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Régions

Fès-Meknès: Premières pistes de relance pour l’artisanat

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5879 Le 05/11/2020 | Partager
Un travail méticuleux initié par le CVER, le CRI, et la Chambre d’artisanat…pour sortir de la crise
Fonds spécial accessible aux artisans, digitalisation de la commercialisation,…

Le Comité de veille économique régional (CVER) de Fès-Meknès dévoilera incessamment les mesures pour la relance de l’activité. Des 800 recommandations présentées lors de la réunion du 21 septembre 2020 (cf ; www.leconomiste.com), seules une centaine seront retenues pour acter une sortie de crise.

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L’artisanat fait partie des secteurs sinistrés par la crise Covid-19. Outre la perte de 1,6 milliard de DH de CA, la pandémie a engendré l’arrêt de la formation pratique au niveau de 6 centres et espaces de formations dans ce domaine…Les artisans réclament désormais des actions concrètes pour la relance de leurs activités (Ph YSA)

«Notre plan de reprise n’épargnera aucun secteur, y compris les plus vulnérables et les plus touchés, dont notamment celui de l’artisanat», indique Yassine Tazi, directeur général du Centre régional d’investissement (CRI). Même son de cloche auprès d’Essaïd Zniber et Abdelmalek Bouteyine, respectivement le wali de la région et le président de la Chambre d’artisanat de Fès-Meknès qui espèrent «une relance imminente».

Pour le deuxième, «les artisans ont besoin de «petits» fonds pour redémarrer leurs activités…ils n’ont toutefois pas de garanties à présenter aux banques». Décryptage.

■ Les artisans agonisent à cause de la crise Covid-19
S’il y a un secteur, à Fès, qui a été frappé de plein fouet par la crise Covid-19, c’est bien celui de l’artisanat. Pour rappel, la région compte plus de 120.000 artisans. Lesquels sont, en majorité, dans une situation précaire. Celle-ci est due à la non éligibilité des adhérents des coopératives en arrêt aux indemnités du fonds Covid-19, la vulnérabilité des mono-artisans, et la mévente rapportée au confinement et l’arrêt de l’activité touristique. «Aujourd’hui, nous vivons dans des conditions indécentes. La majorité dont nous n’ont plus de quoi nourrir leur famille», déplore-t-on. Et d’ajouter: «à cause de la suspension de nos activités durant le confinement, nos produits sont démodés et notre matière première s’est détériorée». Outre la péremption des stocks de matières premières et des produits artisanaux, les difficultés rencontrées en termes de mobilité pour s’approvisionner en matière première, la suspension des opérations d’importation de matière première ainsi que la suspension des opérations d’export des produits artisanaux, sont vivement dénoncées.  

■ Trouver des solutions pour une activité totalement à l’arrêt
Lors du confinement, le taux d’arrêt de production des coopératives d’artisanat a atteint 100%. Il en est de même pour la commercialisation des produits des coopératives. Au final, les 1.297 coopératives que compte la région redoutent une asphyxie. A noter que 89% de ces coopératives opèrent dans les secteurs de l’agriculture et de l’artisanat. Pour les sauver, le CVER recommande de développer des réseaux entre les coopératives ayant des activités complémentaires et les structurer en GIE, les accompagner dans le processus de soumission aux marchés publics, et pousser les adhérents des coopératives à l’utilisation des services de e-commerce (vente en ligne, marketing digital, etc.). Mettre en place une offre packagée d’accompagnement et de formation dédiée aux adhérents des coopératives (ODCO, ADS, Banques) et concrétiser la convention de partenariat pour la mise en place du projet DIRES «Développement des Initiatives Régionales de l’Entrepreneuriat Social», pour apporter l’appui financier l’accompagnement aux porteurs de projets, pour la création et le développement des entreprises sociales, ne sont pas en reste.

■ Un observatoire de l’économie sociale et solidaire
Les ateliers tenus avec les artisans dans le cadre du CVER se sont soldés par des propositions concrètes. Parmi celles-ci figurent l’instauration d’un observatoire régional de l’économie sociale et solidaire, et la mise en place d’un fonds spécial/produit financier accessible pour financer les premiers achats et répondre aux premières commandes. En outre, une exonération des droits de bail des locataires des locaux des Habous consacrés au commerce, aux métiers de l’artisanat, aux services et à l’habitation, pendant la période du confinement, et ce jusqu’à fin 2020, serait d’un grand apport. Idem pour la mise en place d’un produit bancaire «Relance» tenant compte du fait que les petits artisans ne sont en majorité pas inscrits au registre des patentes et n’effectuent pas de déclarations annuelles des impôts, ainsi qu’un crédit à taux zéro pouvant atteindre un montant de 15.000 DH. «Ce crédit sera remboursable sur une période pouvant aller à 3 ans avec un délai de grâce d'un an (à condition de disposer de 4 déclarations après la création de l’activité)», souligne-t-on. Par ailleurs, il faudra assister les coopératives opérant dans la couture pour l’obtention de la certification Imanor pour la fabrication de bavettes et l’exonération des frais de laboratoire.
 Enfin; les artisans devraient décrocher une part de la commande publique notamment pour le secteur du BTP. «Et ce, à travers l’introduction de l’artisanat marocain (zellidje, bois…) dans les chantiers de construction des lotissements», propose le président de la Chambre d’artisanat.

Dégâts du Covid

Les dégâts de la crise Covid-19 sont énormes. En effet, les artisans déplorent l’arrêt complet de leurs activités et la fermeture des espaces de production et de commercialisation pour la plupart des acteurs (mono artisans, coopératives, TPE & PME), soit l’arrêt complet impactant plus de 79.000 artisans d’art et de production au niveau de la ville de Fès y compris 36.000 artisans au niveau de l’ancienne Médina. Ce qui a engendré une chute des exportations artisanales de l’ordre de 68% pendant les mois d’avril et mai 2020 en comparaison avec les mois d’avril et mai 2019. En chiffres, les artisans regrettent une perte considérable estimée à 1,675 milliard de DH.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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