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Economie

Covid-19: Vacciner en masse pour barrer la route au virus

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5893 Le 27/11/2020 | Partager
Impossible d’atteindre une immunité collective sans l’adhésion du plus grand nombre
Les théories du complot qui fusent sur les réseaux sociaux mettent en péril l’opération
Pour réussir ce challenge, il faut expliquer et sensibiliser à outrance

Le Maroc lancera dans quelques jours une large campagne de vaccination anti-Covid. L’ambition étant de garantir une immunité acquise. La population devrait adhérer de manière volontaire à ce processus altruiste pour limiter, voire stopper, les ravages de la pandémie. «L’adhésion de la population est indispensable car le processus de la vaccination repose sur le bénéfice de la collectivité. La bonne communication sera essentielle, afin de clarifier aux citoyens tous les aspects liés au processus de vaccination pour instaurer un climat de confiance, et contrer les voix réticentes nourries par la théorie de complot», indique Dr Allal Amraoui, chirurgien et député PI, et  président fondateur du centre marocain des études et recherches sur les politiques de santé (SMERPS).

■ L’immunité acquise repose sur un vaccin efficace
La pandémie de Covid-19 est sans aucun doute, la plus délicate épreuve sanitaire et économique subie par l’humanité depuis des décennies, avec des pertes de vies par centaines de milliers, et la pire récession depuis les années 1930. Les systèmes nationaux et internationaux de santé, de surveillance et de riposte se sont effondrés, aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres. «Il est vite apparu que le seul moyen pour plus ou moins combattre la pandémie, est l’immunité collective qu’elle soit naturelle, ou acquise. L’immunité naturelle, c’est ce que nous vivons actuellement, avec toujours plus de contaminations et de pertes humaines sans pour autant voir le bout du tunnel, et l’impossibilité finalement d’atteindre une immunité collective naturelle», confie à L’Economiste, Dr Allal Amraoui, parlementaire PI. Le retour à une vie normale repose désormais sur un vaccin efficace.

■ Le vaccin est un bien public mondial
Il faut savoir qu’aujourd’hui 51% des commandes de vaccins sont destinées à seulement 13% de la population mondiale. Le vaccin contre la Covid-19 ne doit pas être un bien commercial, «mais un bien public mondial, accessible le plus rapidement au plus grand nombre», martèle notre expert. Aussi, selon lui, les données épidémiologiques soulignent la nécessité d’une distribution équitable du vaccin pour une efficacité maximale. En attendant, l’OMS tente de freiner l’optimisme qui est en train de naître un peu trop rapidement à la suite des annonces sur les vaccins contre le Covid-19, elle conseille de rester vigilants et de ne pas relâcher les mesures sanitaires, car il faudra «au moins quatre à six mois avant qu’il y ait des niveaux suffisants de vaccination où que ce soit».
L’accès au vaccin, et l’obligatoire réussite de la prochaine campagne de vaccination, dépendra aussi de la capacité à surmonter les contraintes importantes de logistiques liées au transport, stockage et conservation du produit. «Il faudra trouver le personnel suffisant pour cette campagne d’envergure, alors qu’ils sont déjà très accaparés par l’épidémie et aussi assurer l’acceptation par la population, déterminante pour sa réussite», conseille l’ancien Directeur régional de la santé de Fès-Boulemane.
L’objectif est d’éviter non pas seulement des décès, mais aussi avoir une protection suffisante pour éviter les hospitalisations et les réanimations.

■ A bas la théorie du complot
Maintenant, même avec un vaccin très performant, la vaccination n’a de valeur pour la santé publique que si elle parvient effectivement aux personnes qu’elle doit protéger et si elle est largement utilisée par les populations. De l’avis de notre expert, «s’il n’y a qu’une minorité de la population qui se fait vacciner, alors la protection générale ne sera pas suffisante pour que le virus arrête de se répandre». «Et malgré le caractère meurtrier de l’épidémie, nous ne pouvons ignorer des voix populistes certes, qui résonnent à l’international, semant le doute autour même de l’existence de la pandémie, ou sur sa gravité, la crainte d’une trop grande précipitation dans la conception du vaccin, la peur d’effets secondaires», explique-t-il.
Les théories complotistes alléguant par exemple qu’un vaccin contre le Covid servira à implanter une puce électronique sont également particulièrement présentes sur les réseaux sociaux dans le monde. «Cette ambiance risque en effet d’encourager la réticence de la population au vaccin et pourrait freiner la couverture vaccinale», déplore Amraoui, affirmant qu’avec «le contexte actuel de crise, la question de rendre obligatoire le vaccin anti-Covid ou pas est d’actualité». Ce paradigme pourrait être remis en question, dans la perspective de résoudre l’équation de protéger la santé publique et respecter le libre choix de l’individu.

                                                                                          

■ Ce que dit la loi
La pandémie Covid-19 a déjà conduit le gouvernement à décréter l’état d’urgence sanitaire qui investit l’Etat de larges prérogatives, afin de prendre des mesures exceptionnelles appropriées, pour empêcher l’aggravation de l’état épidémique de la maladie et de mobiliser toutes les ressources disponibles pour protéger la vie des personnes et assurer leur sécurité. Les citoyens sont donc censés, sous peine de sanctions, se conformer aux commandements et décisions émanant des autorités publiques.
Selon l’article 21 de la Constitution, «La sécurité sanitaire est à la fois un droit constitutionnel collectif pour les citoyens et une obligation à la charge de l’État». La loi cadre 34.09 relative au système de santé impose à l’état d’entreprendre «des actions de prophylaxie et de lutte contre les maladies», ainsi «la solidarité et la responsabilisation de la population dans la prévention, la conservation et la restauration de la santé» sont des principes dont la mise en œuvre «incombe principalement» aux pouvoirs publics.

■ Pas d’obligation, mais…
Comme personne ne veut entendre parler d’un confinement total, en raison de son coût économique exorbitant et de ses conséquences sociales dévastatrices, la seule alternative est de tout miser à l’instar des grandes nations sur la vaccination pour vaincre la Covid-19. «A l’inverse de beaucoup de pays dont la France, le Maroc a toujours estimé que l’obligation vaccinale est contre-productive.
En revanche, il conseille fortement de suivre le calendrier national de vaccination et respecter les différentes dates recommandées par le ministère de la santé», rappelle Amraoui. A grande envergure, la vaccination s’avère le seul moyen de mettre fin à cette hécatombe.

Youness SAAD ALAMI

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