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Economie

Sale temps pour l’industrie des jus

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5885 Le 16/11/2020 | Partager
Depuis 2015, l’activité enregistre des baisses à deux chiffres
En cause, le faible pouvoir d’achat et le changement des habitudes de consommation
Les industriels réclament la suppression de la TIC et de la compensation du sucre granulé

L’industrie du jus continue de broyer du noir. Déjà malmenée par les changements des habitudes de consommation avant le coronavirus, aujourd’hui, elle est plutôt dans une logique de survie. «Depuis 2015, nous enregistrons des baisses d’activité à deux chiffres. Les statistiques de la douane, qui gère le marquage fiscal, sont là pour en attester. L’industrie est maintenant sinistrée.

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Les faibles ventes de jus de fruits au Maroc (2,5 l/habitant et par an) indiquent que la consommation de sucre ne s’effectue pas via cette industrie

Les consommateurs sont obligés de faire des arbitrages en matière de consommation à cause de l’impact de la crise économique et le jus ne fait pas partie de leur priorité», explique Ibrahim Belkora, DG de Agrojus, société productrice des jus Valencia.

La situation de la filière jus n’est pas un cas isolé. Les autres boissons sont logées à la même enseigne, notamment gazeuses en raison du discours ambiant au sujet des méfaits du sucre. Et du sucre, il en a été beaucoup question au cours de ces deux dernières années au Parlement à l’occasion de la discussion des lois de finances. L’application d’une taxe intérieure de consommation, en fonction de la présence de sucre dans les boissons, a eu un goût amer pour des industriels déjà mal en point.
La Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fénagri) a d’ailleurs interpellé, mardi 10 novembre, les ministres des Finances et de l’Industrie au sujet d’une proposition d’amendement d’un parti de la majorité, portant sur la multiplication par quatre de la taxe intérieure de la consommation (TIC), et son extension aux jus de fruits à base de lait. La proposition n’aura pas été retenue, puisqu’elle ne figure pas parmi les amendements définitifs.

«Nous ne demandons qu’à comprendre la philosophie de la TIC appliquée aux jus. S’agit-il d’une stratégie pour lutter contre la surconsommation du sucre via les jus pour des considérations de santé publique? Dans ce cas, pourquoi le gouvernement ne réserve-t-il pas le même traitement à toutes les industries agroalimentaires utilisant le sucre?», s’interroge, frustré, le patron de l’unité industrielle.

Par ailleurs, la présence notable de sucre dans les jus pourrait être considérée comme un argument fallacieux pour la TIC sur les jus. En effet, selon les chiffres de Nielsen, cabinet international d’étude de marché, le Marocain ne consomme que 2,5 litres de jus par an, contre 30 pour l’Algérien et 60 pour l’Européen. Dans certains pays comme l’Allemagne, il se vend 90 litres par an et par habitant. Les chiffres font ressortir le bas niveau de consommation des pays ayant un faible pouvoir d’achat: 26 l/habitant par an.

Pour certains industriels, la consommation de sucre au Maroc, parmi les premiers au niveau mondial pour cette denrée, ne doit pas être imputée à la seule industrie du jus, mais plutôt au «fait maison»: Plat marocain aux cheveux d’ange (Seffa), généreusement sucré, gâteaux, thé consommé plusieurs fois par jour… Le Maroc est d’ailleurs le premier consommateur de cette boisson.

«Si l’industrie fait l’objet d’un «acharnement fiscal», c’est surtout parce qu’elle consomme du sucre granulé compensé», souligne un opérateur. Pour régler définitivement ce dossier, il propose «de supprimer la compensation pour les industriels et la TIC par la même occasion». Seule condition: permettre l’approvisionnement à l’international ou localement si les prix sont compétitifs.

Hassan EL ARIF

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