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Reportage

Pénitencier d’El Ader Un patrimoine pas comme les autres

Par Amin RBOUB | Edition N°:5878 Le 04/11/2020 | Partager
Le site PUMA est mitoyen d’un haut lieu de l’histoire carcérale
Une stèle et des sépultures de 20 martyrs exécutés sur place
Des vestiges portugais résistent encore au temps

Pour la petite histoire... Le pénitencier d’El Ader est l’une des plus grandes prisons agricoles qui ont marqué l’histoire carcérale du Maroc depuis le début du siècle dernier. Un site centenaire qui fait partie du patrimoine carcéral hérité de la période coloniale.

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Tombes et stèles de martyrs exécutés à proximité de la prison El Ader. Le pénitencier sera transféré dès février prochain dans une localité rurale. Une bonne partie de ce patrimoine sera préservée pour des visites (Ph. Bziouat)

Construite en 1919, ce bagne imposant s’étend sur 1.550 hectares au milieu de l’une des plus vastes réserves forestières d’Eucalyptus de la région des Doukkala (à mi-chemin entre Azemmour et El Jadida). Ce site redoutable avait accueilli, le siècle dernier, des milliers de forçats, condamnés généralement à des peines lourdes (20 à 30 ans) parfois à perpétuité.

Pour canaliser leur violence, les bagnards étaient aussi condamnés aux travaux forcés dans les champs agricoles, le labeur, la cueillette, les travaux de voiries et le bâtiment afin de payer leur dette envers la société. Le bagne d’El Ader était propice à l’isolement car l’on y éloignait, les grands criminels des campagnes et des villes, des populations, pour éviter les évasions et les visites.

L’histoire du pénitencier El Ader est surtout liée à des événements douloureux.  Cette prison agricole unique en son genre était aussi le lieu d’incarcération d’un nombre important de résistants qui y ont purgé la peine capitale. Parmi eux, une vingtaine ont été fusillés et enterrés sur place.

Une stèle à la mémoire de ces martyrs est encore sur place devant leurs tombes. Parmi les 20 résistants exécutés, il y a une célèbre figure qui a marqué la Résistance marocaine: Houmane El Fetouaki, de son vrai nom Mohammed Ben Brik Ben Brahim qui a été exécuté le 9 avril 1955. Pour l’anecdote, au moment de son exécution, Houmane El Fetouaki avait refusé que les tirailleurs lui bandent les yeux. Il a préféré affronter avec bravoure la mort! Autres noms, autres martyrs exécutés à El Ader: Driss Lahrizi, Abdellah Ben Abdelkader, Moulay Ali...

Chaque année, une cérémonie commémorative se tient devant cette stèle et les sépultures des martyrs, par le Haut Commissariat aux Résistants et anciens membres de l’Armée de libération, pour rendre hommage à ces hommes qui incarnent l’esprit de la Résistance. 

Aujourd’hui, ce site sera en partie rasé et transféré à la commune rurale d’Ouled Rahmoune (relevant de la province d’El Jadida). Mais pour préserver la mémoire de ce site «historique», la société d’aménagement du pôle urbain de Mazagan (SADM) a mené des travaux de réfection du cimetière, la réhabilitation de la place d’exécution où les martyrs ont été ligotés pour la fusillade, les tombes des résistants et familles du personnel pénitencier, la stèle commémorative ainsi que le portail et la muraille de clôture ceinturant l’enceinte d’une prison pas comme les autres! Toute cette partie est nichée dans une coulée verte aménagée avec des bancs en bois, des arbustes de différentes espèces, de la pierre taillée...

«Pour nous, ces initiatives interviennent dans l’esprit d’un travail de mémoire qui est d’une extrême importance. Derrière, il y a une forte charge symbolique afin de préserver les repères identitaires de ce site hors du commun», confie Karim Laghmich, DG de la SADM. L’enjeu est d’en faire un parc d’attractions et un site de recueillement et de mémoire qui vient enrichir le patrimoine culturel de la ville d’El Jadida.

                                                                        

Vestiges

Autre temps fort de ce site, quelques vestiges datant en majorité de la période de l’occupation portugaise en 1502. Parmi ce précieux legs, le premier phare de signalisation maritime d’El Jadida (plus connu par Sidi Mesbah), qui est encore fonctionnel 5 siècles plus tard! Situé sur le cap d’El Haouzia, ce patrimoine représente un repère historique, esthétique et architectural ainsi qu’une balise pour les navires grâce à son système de réflexion de la lumière. C’est un haut lieu chargé d’histoire qui se décline en une tour carrée avec galerie et petite lanterne. Haut de 18 mètres de haut, le phare est peint en blanc immaculé. Quant à la galerie et la lanterne, elles sont de couleur verte. Ce repère émet à une hauteur focale de 50 m. Non loin, des tunnels remontant au sultan My Abdallah, qui servaient de passage discret de ravitaillement, d’armes et de munitions en période de guerre. Autres vestiges, Ribat Al Moujahidine (lieu de rassemblement des combattants) dont une partie des remparts résistent encore au temps. Erigé par le sultan alaouite Sidi Mohamed Ben Abdellah (1755-1790), le site faisait office  de base avancée. Ce qui permettait de mener des offensives contre les portugais installés à Azemmour et à Mazagan. Après le départ des Portugais de la région, le site est devenu un  haut  lieu de culture et de pèlerinage. «Nous avons mis en place des projecteurs pour éclairer ce site. Nous prévoyons de faire un travail didactique avec la Délégation de la Culture pour raconter ces histoires qui remontent à 1760, le Sultan Moulay Abdellah, les Portugais...», tient à préciser l’aménageur-développeur de la ville nouvelle PUMA.

A.R

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