×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

Boudali, le peintre aux mille visages

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5889 Le 23/11/2020 | Partager
Une passion née de l’enfance quand il était berger
D’une famille très pauvre, son art lui a sauvé la vie
Des tableaux qui prennent forme avec un stylo

Mohamed Boudali est une âme habitée. Un esprit d’une rare sensibilité artistique, qui s’est révélé alors qu’il était enfant. «Je me souviens de mes premiers dessins, j’avais 5 ans et déjà un don qui surprenait toute ma famille», se souvient Mohamed Boudali.

Et dans sa famille, ils sont 11 frères et soeurs, tous pratiquent des métiers plutôt classiques: maçons, vendeurs à l’étalage, agriculteurs, commerçants sur le marché… Seul ce fils de berger, enfant précoce, qui a appris à lire et à écrire seul alors qu’il s’occupait des chèvres pendant l’absence de son père, a dévoilé très tôt des possibilités hors du commun.

«J’étais attiré par la lecture, mais je ne n’avais pas le droit d’aller à l’école, il fallait travailler pour subvenir aux besoins de ma famille, nous étions très pauvres. Je récupérais des livres par ci par là et j’essayais de reproduire les mêmes choses, puis j’allais voir les enfants qui apprenaient à lire à la mosquée pour corriger mes fautes», se remémore Boudali.

boudali-peintre-essaouira-089.jpg

Mohamed Boudali sur la place Moulay Hassan avec ses portraits, ceux de simples passants et d’autres dont la capture des regards et les postures montrent bien l’étendue de son talent (Ph. GB)

Né en 1962 dans la région d’Al Hanchane, aux alentours d’Essaouira, le portraitiste souiri a commencé à peindre en même temps que son apprentissage de la lecture et de l’écriture, alors qu’il était berger. Pour passer le temps, il peint avec de l’herbe sur des cailloux, sur des arbres, sur toutes les surfaces qu’il trouve à côté de lui. Et puis, jour après jour, les visages prennent forme, il dessine de plus en plus, et se passionne pour les «comics américains» dont il s’inspire pour ses œuvres artistiques.

«J’ai commencé à l’âge de 7 ans, j’étais berger, et je prenais du gazon pour peindre sur le bois, les clous pour dessiner sur des gros cailloux. Il y a des endroits où, quand j’étais berger, il y a toujours mes dessins. J’ai dû dessiner sur une surface de près de 2 hectares! Toutes mes économies y passaient, il m’arrivait de ne pas manger pour acheter du matériel pour dessiner et peindre», ajoute Boudali, qui a commencé par peindre des animaux, puis des maisons, et ensuite des portraits et des visages qu’il arrive a recopier à l’identique grâce essentiellement à un stylo à bille. Avant de pouvoir pratiquer sereinement son métier, Mohamed Boudali a dû faire face à l’opposition de sa famille, qui était contre sa passion dévorante.

«Plus jeune, quand je rentrais à la maison, je me faisais gronder car j’avais de la peinture sur les mains. Un jour, j’ai fugué de la maison à 11 ans car mes parents avaient brûlé une centaine de mes dessins. J’étais terriblement triste, je me souviens avoir beaucoup pleuré … »,  affirme ému Boudali qui se souvient avoir eu depuis toujours une fascination pour l’image et pour l’esthétique que peuvent dégager certaines photos ou peintures. Même pauvre et ne trouvant pas facilement du papier pour peindre et dessiner, Mohamed Boudali allait de douar en douar et trouvait des journaux dans les poubelles, par terre, qu’il ramenait chez lui pour les mettre dans l’eau et dans la terre. Ensuite, il les laissait sécher pour pouvoir les utiliser.

Plus tard, adulte, il ira à Tanger pour vendre et acheter du papier pour pouvoir avoir sa matière première à des prix compétitifs. Mohamed Boudali ne s’est jamais marié et n’a pas eu d’enfant. Aujourd’hui, il vit très modestement, pratique toujours son métier et se rend tous les jours sur son lieu de travail, la place Moulay el Hassan à Essaouira, pour faire encore et toujours ce qu’il sait et ce qu’il aime faire: dessiner et peindre, une passion qui ne le quittera pas jusqu’à son dernier souffle.

Ghizlaine BADRI

 

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc