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Entreprises

Projet de loi de finances: Le manque d’audace!

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5874 Le 28/10/2020 | Partager
«Le texte ne répond pas suffisamment aux enjeux de la relance»
Le financement de la solidarité nécessite un élargissement de l’assiette
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Chakib Alj, président de la CGEM: «La CGEM recommande d’instaurer une TIC sur des produits finis de consommation ciblés, qui alimentera des fonds dédiés soit à l’amélioration de la compétitivité, à la sécurité sociale ou alors à la protection de l’environnement» (Ph. Jarfi)

Chakib Alj, président de la CGEM, salue le niveau de l’investissement public et reconnaît que le projet de loi de finances est élaboré dans un contexte difficile. Il affirme néanmoins que les mesures proposées par le gouvernement  ne répondent  pas aux enjeux de la relance.  A quelques exceptions, les principales recommandations de la CGEM n’ont pas été retenues. Le match n’est pas fini et peut-être qu’un rattrapage s’effectuera au Parlement.   

- L’Economiste: Le projet de loi de finances en discussion au Parlement répond-il aux demandes et urgences du monde des affaires?
- Chakib Alj:
L’élaboration du projet de loi de finances 2021 a été sans aucun doute un exercice difficile dans un contexte marqué par une crise sans précédent ayant impacté également les ressources de l’État. Toutefois, un soutien fort et continu de ce dernier, dans le cadre de ce projet de loi de finances, est majeur pour la relance de notre économie.  Nous saluons les mécanismes de déploiement du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Nous considérons néanmoins que ce PLF ne répond pas suffisamment aux enjeux de la relance souhaitée pour notre économie extrêmement fragilisée par la crise induite par le Covid-19. Il reste en effet faible en mesures concrètes à même d’instaurer les bases d’une économie plus résiliente à l’impact de la pandémie, de préserver l’emploi et de créer de nouveaux emplois, de redonner visibilité et confiance aux chefs d’entreprise, TPE-PME notamment, et de combattre l’informel.

- Etes-vous satisfait du niveau d’engagement pris sur l’investissement public?
- La CGEM a insisté pour que la commande publique reste au même niveau que début 2020. Ce PLF prévoit la mise en œuvre du principe de préférence nationale avec le maintien de la commande publique à 230 milliards de DH hors Fonds Mohammed VI pour l’investissement (198 milliards de DH au premier trimestre 2020) et nous ne pouvons que nous en réjouir. Il s’agit d’un signal positif fort aux entreprises pour qu’elles puissent développer leurs investissements.

- Le projet de loi de finances prévoit la hausse des droits d’importation de plusieurs produits. Cela est-il suffisant pour protéger le marché intérieur et relancer la machine de production?
- Le projet de loi de finances 2021 intègre la hausse des droits de douane sur les intrants qui, selon nous, ne peut qu’alourdir le coût de production. L’imposition des matières premières servant à la production et l’exonération des produits finis importés impacteront fortement la compétitivité des entreprises nationales.
En effet, la récente évolution du cadre douanier (hausse des droits d’importation de 25% à 30% depuis le 1er janvier 2020 puis de 30% à 40% depuis le 27 juillet 2020) a fortement déstabilisé le modèle économique de certains secteurs, qui se trouvent contraints de répercuter cette hausse sur les prix de vente.
Le pouvoir d’achat des Marocains, déjà mis à mal par la crise, se retrouve davantage affaibli et, à l’inverse, les produits issus d’activités informelles deviennent plus attractifs. À ce titre, la CGEM recommande d’instaurer une taxe intérieure de consommation (TIC) sur des produits finis de consommation ciblés, qui alimentera des fonds dédiés soit à l’amélioration de la compétitivité, à la sécurité sociale ou alors à la protection de l’environnement.

- Les entreprises et leurs salariés sont-ils prêts à supporter la contribution de solidarité prévue dans le projet de loi?
- La CGEM comprend l’effort demandé aux entreprises pour contribuer à la solidarité nationale à titre exceptionnel du fait de la crise sanitaire. Cependant, si le mode de financement proposé - à savoir une ponction sur les résultats et sur les revenus - est maintenu au-delà de l’année 2021, cela ne fera qu’accentuer de manière significative l’écart existant entre les entreprises citoyennes et celles opérant dans l’informel, et par la même occasion, accentuer le sentiment d’iniquité fiscale.
Nous estimons donc que le financement de la solidarité ne peut se faire que par un élargissement de l’assiette et par d’autres mécanismes novateurs, notamment des contributions frappant l’acte de consommer.

- Les restrictions sanitaires continuent de retarder le retour à la normale de l’activité économique. Cette situation ne préoccupe-t-elle pas la CGEM?   
- L’activité économique a repris, certes partiellement pour certains secteurs, et nous remarquons que les entreprises sont fortement engagées pour concilier les contraintes sanitaires et la poursuite de l’activité.
En effet, la crise perdure et nous n’avons pas d’autres choix que de vivre avec le virus et l’incertitude qui en découle. Notre manière de faire doit aussi s’inscrire dans cet esprit parce que, reconnaissons-le, il n’y a pas que le virus qui tue. Le sanitaire est très important mais le socioéconomique l’est tout autant. À cet effet, il est primordial de veiller au strict respect des règles d’hygiène et de distanciation sur les lieux de travail et au niveau des transports du personnel, de favoriser le télétravail lorsque cela est possible, mais aussi de mettre en place un protocole clair en cas de détection d’un cas positif en entreprise.
Les autorités ont aussi un grand rôle de contrôle à opérer, notamment dans les espaces publics et au niveau des transports collectifs.

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

                                                                 

Les banques jouent le jeu

«Selon les remontées de nos entreprises membres, les dossiers sont actuellement traités de manière fluide et nous tenons à saluer les efforts consentis par les banques dans ce sens», indique Chaib Alj. Les banques et la Caisse centrale de garantie (CCG) ont octroyé, dans le cadre de Damane Oxygène, un montant total de 18 milliards de DH à plus de 50.000 entreprises et ce, malgré les difficultés qui ont été constatées au début du déploiement effectif de ce produit. Celles-ci sont liées notamment à un manque d’harmonisation des procédures et des critères d’éligibilité fixés par les banques, explique le président.
Damane Relance a, quant à lui, bénéficié à 23.000 entreprises pour un montant total d’engagement de 27 milliards de DH. «Nous sommes aussi satisfaits de l’assouplissement des conditions d’utilisation de ce produit bancaire à travers son élargissement aux entreprises ayant distribué des dividendes avant le déclenchement de la crise, décaissé avant le 15 mars 2020 et aux opérateurs industriels dont le ratio «Dettes bancaires/EBE» est supérieur à 7 et qui sont viables»

 

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