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Economie

Se reconstruire en contexte Covid: Paroles d’économistes - Entretien avec le Pr. M’hamed Sagou

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5873 Le 27/10/2020 | Partager
Les entreprises en difficulté avant la crise Covid seront difficiles à sauver
Outre les prêts garantis par l’Etat, il faudrait activer aussi le levier fiscal
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Bio express:  Ancien ministre des Finances (1993-1994) et ancien directeur du cabinet du ministre des Finances (1986-1993), M’hamed Sagou a également été président du Comité de développement de la Banque mondiale et du FMI (Washington,1994) et professeur des sciences économiques à l’Université Hassan II.
Il a présidé pendant plusieurs années la Commission des zones franches qui a élaboré la loi actuelle sur les zones franches (1989-1994). De retour au privé, M’hamed Sagou a fondé les sociétés de Bourse (M.S.IN), de gestion des OPCVM (MAROGEST), du Conseil (SAGFI) et cofondé ZAINA I.O, Startup (Conseil et accompagnement pour le financement des PME et TPME).

Fournir des clefs de décryptage pour tenter de comprendre une conjoncture inédite, suggérer des pistes de relance… L’Economiste, depuis le 1er octobre, propose à ses lecteurs une série d’entretiens avec des économistes et personnalités de premier plan. Après Driss Benhima, Abdellatif Maâzouz, Jesko Hentschel, Fouzi Mourji, Ahmed Azirar et Tarik El Malki, le professeur M’hamed Sagou pour cette édition

- L’Economiste: Comment faire face au tsunami des faillites d’entreprises?

- M’hamed Sagou: La crise actuelle est effectivement de nature à fragiliser très gravement les entreprises, et le tsunami des faillites n’est pas à écarter. Pour l’instant, le levier qui a été actionné par les pouvoirs publics est celui d’assurer aux entreprises qui traversent cette crise des prêts garantis par l’Etat via la Caisse centrale de garantie. Je pense que cela pourrait déjà sauver plusieurs milliers d’entreprises. Mais il faut quand même ajouter que les entreprises déjà en difficulté avant la crise Covid et qui risquaient de tomber en faillite seront difficiles à sauver. Et c’est là le rôle des banques qui sont en contact direct avec les entreprises afin de cibler celles dont il faut venir au secours par des prêts garantis étant donné que le Covid a été l’élément principal déclencheur de leurs difficultés. Enfin, à côté de ces prêts garantis, l’autre levier actionné, et à renforcer, est le levier fiscal. A court terme, il est nécessaire de permettre aux entreprises de passer cette crise en allégeant, ou en reportant, en tout cas en étalant leurs obligations fiscales.
             
- La crise économique pourrait-elle se transformer en une crise bancaire?
- Qu’est-ce que vous entendez par crise bancaire? Je suppose que vous entendez par là que cette crise peut avoir deux aspects, un aspect relatif à l’exploitation des banques et à leur profitabilité, et un aspect relatif à leur liquidité. Côté exploitation, les difficultés que les banques vont rencontrer avec cette crise économique porteront surtout sur le coût du risque qui va augmenter! Mais il faut vite relativiser ce risque car les financements accordés par les banques et garantis par l’Etat via la Caisse centrale de garantie sont de nature à réduire leur coût du risque. Par ailleurs, les prêts bancaires continuent, et donc leurs marges d’intérêts, ce qui leur permet de supporter un supplément du coût du risque, et de provisionnement. Donc, côté exploitation, la crise économique n’aura pas d’impact sur les banques. Maintenant, côté liquidité, la politique monétaire de la banque centrale est très active et s’adapte aux besoins du marché et des banques. A cet aspect favorable, il faut ajouter que la réserve de change, qui est un facteur exogène de liquidité, se porte bien durant cette période de crise.
Au total, la crise économique actuelle ne peut pas se transformer en une crise bancaire.

- Jusqu’où le gouvernement pourrait-il activer le levier de la dette pour faire face aux impacts économiques et sociaux de la crise?
- Il faut comprendre que pour les économies comme la nôtre, en développement, le seul levier financier, que nous avons pour faire face à cette crise, est celui de la dette. Directement par les financements (ou leur garantie), et indirectement par le déficit budgétaire, c’est la dette qui est concernée.
Il reste maintenant à savoir, comme vous dites, jusqu’où peut-on actionner ce levier? Il faut actionner le levier de la dette tant qu’elle est soutenable, c’est-à-dire tant que notre macroéconomie peut faire face. Et notre macroéconomie, c’est notre balance commerciale, notre balance des paiements, notre budget, notre réserve de change, notre système bancaire et financier, etc. Tant que ces facteurs, à court et moyen terme, c’est-à-dire en dynamique, restent dans les limites raisonnables, nous pouvons actionner le levier de la dette. Qu’il s’agisse d’ailleurs de la dette intérieure ou extérieure.
Pour ma part, je penche davantage pour la dette extérieure, car la macroéconomie marocaine est encore bien notée à l’international, et la dette extérieure améliore notre réserve de change et la liquidité de notre économie. Reste bien entendu à voir ce que nous faisons avec cette dette. Et la soutenabilité dont j’ai parlé au début de peut être remise en cause par l’usage prévu de la dette, avant même qu’elle ne soit contractée.
      
- Quels sont les gagnants et les perdants de la crise et quelles transformations majeures entrevoyez-vous au sein de l’économie?
- La crise économique actuelle est effectivement porteuse de grandes transformations au sein des économies. Il ne faudrait peut-être pas voir cela en termes de gagnants et de perdants, car les structures économiques et sociales de l’avant-Covid étaient déjà structurellement soit en net progrès pour certaines, soit en perte de vitesse pour d’autres.
La crise actuelle n’a fait qu’accélérer ce mouvement de fonds. Les secteurs économiques à faible valeur ajoutée, comme l’ensemble des secteurs primaires, sont appelés à faire évoluer leurs processus d’organisation et de travail afin de produire plus de valeur par l’introduction de capital et de services de nature à accroître leur productivité. Quant aux secteurs secondaires et de services, ils sont porteurs de gros potentiels mais à condition de mieux optimiser leur combinaison de capital et de travail, et par là, accroître leur productivité globale.
Et cela m’amène à un autre mouvement de fonds, autre que celui des secteurs, c’est celui des structures qui composent la population active de notre pays, et ce en termes de formation et de connaissances. L’industrie de demain n’est plus seulement physique, mais de plus en plus à fort contenu d’éducation, de formation et de connaissances.

- Le Maroc dispose-t-il des atouts pour une relance économique rapide?
- Votre question laisse penser que la relance économique rapide qui découlera des atouts dont dispose le Maroc fera plus que nos capacités économiques et sociales actuelles!
Il faut se rendre à l’évidence que le Maroc dispose certes des atouts pour une relance économique rapide, mais en tout état de cause, notre relance économique est, malgré tout, limitée. Je m’explique. Jusqu’à aujourd’hui, notre croissance économique, tant sur le plan structurel que conjoncturel est autour de 3 à 4%. Il s’agit là de notre croissance réelle. Mais qu’en est-il de notre croissance potentielle, à savoir celle que nous pouvons atteindre si notre population active est presque entièrement employée, avec un certain niveau de productivité, c’est-à-dire de capital, et donc d’investissement? Malheureusement, dans l’état actuel de nos structures économiques et sociales, notre croissance potentielle ne sera pas trop éloignée de la croissance réelle constatée, parce que nos marges de manœuvre en termes de stock de capital et d’investissement, notamment privé, et en termes d’emplois, sont limitées.

- Quels leviers à déployer, en priorité, pour activer la demande?
- Par demande je suppose que vous pensez à la demande globale, venant aussi bien des entreprises que des ménages? Les leviers sont connus, nous les avons soulevés plus haut concernant les prêts aux entreprises, et cela permet effectivement de soutenir leur demande, la fiscalité aussi d’ailleurs.
Quant aux ménages, là aussi, j’ai salué les fonds distribués aux particuliers travaillant dans l’informel, ainsi qu’aux autres. Ce sont là des mesures prioritaires car elles permettent à ces populations de subvenir aux besoins de leurs familles à court terme.
La question reste de savoir la durée de ces soutiens en fonction de la durée de la crise. Je pense qu’il est vital de continuer cet effort, malgré le coût budgétaire étant donné l’enjeu, presque de survie, de ces populations. Je dirais même qu’il ne s’agit pas là d’une dépense de fonctionnement mais d’investissement. Il faut sauver ce capital humain! C’est même le sens de la crise!

- Le débat sur le nouveau modèle économique se poursuit. Quels sont, selon vous, les choix prioritaires à mettre en œuvre?
- Comme je vous l’ai dit précédemment, la crise économique actuelle est de nature à accélérer, en les adaptant, les évolutions profondes de nos structures économiques et sociales, à tout point de vue. Et je pense que le débat sur le nouveau modèle économique en cours va aussi prendre en compte les éléments caractéristiques de la crise.
Cela dit, les choix prioritaires à mettre en œuvre sont ceux qui se rapportent à nos besoins en termes économiques et sociaux. A commencer par l’emploi et la formation, car un modèle économique est avant tout nécessaire pour satisfaire les besoins vitaux de la population, et ces besoins ne sont satisfaits que s’il y a valeur ajoutée, et donc emploi, mais celui-ci dépend de plus en plus de l’éducation et de la formation.
Chaque pays a ses priorités, mais celles d’un pays comme le Maroc me semblent être des choix adaptés à la question de création de valeur. On ne peut créer des conditions de vie dignes, sur les plans de la santé, l’éducation, la formation, la culture, etc., si on ne produit pas la richesse nécessaire par cela. Et pour produire cette richesse, il faut trouver les voies et moyens d’y parvenir. Et je le redis, les choix prioritaires sont ceux qui nous permettent d'accroître la richesse de notre pays en termes de croissance et du développement. Nous sommes un pays à revenu intermédiaire selon le classement de la Banque mondiale, mais au niveau bas de l’échelle. Notre objectif doit être de relever ce niveau, et faire en sorte que notre croissance économique nous permette de générer suffisamment de capital et d’emplois, et donc de productivité.

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

                                                                                

Accélérer les cités des métiers

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La préservation des emplois et la création de nouveaux postes restent deux grands défis auxquels le Maroc sera confronté dans le cadre de la reprise économique post-Covid. Quelles sont les pistes à privilégier? «Le problème de l’emploi dans notre pays n’est pas nouveau, et ne date pas de la crise du Covid. Certes, cette crise l’a aggravé, mais il subsistait déjà. Le problème de l’emploi au Maroc me paraît lié à deux facteurs essentiels: le premier est celui de la croissance économique du pays, structurellement faible, et j’ai eu, à plusieurs reprises, l’occasion d’y insister. Le deuxième est celui de la formation qui n’est pas adaptée aux besoins du marché», explique M’hamed Sagou, ancien ministre des Finances. Et d’ajouter: «Pour ce qui est des jeunes particulièrement, les mesures d’urgence sont celles qui consistent à favoriser leur emploi, à qualification donnée, par les moyens d’incitation des entreprises à les recruter en réduisant leurs charges». Une mesure a d’ailleurs été prévue par le projet de loi de finances 2021 dans ce sens.
«A court terme, il me paraît difficile de faire autre chose. En somme, il faut activer et bien développer les mesures qui existent déjà. Prenez par exemple l’initiative Intelaka, excellente mesure pour l’entrepreneuriat des jeunes, et qui, maintenant, semble marquer le pas à cause du Covid!» confie l’ancien ministre. A moyen terme, il faudra accélérer le fonctionnement des cités des métiers et de formation qui ont été programmés dans les différentes régions du Royaume. «Nous sommes à la porte de l’Europe qui va connaître des bouleversements considérables suite au Covid, et dans tous les domaines professionnels et des métiers. Le Maroc devrait s’adapter d’urgence à saisir les opportunités de développement dans ces métiers en complémentarité avec les économies européennes. Je pense particulièrement aux métiers industriels et de services à forte consommation de main-d’œuvre de formation moyenne et dans lesquels le Maroc, grâce à ces cités des métiers, peut être très rapidement opérationnel», recommande M’hamed Sagou.

 

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