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Le Cercle des Experts

Covid-19: Comment rendre la protection intelligente

Par Pr. Nacer Chraïbi | Edition N°:5882 Le 11/11/2020 | Partager

Professeur de cardiologie et ancien chef de Service au CHU Ibn Rochd, le Dr. Nacer CHRAIBI fait partie des personnalités très écoutées au Maroc. Avec l'épidémiologiste Jaafar Heikel, et le psychiatre Driss Moussaoui, il a décortiqué pour les lecteurs de L’Economiste, les données de la Covid, voir l’Economiste du 22 septembre 2020 (Ph. Jarfi)

L'augmentation brutale des chiffres inquiète à juste titre les dirigeants et la population. Les choix sont limités: régulation des déplacements, télétravail, couvre-feu et confinement. Les médicaments sont au mieux un appoint; la vaccination se fait attendre. Aucune méthode de gestion n'a prouvé sa supériorité et son efficacité.

Les malades arrivent tard

Au Maroc, on a déjà tout essayé: confinement total, confinement partiel, couvre-feu, dépistage et traitement médical précoce. Les résultats sont variables. Aujourd'hui, la population est inquiète, en raison de l'augmentation du nombre de cas positifs et des décès.

La présentation du Pr. Hicham AFIF, directeur du CHU Ibn Rochd, donne des détails intéressants. La mortalité actuelle en réanimation concerne pour les 2/3 des sujets âgés, et particulièrement porteurs de comorbidités: obésité importante, hypertension artérielle, diabète etc. Elle est en partie liée au fait que les patients arrivent souvent tard en réanimation, en moyenne cinq jours après le début des symptômes, en raison du retard au dépistage et du retard de la réponse. Il y a bien sûr quelques sujets jeunes en réanimation, mais leur pourcentage est nettement plus faible.

Confinement, mauvaise solution

Il est admis aujourd'hui que le confinement, total ou partiel, s'il permet de diminuer le nombre de sujets contaminés, n'est pas une solution au long cours. La sortie du confinement s'est toujours accompagnée, après quelques semaines, d'une recrudescence des contaminations. Ce confinement pourrait être une solution si le virus avait une durée de vie brève, et devait disparaître pendant le confinement, faute de vecteurs. Mais l'épidémiologie a montré qu'il est simplement en attente de pouvoir recommencer. Ainsi le mode d'évolution probable est que la pandémie va évoluer par accalmies et rebonds. A côté des effets bénéfiques du confinement, il faut mettre dans la balance les méfaits: arrêt de l'économie, chômage en hausse, PIB en baisse, pauvreté accrue plus ou moins atténuée par les subventions étatiques, retentissement sanitaire sur les autres maladies, dont la prise en charge est retardée ou défaillante, retentissement psychique etc.

Le ministre de l'économie avait estimé que le Maroc perdait un milliard de dirhams par jour pendant le premier confinement. Cela a conduit à des prévisions de croissance négative de 6 points, qui ajoutée aux 3 points de croissance prévus pour 2020 est responsable d'une perte globale d'environ dix milliards de dollars.

Dans l'hypothèse où le virus reste présent pendant des mois ou même quelques années, le Maroc est-il prêt à accepter les répercussions économiques et sociales? Une telle hypothèse n'est pas soutenable.

Parallèlement, il faut augmenter la disponibilité et la gratuité du dépistage, dans des centres étatiques de quartier, de sorte que toute personne ayant un doute puisse aller facilement se faire dépister et s'isoler en cas de positivité.

C'est la raison pour laquelle il ne faut pas fermer les écoles, les universités, parce que la circulation du virus chez ces sujets jeunes a peu de conséquences morbides, et contribue à l'immunité collective. Par contre, il faut informer ces jeunes écoliers et étudiants que s'ils habitent avec des parents ou des grands-parents à risque, ils doivent respecter les gestes barrières de manière plus impérative à la maison que dans la rue.

Ainsi, en faisant appel à la responsabilité individuelle, en communiquant de manière répétée, en augmentant la disponibilité du dépistage et la rapidité de la réponse, on peut être efficace tout en limitant les impacts négatifs sur le plan économique et social.

                                                                     

La déclaration de Great Barrington
Lutter de manière soutenable

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Les Dr. Jay Bhattacharya, Dr. Sunetra Gupta and Dr. Martin Kulldorff sont les initiateurs de la déclaration : « Que nous soyons de gauche ou de droite, et quel que soit notre pays d’origine, nous avons consacré nos carrières à la protection des populations. Les politiques actuelles de confinement produisent des effets désastreux sur la santé publique à court, moyen et long terme (…) qui frappe les plus pauvres » (Ph. DR)

Mettre toutes les ressources dans la prise en charge de la covid-19 ne préjuge pas de l'avenir des patients cancéreux, cardiaques, diabétiques, dont la prise en charge est moins bien assurée, et qui meurent aussi chaque jour, autant ou plus que les patients covid.
Même si les débats médiatiques ont sérieusement décrédibilisé la parole des experts, beaucoup d'entre eux, dont des médecins de renom, ont signé récemment une pétition à laquelle j'adhère totalement (https://gbdeclaration.org/), demandant que ce soient les personnes âgées et les patients à risque qui se confinent volontairement, ne sortant que pour des raisons de stricte nécessité, en respectant les gestes barrières, et laissant la population jeune et active se déplacer et travailler.

 

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