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Economie

Enseignement supérieur: Un déficit de plus de 100.000 bourses?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5883 Le 12/11/2020 | Partager
22% des nouveaux candidats pourraient recevoir une bourse, contre 75% l’an dernier
Le ministère demande une rallonge de 250 millions de DH
Le budget en stagnation, alors que les effectifs montent

12,6 milliards de DH, c’est le budget que devrait recevoir le département de l’Enseignement supérieur pour 2021. Sur un an, il n’aura évolué que de 0,75%. Certes, l’enveloppe prévue a progressé de près de 44% par rapport à 2012, mais elle reste insuffisante, face à l’ampleur des défis à relever, et plus particulièrement à la massification enregistrée (voir illustration). Les candidats à la bourse d’études pourraient être les premiers à payer le prix de cette stagnation de budget.

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La tendance est structurelle dans le secteur, les effectifs d’étudiants augmentent beaucoup plus vite que les moyens mis en place. Entre 2012 et 2021, leur nombre a progressé de 120%, tandis que celui des enseignants n’a évolué que de 30%. Le budget, pour sa part, ne s’est bonifié que de 40%

L’an dernier, le ministère a pu satisfaire 75% des demandes des nouveaux étudiants, pour servir quelque 155.000 nouvelles bourses. Au total, en 2019-2020, plus de 396.000 bourses ont été octroyées, selon l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles (Onousc), grâce à un financement de près de 1,8 milliard de DH.

Cette année, les candidatures ont été ouvertes du 25 juin au 31 juillet. 252.000 demandes ont été reçues, selon le ministre délégué en charge de l’Enseignement supérieur, Driss Ouaouicha, qui s’exprimait mardi dernier devant la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication au Parlement.

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Côté encadrement pédagogique, la moyenne actuelle est de 63 étudiants par enseignant, contre 38 en 2012. Dans certaines facultés de droit, le ratio peut dépasser les 250 étudiants par enseignant. Naturellement, la qualité de l’enseignement offert en prend un coup

Le département souhaite rester sur le taux de satisfaction des demandes de 75%, mais pour l’instant, le budget prévu ne permet pas d’y arriver. Et pour cause. L’enveloppe n’évolue pas au même rythme que les effectifs des étudiants qui ne cessent d’augmenter. Par rapport à l’an dernier, elle a pratiquement stagné. Après avoir servi les anciens boursiers, il ne reste plus que 65 millions de DH à distribuer, selon le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, également présent à la commission.

«Ce montant ne permet d’allouer que 40.000 nouvelles bourses. Pour aller à 155.000, il faudrait 250 millions de DH supplémentaires. Nous avons besoin d’un effort du ministère des Finances», explique le ministre, qui voudrait aller encore plus loin.

«Dans les provinces en situation de vulnérabilité économique, au nombre de 16, il faudrait aller à 100% de boursiers. Nous l’avons fait à Zagoura et Tinghir, et nous devrions couvrir le reste des territoires concernés», souligne Amzazi. Cette année, le ministère vise un objectif d’environ 415.000 boursiers. Au niveau des bourses d’excellence pour les doctorants, pas de changement, elles ne bénéficieront toujours qu’à 300 candidats.

                                                                         

Toujours peu de postes budgétaires

Le manque de financement pèse également sur le recrutement des enseignants permanents, dont le nombre n’évolue que très lentement (voir illustration). A l’instar de l’année dernière, le département ne devrait avoir droit qu’à 700 nouveaux postes budgétaires et 700 postes reconvertis (avec 661 départs à la retraite en 2021). Or, pour garder les taux d’encadrement pédagogique et administratif actuels dans les universités, il faudrait environ 1.565 postes, dont 913 pour les enseignants.

La reconversion de postes initiée à partir de 2012, à travers le recrutement de fonctionnaires docteurs auprès d’autres administrations et départements, a certes permis de limiter les dégâts en matière d’encadrement pédagogique. Toutefois, sur le plan de la qualité de l’offre, l’apport est mitigé. «Ces recrutements ont causé beaucoup de tort à l’université publique. Ils ont abouti à une catastrophe!», s’écrie un enseignant-chercheur.

«Si nous pouvions nous en passer, nous l’aurions fait. Notre contrainte est budgétaire. Ces postes reconvertis ne nous coûtent pas grand-chose, contrairement aux nouvelles créations», confie Saaïd Amzazi. «Nous prenons des profils qui ont travaillé 15 ans dans une administration et nous les décrétons du jour au lendemain enseignants-chercheurs. Au début, le modèle nous a permis de récupérer des compétences, mais nous assistons à un essoufflement du système. Il faudra l’arrêter», reconnaît le ministre.  

2020-2021 devrait connaître l’ouverture de 10 établissements universitaires. De leur côté, les établissements à accès sélectif élargiront encore leur capacité d’accueil, à hauteur de 5%. Les cités universitaires, également, opéreront des extensions de leur capacité (Nador, Taza, Kénitra…). Des projets de nouvelles cités seront, en outre, initiés à Mohammadia (1.400 lits), Al Hoceïma (1.400), Fès (1.600) et Settat (408).

Par ailleurs, 13 studios d’enregistrement seront montés dans les universités, et un centre national de numérisation et d’enseignement à distance sera créé. Pour leur part, les centres de recherche devraient recevoir un financement de 200 millions de DH dans le cadre d’appels à projets R&D.

Ahlam NAZIH             

 

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