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Economie

La ministre de l'Habitat au Club de L'Economiste: Les signes avant-coureurs de reprise sont déjà là!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5892 Le 26/11/2020 | Partager
Crédits, transactions, ciment, matériaux... Les principaux indicateurs en hausse
De nouveaux cahiers des charges dans le pipe
En exclusivité, les détails du plan de relance
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Nouzha Bouchareb, ministre de l'Habitat: «Le maintien de cette dynamique requiert la mise en place d'une vision à court et moyen terme permettant au secteur de jouer pleinement son rôle socioéconomique» (Ph. Jarfi)

De nombreux indicateurs macro-économiques viennent prouver que le secteur de l'habitat s'est déjà inscrit dans un processus de relance. La production du ciment a retrouvé sa dynamique d'antan (1,2 million de tonnes en octobre 2020 contre 1,3 million de tonnes en 2019), les chantiers de construction ont repris sur fond de regain de confiance auprès du marché, les transactions sont en hausse de 30%... De plus, le nombre de prêts garantis Fogarim et Fogaloge sont au-dessus des indicateurs enregistrés en 2019.

Ces crédits ont enregistré une augmentation de 30% entre les mois d'août et septembre derniers. Les crédits immobiliers ont totalisé 279, 2 milliards de DH à fin septembre, soit une augmentation de 1,64%. Mieux encore, les sociétés immobilières cotées sont toutes réservées à la hausse. «Ce sont là autant d'indicateurs favorables qui viennent confirmer la résilience d'un secteur qui réagit plus rapidement que d'autres», confirme Nouzha Bouchareb, ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville.

Invitée au Club de L'Economiste, la ministre Nouzha Bouchareb est convaincue: «Le maintien de cette dynamique requiert de mettre en place une vision à court et moyen terme permettant au secteur de jouer pleinement son rôle socioéconomique». Les multiples indicateurs de résilience méritent d'être suivis, analysés de façon ponctuelle et appuyés dans le temps. C'est surtout le cas de l'appréciation favorable des sociétés cotées à la Bourse. Une tendance qui mérite d'être suivie et analysée dans la durée, insiste la ministre de tutelle.

L'invitée du Club de L'Economiste tient aussi à préciser que cette dynamique n'est pas le fruit du hasard. C'est la résultante d'une série de décisions et un paquet de mesures d'urgence, prises aussitôt que le déconfinement a été instauré par les pouvoirs publics. C'est finalement ce qui a permis d'enclencher ces prémices de reprise dans un secteur d'activités multiples et un écosystème à caractère transversal.

Parmi les mesures d'urgence déployées, la tutelle cite notamment la reprise des chantiers de construction, la dynamique dans les activités de matériaux de construction, la mise en place de protocoles de prévention à travers des guides d'hygiène et de mesures barrière, deux chartes de solidarité signées avec les intervenants de l'ensemble de l'écosystème, le processus de dématérialisation des services liés au traitement de dossiers en souffrance et auprès des agences urbaines ... «Au total, plus de 5.000 dossiers en souffrance ont été traités durant cette période, dont 50% ont reçu un avis favorable. Cela représente de gros investissements de l'ordre de 11 milliards de DH ainsi que la création de quelque 40.000 emplois», annonce la ministre.

Pour éviter le scénario fort probable de crise, avec le risque de faillites en série, il a fallu mettre en place «un dispositif exceptionnel de redressement du marché au niveau de l'offre et de la demande», soutient Bouchareb. L'enjeu majeur étant d'assurer la continuité de l'activité et surtout le maintien des emplois et des revenus dans un contexte des plus difficiles. Pour rappel, le secteur de la construction et de l'immobilier génère au moins 1 million d'emplois annuellement et contribue à hauteur de 6% au PIB. L'ensemble des activités de l'écosystème confondues contribue à hauteur de 12% au PIB.

Pour capitaliser sur ces acquis et préserver les emplois, dans un contexte particulier de pandémie et de conjoncture défavorable, la ministre de tutelle annonce une batterie de mesures qui seront bientôt effectives. Tout le défi consiste à mettre en place les conditions favorables à une relance économique forte et durable, de manière à gagner des points dans le PIB. Sauf que le temps presse et les mesures doivent s'inscrire dans la célérité. Ce qui suppose l'accélération et la réactivité des réponses politiques. D'ailleurs, porteur d'espoir, le PLF 2021 est très attendu par l'écosystème de l'habitat.

«L'impact de la prochaine loi de finances devrait être très important vu que l'on s'inscrit dans une période de transition. Cette fois-ci en particulier, la réflexion sur le PLF a de multiples enjeux. Elle devrait être la porte d'entrée pour co-construire ce qui va venir, notamment le nouveau modèle de développement économique, les programmes qui seront mis en 2021, l'innovation, l'inclusion sociale, la régionalisation... En clair, la prochaine loi de finances devra constituer le socle d'une relance économique plus durable, avec des réponses politiques fortes et audacieuses, qui permettent une courbe d'inflexion, l'accélération ainsi que le gain de points de PIB. D'autant plus que la majorité des programmes aidés par l'Etat arrive à échéance», signale Nouzha Bouchareb.

Même si la crise Covid a perturbé ce secteur stratégique de l'économie, il n'en demeure pas moins qu'elle a permis à la tutelle d'en tirer plein d'enseignements avec une évaluation sereine des différents programmes et surtout l'identification des failles et des points faibles. Autrement dit, l'après-Covid est une opportunité majeure qu'il va falloir saisir.

«C'est l'occasion de revoir tous les produits de logement de façon à coller parfaitement aux besoins du marché», relève Bouchareb. Ce qui passera désormais par une grille de critères et des aspects liés à la qualité, le positionnement, la localisation, la densité... et surtout l'accessibilité du logement en termes de coûts, insiste la ministre.

Repères

1 million d'emplois créés annuellement
Contribution de 6% au PIB
L'ensemble de l'écosystème contribue à 12% au PIB
Augmentation de 30% des prêts garantis Fogarim/Fogaloge (entre août et septembre)
279,2 milliards de crédits immobiliers accordés à fin septembre
Création d'un millier de postes d'emploi dans le BTP
1,2 million de tonnes de ciment produites en octobre

                                                                               

Plan de relance

Pour asseoir une résilience forte et pérenne, la ministre annonce un plan de relance qui s'articule autour de six axes: le maintien au maximum de postes d'emploi. Ce qui permet le renforcement de la résilience dans ce contexte de crise sanitaire. S'ensuit l'encouragement de l'investissement avec le lancement d'une nouvelle génération de projets porteurs de valeur ajoutée. A travers le plan de relance, la ministre insiste sur la refonte du cadre légal et du système de planification, la refonte des plans d'aménagement avec des documents d'urbanisme incitatifs à l'investissement ou encore la réduction des délais de traitement des dossiers. L'enjeu est d'aller vers l'adaptabilité du système de planification territoriale et des modèles urbains. Le challenge, selon la ministre, est d'asseoir les fondamentaux d'une relance basée sur l'investissement.
Autre axe stratégique: la mise en place d'un «Agenda rural». Cet agenda devra «assurer une meilleure cohésion et équité territoriale à travers des programmes de centres ruraux émergents afin de lutter contre les disparités avec la révision des règles de construction en milieu rural». L'intérêt étant de sédentariser les populations et mieux gérer l'exode rural à travers la création de nouveaux centres émergents, une sorte "de villes intermédiaires" avec des territoires dotés d'équipements de base, d'infrastructures, de centres de santé, d’écoles, la sécurité, l'emploi... Ce qui requiert l'implication de l'ensemble des acteurs. «Il va falloir développer un concept de territoires qui reposent sur la création de richesses. Des zones tampon et trait d'union qui servent de points d'équilibre entre le rural et l'urbain», soutient la ministre. Un premier lot de 77 centres ruraux émergents est déjà en cours de lancement. Le plan de relance insiste également sur la nécessité d'enclencher une rupture avec le modèle actuel du logement qui a montré ses limites. L'amélioration du cadre bâti passera par une forte dose d'innovation, un changement dans la gouvernance et le traitement de l'habitat insalubre. Le tout sur fond d'une nouvelle politique de la ville en rupture avec le passé. Bien évidemment, le succès du plan de relance reste tributaire de l'exemplarité de l'Etat. L'institution étatique devra donner l'exemple avec le renforcement de la déconcentration, la mobilité du territoire central au régional ainsi que la promotion de l'efficacité énergétique dans les bâtiments publics, ou encore l'amélioration des performances environnementales...

                                                                               

Nouveaux cahiers des charges

La ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville annonce un chantier prioritaire, qui se décline en une nouvelle génération de cahiers des charges dans de nombreux programmes: "Nous sommes en phase d'étude d'une nouvelle génération de cahiers des charges dans de nombreux programmes liés à l'habitat économique, les villes sans bidonvilles (VSB), le logement dans le rural... en prenant en compte les contraintes d'avant, pendant et après la pandémie". Sur le même registre, Bouchareb annonce la mise en place de cahier des charges spécifiques pour le logement de la classe moyenne.

Amin RBOUB

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