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Entreprises

Droits compensateurs sur les engrais: Confiance et sérénité à toute épreuve

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5892 Le 26/11/2020 | Partager
Aucun fondement à la décision américaine de taxer les fertilisants marocains
Le groupe dispose de marge de manœuvre pour maintenir ses flux à l’export
Des milieux professionnels d’outre-mer dénoncent la quête au monopole de Mosaic

L’OCP est formel. «Il n’existe aucun fondement à la décision américaine de taxer les importations des engrais marocains». Et le groupe continuera de défendre sa position durant la seconde phase qui devrait prendre fin d’ici mars 2021. Ceci, tout en restant confiant que l’absence de fondement à l’application de droits de compensateurs sur les fertilisants marocains finira par changer la donne.

Pour le moment, le département américain du Commerce a fixé le taux préliminaire à 23,46%. Ce qui devrait se chiffrer par des centaines de millions de dollars. Entre 500 et 600 millions, si on intègre les exportations russes. «Dur pour l’agriculture américaine qui est déjà aux prises avec une baisse tendancielle   de sa rentabilité», relève l’Alliance des entreprises pour la promotion de la prospérité (Trade Alliance to Promote Prosperity). 

Son directeur exécutif, Kent Kaiser, relayé par la presse américaine, soupçonne même une tentative de mainmise du géant US des engrais concentrés sur le marché domestique. A ses yeux, «Mosaic, propriétaire de la majorité des mines de phosphate aux États-Unis, cherche à créer un certain monopole».

D’autant plus que le marché des engrais a tendance à se réduire en volume depuis que la culture du soja, grosse consommatrice des fertilisants phosphatés, est en crise, suite à la guerre commerciale déclenchée entre les Etats-Unis et la Chine. Ce dernier pays s’étant tourné vers d’autres pour s’y approvisionner.

Plusieurs autres voix d’importance capitale ont aussi rallié le mouvement de soutien au Maroc. Selon l’OCP, elles relèvent pour l’essentiel du secteur agricole. Pour ne citer que les poids lourds, il s’agit de l’American Farm Bureau Federation, la National Sorghum Producers (NSP), l’Agricultural Retailers Association, la National Association of Landscaping Professionals, la National Cotton Council of America, ainsi que l’USA Rice and Iowa Corn Growers. Ces institutionnels ont adressé des courriers aux autorités américaines pour exprimer leurs préoccupations.

Et l’enjeu n’est pas négligeable pour le groupe. Les engrais phosphatés exportés vers les Etats-Unis représentent environ 15% de l’export total de l’OCP. «La part de marché sur les  Etats-Unis a varié entre 15 et 20% ces dernières années», précise le groupe.

Mais au cas où des droits compensateurs seraient élevés (à l’issue de la procédure), «l’OCP dispose d’alternatives lui permettant d’écouler les volumes d’engrais actuellement destinés au marché américain sur d’autres destinations», confie le groupe à L’Economiste. Car le processus n’est pas encore terminé.

Les droits de 23,46% annoncés ne sont appliqués qu’à titre préliminaire et provisoire. La fixation finale aura lieu vers le mois de mars 2021, une fois que le département américain du Commerce et la Commission du commerce international auront bouclé leur enquête et analyse. Toujours est-il que ces droits provisoires «seront remboursés aux importateurs en cas de décision favorable au Maroc».

Pour le moment, le leader phosphatier se veut confiant et serein. «Nous demeurons confiants qu’après une enquête complète, il sera établi que la requête de Mosaic est infondée et que l’application de droits compensateurs n’est pas justifiée.

Il convient de préciser que si le département américain du Commerce décide, en février prochain, de l’opportunité d’appliquer des droits compensateurs, la Commission américaine du commerce international pourra considérer que de telles taxes sont injustifiées du fait de l’absence de tout préjudice causé à l’industrie locale par les importations d’engrais phosphatés marocains.

Coût pour les agriculteurs américains

En moyenne, le coût des engrais représente 15% du budget global des agriculteurs. Si des droits compensateurs venaient à être appliqués,  les agriculteurs américains auraient en outre accès à une gamme de produits plus réduite, de qualité moindre et pourraient faire face à une plus grande instabilité d’approvisionnement.
L’impact économique de l’application de droits compensateurs de 30 à 70% sur les importations en phosphate pourrait se traduire par un coût supplémentaire estimé entre 480 et 640 millions de dollars pour les agriculteurs américains. Ceci, si la taxation dépasse les 30%.

                                                                       

La face cachée de l’argumentaire de Mosaic

Mosaic, l’entreprise américaine qui détient la majorité des mines de phosphate,  avait déposé, le vendredi 26 juin 2020, une requête demandant l’ouverture d’une enquête sur les importations américaines d’engrais phosphatés. Un domaine où l’entreprise est spécialisée. Selon ses dires, le Maroc et la Russie lui mènent «une concurrence déloyale via la subvention des engrais. Un argument qui ne tient pas la route pour le Maroc. Ce qui est sûr, c’est que le marché américain se réduit comme peau de chagrin. Et les cours avec.
N’empêche que le géant des engrais phosphatés s’estime lésé   par «l’importance  des volumes importés en provenance du Maroc et de la Russie qu’ils subventionnent et créent des distorsions du marché».

A.G.

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