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Economie

Le Tourisme au Club de L’Economiste: Un concentré de pistes de relance

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5872 Le 26/10/2020 | Partager
Promouvoir le tourisme interne, ouvrir l’aérien et lancer des plans de com…
Le retour des touristes s’amorce timidement
La part du tourisme interne devrait être portée à 50% du marché
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«Tant que l’on n’a pas repris au moins 50% du trafic aérien historique, nous serons toujours dans une situation de difficulté», soutient Hamid Bentahar, président du CRT, Marrakech Safi et PDG d’Accor Gestion Maroc (Ph. Jarfi)

«Le chemin de la relance passe inéluctablement par la levée des restrictions sur la mobilité et l’aérien». Ce constat fait l’unanimité auprès des professionnels du tourisme.

La recette est simple: libérer le tourisme interne, ouvrir l’aérien et lancer des plans de communication massive. Dans un contexte de reprise des vols à l’international dans plusieurs pays (comme c’est le cas pour la Chine, les Etats-Unis, l’Europe…), il y a un potentiel important à exploiter. Mais «tant que l’on n’a pas repris au moins 50% du trafic aérien historique, le secteur sera toujours en situation de difficulté», soutient Hamid Bentahar, président du CRT, Marrakech Safi et PDG d’Accor Gestion Maroc.

De l’avis de Bentahar, il va falloir injecter rapidement des moyens pour pouvoir recueillir des bénéfices plus tard. En ces temps d’incertitudes, le défi est de pouvoir gérer parallèlement le risque sanitaire et la relance économique. «Chaque pays, voire chaque région le gère différemment, car les situations ne sont pas les mêmes», explique-t-il.

Pour l’heure, les établissements hôteliers sont parmi les endroits les plus sûrs, insiste Bentahar. Et pour cause, des mesures sanitaires strictes y sont appliquées rigoureusement (traçabilité grâce aux fiches clients, prise de température…).

Le contrôle et les restrictions sur la mobilité ont déjà fait perdre toute une saison: les vacances d’été, la Toussaint, même les fêtes de Noël et le réveillon sont compromis. «Le Maroc doit s’ouvrir, après les marchés émetteurs répondent ou pas, c’est un autre sujet», renchérit pour sa part Jalil Benabbes Taarji, président de l’Association nationale des investisseurs touristiques (ANIT).

Il va sans dire, les prémices d’une reprise sont déjà là. «La demande est en train de revenir et la relance a déjà commencé malgré les restrictions», affirme Bentahar. Si les groupes ne reprendront pas tout de suite et si certains segments ne peuvent se déplacer (comme les seniors), des clients individuels recommencent à voyager un peu partout dans le monde.

«Pourquoi ne pas ouvrir les frontières tout en gardant des règles sanitaires assez strictes», s’interroge Bentahar, qui propose de recourir à un test aléatoire d’un passager sur 7 à l’arrivée.

                                                                    

Sauver les meubles…

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Pour sauver les meubles, le tourisme interne est également une bonne alternative. D’autant plus qu’il constitue le tiers de la demande (31%). Mais encore faut-il lever les restrictions à la mobilité. «Cela ne sert à rien de faire de la promotion sans faciliter la mobilité, en levant les restrictions sur les déplacements», poursuit le président du CRT Marrakech-Safi. Une tentative dans ce sens a été amorcée l’été dernier, mais le retour des restrictions après l’Aïd a anéanti tous les efforts entrepris. Les initiatives lancées par les différents CRT avec l’accompagnement de l’ONMT n’ont malheureusement pas donné leurs fruits. La part du tourisme interne, qui ne dépasse pas les 35% du marché, devrait être portée à 50%. Pour y arriver, il faudra développer davantage l’offre balnéaire. «Il faudra également rattraper le retard pris en matière de stratégie balnéaire, car nous n’avons malheureusement pas d’offres dédiées aux familles de 2 ou 3 enfants», déplore Taârji. En somme, les fondamentaux sont là, mais le potentiel est largement sous-exploité. Les 5 dernières années étaient plutôt bonnes en terme de croissance (avec à peu près 1 million de touristes par an), mais l’urgence aujourd’hui est de «passer cette période de turbulences avec le moins de dégâts sur l’investissement», conclut Bentahar
Sur l’hôtellerie, près de 90% de l’offre marocaine est dans la catégorie dite «price driven destination». Autrement dit: une destination où le prix joue un rôle primordial. «Nous sommes déjà sur un marché ultra concurrentiel, dans lequel les marges sont limitées et la pression est permanente », déplore Hamid Bentahar. Selon lui, les prix moyens sont aujourd’hui 20, 30 à 40% inférieurs comparés à ceux d’une conjoncture normale.

Aziza EL AFFAS

 

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