personnes ayant entre 35-44 ans et par 43% des personnes ayant un revenu entre 2.000 et 4.000 DH. Elle est suivie par le manque de compétence de ses candidats (22%), ainsi que par l’absence d’attractivité des partis politiques. Ces raisons sont mises en avant essentiellement par les jeunes de 18-24 ans, les personnes âgées entre 55 et 64 ans, ainsi que par ceux ayant un revenu entre 4.000 et 6.000 DH. 9% des personnes interrogées ont expliqué leur réticence politique par le fait que les élections ne les intéressent pas.

                                                               

■ Le niveau de réticence plus élevé chez les personnes à faible revenu

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Au niveau de la répartition régionale, les plus réticents sont concentrés au Nord et à l’Est, avec 62% des personnes interrogées ne prévoyant pas de participer au prochain scrutin. Au Centre et au Sud, ce taux passe respectivement à 53% et 52%.
Pour ce qui est des résultats par niveau de revenu, le taux le plus important de réticence est enregistré chez les personnes qui touchent moins de 6.000 DH. Il est de 63% chez la catégorie ayant un revenu de moins de 2.000 DH et de 59% chez les personnes ayant entre 4.001 et 6.000, avant de s’établir à 53% chez ceux ayant entre 6.001 et 12.000 DH. Le taux d’intention de vote le plus important est enregistré chez les personnes ayant un revenu de plus de 12.000, soit 53%.

Fiche technique

Cette enquête a été menée sur le web durant la période allant du 7 au 26 août 2020. Au total, 1.236 personnes ont accepté de répondre au questionnaire soumis au hasard aux utilisateurs des réseaux sociaux résidant au Maroc.
Ces résultats, ne représentent que les internautes marocains, et ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population, selon les équipes ayant réalisé cette enquête. Pour les questions liées aux prochaines élections, la base des répondants varie entre 1.205 et 651 personnes.

M.A.M.

 

 

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