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Economie

Finances publiques: Le lobbying pour le budget 2021 a démarré

Par Franck FAGNON | Edition N°:5843 Le 15/09/2020 | Partager
En jeu, assurer le rebond rapide de l’économie post-Covid-19
Le gouvernement doit momentanément déroger à l’orthodoxie budgétaire, presse le patronat
A fin août, le déficit budgétaire s’élève à 46,5 milliards de DH

Les discussions entre le gouvernement et le patronat sur le projet de loi de finances 2021 promettent d’être tendues, le tout sur fond de relance de l’économie post-Covid-19. «Il faut que l’Etat rompe avec l’orthodoxie budgétaire classique puisque la conjoncture est exceptionnelle», estime Abdelmajid Faiz, vice-président de la Commission fiscalité et douane.

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La dégradation de l’environnement économique affecte fortement les recettes fiscales qui ont baissé de 8,3% à 127 milliards de DH

Le ton a été donné lors de la rentrée économique de la CGEM le 9 septembre dernier. Le patronat mise tous ses espoirs sur le budget 2021, la loi de finances rectificative 2020 n’ayant pas, selon de nombreux observateurs, apporté de réponses fortes pour contrecarrer les effets de la crise et préparer une reprise rapide.

«Aucun signe d’une véritable relance de l’économie ne transparaît au travers du texte et aucune orientation de politique budgétaire ne présage d’un relèvement substantiel des activités», critique le Centre marocain de conjoncture. Dans nombre d’Etats, les règles de prudence budgétaire en matière de déficit et d’endettement ont été ponctuellement abandonnées face à l’urgence sociale et la préservation de l’emploi. Les réponses apportées par le gouvernement lors des premières semaines de la crise ont permis d’atténuer les effets.

Aujourd’hui, il s’agit d’avoir la même réactivité pour la relance de l’économie et y mettre les moyens. Ce sur quoi, il existe des divergences. Pour cette année, le gouvernement table sur un déficit budgétaire à 7,5% du PIB. A fin août, il s’élève à 46,5 milliards de DH contre 30,7 milliards de DH à la même période l’année dernière, selon le ministère des Finances. Hors excédent du fonds spécial de gestion de la pandémie, le déficit budgétaire culmine à 55,5 milliards de DH.

La dégradation de l’environnement économique affecte fortement les recettes fiscales qui ont baissé de 8,3% à 127 milliards de DH. L’impôt sur les sociétés se maintient à 28 milliards de DH. La collecte est assise sur les bénéfices 2019 et l’impact de la crise sera donc décalé d’une année.

En revanche, l’assiette de l’impôt sur le revenu est immédiatement touchée par les baisses de salaire et la hausse du chômage. L’IR a rapporté 27,7 milliards de DH sur les huit premiers mois de l’année en baisse de 1,9 milliard de DH.

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Le déficit budgétaire atteindrait 83 milliards de DH en fin d’année selon les prévisions du gouvernement en raison des dépenses exceptionnelles imposées par la crise du coronavirus et la baisse des recettes liées à la détérioration de la situation économique. A fin août, le gap se chiffre à 46,5 milliards de DH

Les recettes de la TVA, elles, ont diminué de 9,2% à 36 milliards de DH, sous l’effet du confinement et du ralentissement de la consommation des ménages. Toutefois, la collecte s’améliore depuis la sortie du confinement avec une moyenne mensuelle de 4,9 milliards de DH en juillet et août contre une moyenne de 3,8 milliards de DH sur la période avril-juin.

Au niveau des recettes non fiscales, le gouvernement a renoncé à la cession de 3 milliards de DH d’actifs en raison du contexte. En conséquence, les recettes non fiscales s’affichent en baisse de 14% à fin août. Elles intégraient 4,4 milliards de DH au titre des privatisations à la même période l’année dernière.

Au regard du contexte, les messages pour exhorter le gouvernement à maintenir les investissements se sont multipliés, des milliers d’entreprises dépendant de ces marchés. Ils semblent avoir été reçus puisque l’investissement du budget général a limité sa baisse à 4,7% à 40 milliards de DH. A fin août, le taux d’exécution ressort à 56,4%. Les dépenses ordinaires marquent une hausse de 5,8% dont une progression de 7,2% des charges de personnel.

F.Fa

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