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Dossier Spécial

Adil Bennani: «Le retour à la normale du business au Maroc prévu pour la fin de 2021»

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5893 Le 27/11/2020 | Partager
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Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam): «Dans nos scénarios les plus pessimistes, en plein confinement, nous tablions sur une baisse de 50% du marché. Aujourd’hui nous avons revu nos prévisions à la hausse et pensons que le repli sera moins important à -20%» (Ph. DR)

Dans un contexte difficile marqué par la pandémie de la covid-19, les importateurs automobiles tentent tant bien que mal de limiter la casse. Les plus optimistes tablent sur une baisse de 17% des ventes sur le marché et les plus pessimistes envisagent un recul de 22%. En tout le retour à la normale du business est espéré pour fin 2021. Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam) revient sur un exercice 2020 difficile même s’il espère qu’il terminera sur une note positive au cours de ce dernier mois de l’année, traditionnellement, le plus prolifique en termes de ventes.

- L’Economiste: Dans un contexte indéniablement marqué par la pandémie de la covid-19, quel bilan faites vous de l’année?
- Adil Bennani:
L’année 2020 a été particulièrement atypique pour deux raisons: D’abord parce qu’elle enregistre un recul fort significatif des ventes principalement suite au confinement induit par la pandémie de la covid-19. Ensuite, elle fait suite à une précédente baisse de 6% en 2019 par rapport à 2018. Je rappelle que 2018 a été un exercice record pour le marché avec plus de 177.000 véhicules vendus. Aujourd’hui, les ventes sont en repli de 24% à date. Cela s’explique en grande partie par un arrêt quasi total de l’activité pendant le trimestre du confinement (ndlr: avril, mai, juin). C’est l’équivalent de 25% d’une année qui s’est envolé avec le confinement  avec un mois de mars à -62%, un mois d’avril à -86%, un mois de mai à -83% et un mois de juin à -35%.
Nous avons fort heureusement après le confinement retrouvé des couleurs puisque nous avons enregistré pendant les mois suivants (ndlr: juillet, août et septembre) des croissances d’environ 11 à 12%. Si elles sont positives, les hausses des derniers mois ne pourront en aucun cas permettre de rattraper l’arrêt d’activité durant le confinement.

- Avez-vous révisé vos prévisions à la hausse après le bon comportement des mois qui ont suivi le confinement?
- Le retour de la croissance après le confinement a été une bonne chose car dans nos scénarios les plus pessimistes nous tablions sur une baisse de 50% du marché. Aujourd’hui nous avons revu nos prévisions à la hausse et pensons que le repli sera moins important à -20%. Ceci dit, si l‘on analyse plus en détail, on remarque que les principales composantes du marché sont en retrait avec des différences limitées. Je prends pour exemple l’utilitaire dont la baisse est bien moins importante que celle du VP (ndlr: véhicule particulier). J’évoquerais également le premium qui recule de 23%. En termes de répartition géographique, nous relevons que la région de Casablanca et de Marrakech sont les plus touchées par la baisse contrairement à Rabat et Tanger qui s’en sortent mieux.

- Novembre et décembre permettraient-ils de renverser la tendance?
- Oui, novembre et décembre vont permettre d’améliorer la tendance globale mais ne nous permettront pas de rattraper la régression du marché. Et pour cause, après les trois mois de croissance, nous avons observé une baisse d’environ 5% en octobre principalement en raison d’un manque de disponibilité suite à une réduction des importations de certaines marques dans le contexte de la crise sanitaire. Ce n’est pas tout puisque nous avons également constaté durant le même mois une baisse de la fréquentation dans les showrooms. La demande qui nous avait permis de rattraper durant le troisième trimestre le retard du second trimestre se serait-elle épuisée? Si c’est le cas ce serait une mauvaise nouvelle pour le marché. D’autant plus que 25% des ventes automobiles au Maroc sont réalisés par les loueurs dont l’activité n’a toujours pas redémarré.
Nous prévoyons dans ces conditions deux scénarios. Le premier plus pessimiste avec une demande à -10 ou -12% en novembre et décembre, le marché baisserait de -22% à 130.000 véhicules. Dans le second scénario, les réalisations des mois de novembre et décembre seraient quasi similaires à celles de 2019, le marché serait autour de 135.000 et 137.000 unités sur l’année en baisse de 17 à 18% sur l’année.

- Quid de la sortie de crise?
- La sortie de crise dépend de nombreux facteurs notamment la situation sanitaire qui impacte le commerce mondial et la demande intérieure. Nous nous orientons vers un scénario où la sortie de crise en Europe est prévue pour la fin du premier semestre de 2021. Ce qui impliquera un retour à la normale du business pour nous au Maroc sur la fin de l’année prochaine. Cela ne veut pour autant pas dire que les opérateurs vont se mettre à investir. 2021 sera une année de retour progressif à la normale. Elle sera moins bonne que 2019. Il faudra à mon avis attendre jusqu’à la fin de 2022 pour retrouver une année normale. Il est probable, dans les meilleurs des cas que 2022 soit similaire à 2019 et que la crise soit complètement derrière nous.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

                                                                    

L’hybride se développera tôt ou tard

Toutes les marques disposent aujourd’hui de modèles hybrides dans leur gamme qu’il soit rechargeable ou non rechargeable. Nous remarquons une très forte hausse des énergies dites alternatives dans le domaine de la mobilité en particulier les véhicules de tourisme. C’est une tendance irréversible. Nous avons constaté pour la première fois dans l’histoire qu’il s’est vendu en Europe plus de véhicules hybrides et électriques que de véhicules diesel, le mois dernier. Cet engouement s’explique d’abord par cette tendance générale à l’écologie poussée par des démarches gouvernementales très volontaristes notamment en matière de dispositif normatif contraignant avec l’entrée en vigueur des normes WLTP en Europe. Mais aussi à travers un arsenal d’incentives déployé dans les différents pays encourageant le renouvellement d’anciens parcs via le recours à des véhicules dits propres. Ces deux facteurs font que la demande sur les véhicules hybrides et électriques est en train d’augmenter de manière importante. Au Maroc, l’activité est en train de se développer petit à petit sauf que nous n’avons pas encore toutes les mesures incitatives nécessaires puisque les deux mesures qui existent pour ces types de motorisations sont l’exonération de la vignette et de la taxe de luxe. Ce qui n’est pas suffisant. «Cela est dommage pour le Maroc qui sous l’impulsion de Sa Majesté Mohammed VI a eu une démarche visionnaire pour pouvoir développer les énergies non fossiles», déplore Adil Bennani qui pense que le secteur du transport doit profiter des efforts du pays en matière de réduction d’énergies polluantes pour encourager la mobilité verte. Ceci étant, le patron des importateurs est convaincu de l’émergence dans les concessions marocaines d’une offre qui est de plus en plus importante chez les constructeurs de véhicules hybrides et électriques. Et à des conditions financières de plus en plus avantageuses.
Il restera à développer les infrastructures (en particulier les bornes de rechange). En tout cas, au sein de l’Aivam, on milite pour la mise en place d’une feuille de route sur la mobilité durable qui implique les principaux partenaires au niveau du gouvernement le plus vite possible.

 

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