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Société

«Je souhaite faire rayonner le Maroc au-delà des frontières»

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5894 Le 30/11/2020 | Partager
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«L’influence de la culture marocaine est incroyable et il faut œuvrer davantage pour montrer sa richesse au monde entier», souligne Madison Cox, Vice Président des Musées Yves Saint Laurent Pierre Bergé à Paris et Marrakech (Ph. MC)

Madison Cox vit entre Paris, New York, Marrakech et Tanger et se déplace régulièrement pour ses nombreuses activités professionnelles. Vice Président des Musées Yves Saint Laurent Pierre Bergé à Paris et Marrakech et Président de son entreprise d’Architecture Intérieure et de Paysagisme à New York, l’expert en Botanique et paysagiste diplômé de la «Parson School of Design» est un homme qui vit à 100 à l’heure. Avec des projets sur les 3 continents et à un emploi du temps très chargé, Madison Cox a décidé de livrer à L’Economiste dans une Interview exclusive au Maroc et en Afrique, ses sentiments, ses réflexions et ses ambitions. Rencontre.

- L’Economiste: Vice Président des Musées YSL et Pierre Bergé, vous êtes aussi paysagiste et expert en botanique. Racontez-nous votre parcours
- Madison Cox:
Je suis un Américain de la Côte Ouest des Etats-Unis. J’ai suivi des cours au sein de la «Parson School of Design», qui était composée de plusieurs départements, dont l’Architecture Intérieure et le Design. Cette école est basée à Los Angeles et New York ainsi que Paris, ville ou j’ai décidé de poursuivre mes études après avoir passé ma première année dans l’établissement New-Yorkais. Depuis quelques années, j’ai installé mon entreprise de paysagiste à New York et je suis souvent en déplacement entre Paris, New York et Marrakech pour mes activités professionnelles. Je suis venu pour la première fois à Marrakech en 1978 en tant que visiteur et 15 ans plus tard en 1993, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé m’ont sollicité pour travailler au sein du Jardin Majorelle. En 2002, ils ont créé la Fondation Yves Saint Laurent Pierre Bergé à Paris et j’ai été nommé Vice Président.

- Vous avez passé votre enfance à San Francisco, ville réputée pour ses grands espaces verts. Est-ce que cela a influencé votre carrière?
- Le site de la Ville de San Francisco donne sur la mer et cela ressemble un peu à Tanger. Il y a quelques similitudes au niveau du climat et des espèces végétales et surtout la proximité avec la nature. Pendant mon enfance, nos parents nous avaient très tôt sensibilisés, ma sœur mon frère et moi, à la nature et ses richesses. Nous nous exercions sur des parcelles de jardin… Et grâce à nos nombreux voyages avec nos parents, j’ai découvert d’autres pays, d’autres villes, d’autres paysages. Je me suis pris d’amour pour la botanique.

- Quel est le détail de vos missions en Asie, en Afrique et aux Etats-Unis?
- Les missions des deux Fondations à Paris et Marrakech sont similaires. L’objectif est de promouvoir les œuvres d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé, car ils ont créé leur maison de couture en 1961.
L’idée également est de pérenniser cette institution et aider à la transformation de cette entité afin de poursuivre cette évolution à l’avenir. Les tâches sont de préserver, cataloguer et faire l’inventaire de ce patrimoine ainsi que lancer les différents programmes de mécénat.

- Qu’en est-il des établissements de Marrakech et Tanger?
- Pour Marrakech, il s’agit d’identifier le patrimoine marocain et le préserver, avec ces magnifiques collections Amazigh, nous avons d’ailleurs renommé cette année le musée «Musée Pierre Bergé des arts Berbères». Le lieu qui regroupe également la maison privée de Jacques Majorelle a été acquis en 1980 par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, qui ont légué l’endroit à la Fondation éponyme. Nous avons reçu l’année dernière 1,5 million de visiteurs et nous avons depuis près de 2 ans ouvert le côté privé du jardin et de la maison sous réservation avec 8 visiteurs au maximum. Nous avons également reçu en héritage de feu Pierre Bergé, les 2 résidences à Tanger. Une a été vendue et la seconde, La Villa Léon l’Africain, au cachet unique, peut devenir un espace  d’exposition et de rencontres aux portes de l’Europe.

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La Fondation Jardin Majorelle est une institution culturelle dédiée à plusieurs formes d'art. Elle abrite, sur plus de 3 ha au centre de Marrakech, le Jardin Majorelle, le musée Pierre Bergé des arts berbères, et le musée Yves Saint Laurent. A l'instar de ses activités dans le monde, la fondation finance elle même ses projets et soutient des programmes culturels, éducatifs et sociaux à travers le Royaume. Malgré la crise sanitaire, elle a rouvert ses portes au public le 1er octobre dernier, et ce dans le strict respect des mesures de sécurité (Ph. L'Economiste)

- Quel bilan faites-vous de ces 3 ans après le décès de Pierre Bergé?
- Cela fut une longue période de transition et une période difficile au niveau émotionnel, organisationnel et juridique. Nous avons beaucoup travaillé avec des intervenants à Paris et Marrakech et prospecté pour trouver des talents compétents dans tous les domaines. Le but est de passer d’une organisation familiale à une institution davantage normée en formalisant les protocoles d’acquisition qui étaient aléatoires. J’ai engagé depuis quelques mois, un directeur botanique et un Directeur des Musées et nous travaillons ensemble pour un alignement avec les autres musées nationaux et internationaux.

- Comment vous projetez-vous dans 10 ans?
- Je serais certainement au Maroc et j’espère y être toujours aussi engagé pour montrer la voie et préserver cet endroit, les musées et le jardin Majorelle, car ils font partie intégrante du patrimoine du Maroc. L’influence de la culture marocaine est incroyable et il faut œuvrer davantage pour montrer sa richesse au monde entier. Il faut valoriser le pays et il ne faut pas le faire seulement avec les partenaires historiques comme la France, mais faire venir d’autres pays et d’autres continents tels que les pays nordiques et l’Asie.
Bert Flint nous a fait un don exceptionnel de 600 objets berbères, il me paraissait important de lui rendre hommage à plus de 90 ans et 50 ans passé au Maroc. C’est un objectif que nous avons en commun, faire rayonner l’histoire du Maroc et sa culture au-delà des frontières.

Propos recueillis par Ghizlaine BADRI

                                                                       

Engagement dans le caritatif

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Au Maroc, Madison Cox a décidé de créer un programme pédagogique pour les jeunes des écoles publiques et rendre cet endroit accessible à tous. L’objectif est de sensibiliser le plus grand nombre à l’intérêt de la botanique et des musées. Les travaux mènent actuellement sur  un programme de e-learning grâce à un futur centre dont l’ouverture est prévue à l’automne 2022.
Un projet né de son expérience avec l’ONG «AanganTrust» dont la mission était d’œuvrer pour le droit des enfants dans les centres de détention et aussi de leur donner la parole. «Les jeunes qui se retrouvent dans cette situation, sont souvent des jeunes issus de milieux pauvres, qui sont manipulés par des adultes qui les utilisent pour des délits, des trafics de drogue ainsi que pour la prostitution», indique Cox. «Avec la présidente de cette ONG, nous avons mis en place des programmes autour de la botanique. Nous avons donné à chacun une parcelle de terre pour créer un potager et nous avons été stupéfaits par la réussite de cette méthode qui a ensuite été dupliquée à d’autres villes telles que Calcutta, New Delhi et d’autres villes en Inde. Nous pensons à l’avenir dupliquer cette expérience au Maroc», conclut-il.

 

 

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