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Economie

Industrie du polyester: Polémique sur les droits de douane

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5887 Le 19/11/2020 | Partager
Un droit à 2,5% ruinerait la production locale
Les filateurs lancent un cri de détresse… MHE «réactif»

Annoncée par le PLF 2021, l’augmentation des droits de douane (de 2,5% à 17,5%)  qui devait être appliquée sur l’importation du produit fini de polyester discontinu destiné au rembourrage, appelé aussi fibre de polyester, a été abrogée par le Parlement. Et ce, à la demande d’un groupe parlementaire de la majorité (amendement n° 4).

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Le potentiel du marché de la fibre en polyester est estimé à 3 milliards de DH de chiffre d’affaires, soit 6 fois la valeur des intrants (500 millions de DH) (Ph. L’Economiste)

Les arguments de ce rejet sont peu lucides: «L’industrie nationale de cette filière ou les matières premières qui permettent la fabrication de ce produit (fibre en polyester) sont insuffisantes pour répondre aux besoins du marché local, outre la protection des entreprises nationales», lit-on sur un document de la première Chambre.

Pourtant, «il ne s’agit nullement de protéger les entreprises nationales, mais de favoriser l’importation massive de fibre en polyester», s’insurgent les producteurs locaux. Contactée par L’Economiste, Fatima-Zohra Alaoui,  directrice générale de l’AMITH, clarifie la position de la corporation:  «L’argument qui recommande d’augmenter les droits de douane à 17,5% pour encourager la production locale ne tient pas étant donné que 80 à 85% des besoins en fibres polyester portent sur la fibre vierge et semi-vierge qui n’est pas produite localement».

La position de l’Amith est claire, si cette mesure, c’est-à-dire passer les droits de douane à 17,5% est validée, «elle portera un coup dur à toute la filière textile de maison, qui compte plus de 150 entreprises, et qui utilise majoritairement de la fibre vierge et semi-vierge pour le rembourrage». Il faut donc absolument que les droits de douane restent à 2,5% tant que la production locale n’est pas disponible en quantité et en qualité suffisantes».

Pour Mohamed Boubouh, président de l’Amith, «les textilens rejettent une augmentation des droits de douane sur la fibre en polyester... qui pourrait engendrer une flambée au niveau des coûts de production. Sachant aussi que les producteurs locaux n’assurent qu’une petite partie des besoins de l’industrie textile».

De son côté, Karim Tazi, PDG du groupe Marwa, mandaté par plusieurs fédérations, souligne que «les importations constituent plus de 48% du PIB. Ce qui est exorbitant». Pour ce textilien, «l’effort des pouvoirs publics doit se focaliser sur l’appui des industriels pour disposer localement de produits semi-finis et d’intrants à coût réduit». MHE est «réactif» à leur demande. Décryptage.

Un PLF à l’encontre de la protection de l’économie nationale?
De l’avis d’autres industriels, le PLF 2021 va à l’encontre des principes de protection de l’économie nationale. Des droits de douane sur l’importation des fibres en polyester à 2,5% certes réconfortent les textiliens, gros demandeurs de fibre textile plus fine, mais présentent plusieurs inconvénients.

«C’est pratiquement à l’opposé de la politique environnementale qui constitue un des axes majeurs de la politique Royale qui vise l’encouragement d’une industrie marocaine permettant de diminuer le niveau de la pollution par le plastique», regrettent des producteurs locaux.

Pour eux, la baisse des tarifs douaniers encourage l’importation des produits polluants (issus du recyclage du plastique), met en péril des investissements marocains au profit des sociétés étrangères et freine la création des emplois directs et indirects au Maroc. Surtout dans le contexte actuel marqué par la crise de la Covid-19. Creuser le déficit de la balance commerciale par l’encouragement de l’importation au détriment de la production locale et impacter négativement la réserve des devises, figurent parmi les conséquences de cette mesure.

«Compte tenu de cette situation, il convient vivement de revoir cet amendement et passer le taux de 17,5% (revu à 2,5% dans le PLF 2021) à 25%», propose Mohammed Amouri, expert-comptable mandaté par un important groupe aux activités diverses (immobilier, tourisme, loisirs et industrie). Ce dernier alerte quant aux répercussions néfastes de cette mesure. Laquelle provoquerait la faillite de tous les producteurs locaux (une vingtaine de filateurs environ).

Recyclage et énergie

Pour ceux qui ne la connaissent pas, la fibre de polyester est une matière artificielle synthétique très utilisée dans l’industrie textile. Elle est produite à partir des bouteilles en plastique recyclées. «Notre production représente 70% des fibres textiles synthétiques utilisées dans les vêtements. Elle est aussi utilisée dans les lignes de production de spécialistes de l’ameublement, la mousse, le rembourrage…etc», expliquent les producteurs locaux. La vision de notre économie doit être basée sur des projets intégrés et écolos», soulignent-ils.

                                                                   

Mobilisation à la 2e chambre

Ce mardi 17 novembre 2020, des industriels étaient particulièrement mobilisés à la Chambre des conseillers. Ils multipliaient les rencontres avec les responsables des groupes parlementaires les incitant «à introduire une hausse des droits de douane sur la fibre en polyester».

Une mesure qui était initialement prévue au PLF 2021 avant qu’elle ne soit abrogée à la dernière minute. Interpellé à ce sujet, Driss El Azami El Idrissi, député-maire (PJD) de Fès et ancien président du premier groupe parlementaire de la majorité, laisse entendre que «cet amendement a été introduit par le département de l’Industrie». Des propos balayés d’un revers par Moulay Hafid Elalamy. Le ministre de l’Industrie donne une autre version des faits. «Non, je ne suis pas pour cette baisse, bien au contraire», confie-t-il à L’Economiste. Elalamy voulait un droit de douane de «25%».

«Ce sont les parlementaires a priori qui ont demandé une modification», affirme-t-il.  Mais, à qui profite cette baisse? «A une poignée d’importateurs», déplorent les professionnels de la filière. «Nous appelons à la protection de la production locale qui est un réflexe naturel en période de crise… Et la loi de finances 2021 s’inscrit dans un contexte particulier», expliquent-ils. L’un d’entre eux vient tout juste de créer une unité de fabrication de fibre en polyester textile et mousse à Casablanca. «C’est un investissement initial de 200 millions de DH qui prévoit la création de plus de 460 emplois directs, dont 260 sont déjà en formation», confie-t-il à L’Economiste, sous couvert d’anonymat.

Sa société voulait participer au recyclage des bouteilles en plastique et à l’effort national dans l’économie verte. «Nous avons investi 100 millions de DH dans la construction de l’usine et autant dans la mise en œuvre d’une première ligne de production (financée par emprunt bancaire) qui se base sur la technologie sud-coréenne (première du genre en Afrique)», renchérit-il. Ce dernier avait l’intention d’introduire deux autres chaînes de production pour atteindre un investissement global de 400 millions de DH et répondre à 50% des besoins des tisseurs.

Y.S.A.

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