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Economie

Une rentrée scolaire chamboulée: Des classes «à domicile» pour plus d’un million d’élèves

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5838 Le 08/09/2020 | Partager
L’enseignement à distance de rigueur dans 20 préfectures et provinces
«Cette quatorzaine vise à endiguer la propagation du Covid», explique Amzazi
C’est une décision qui n’a absolument rien d’«improvisée», renchérit le ministre de l’Education nationale
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«Je tiens à rappeler aux parents que leurs enfants ne sont pas pour autant privés de rentrée scolaire: celle-ci s’est faite ce matin (ndlr: 7 septembre) en mode distanciel, en attendant une amélioration de la situation sanitaire, qui nous permettrait de proposer à nouveau aux familles qui en ont exprimé le souhait un enseignement en présentiel», défend Saaïd Amzazi, ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement (Ph L’Economiste)

Depuis hier, lundi 7 septembre 2020, Casablanca est soumise de nouveau à un couvre-feu. Ses écoles n’ont pas rouvert et la rentrée scolaire s’est faite à distance. En cause, les chiffres préoccupants de l’épidémie qui a comptabilisé, dimanche, 2.234 nouveaux cas, dont 42% ont été enregistrés dans la région de Casablanca et plus précisément au niveau de l’agglomération de Casablanca. Ici, comme dans une vingtaine de préfectures et provinces, où certains quartiers sont considérés comme des foyers épidémiques, la rentrée scolaire est fortement perturbée. Au total, plus d’un million d’élèves sont concernés par une rentrée scolaire 2020-2021 «à domicile, à distance». Décryptage avec Saaïd Amzazi, ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement.

-L’Economiste: Il y a beaucoup de colère chez les parents pour une décision qu’ils qualifient d’«improvisée». Fallait-il attendre la veille de la rentrée pour annoncer ces mesures?
- Saaïd Amzazi:
Il nous faut admettre que face à une situation d’incertitude et face à la difficulté de prévoir l’évolution d’une crise, quelle qu’elle soit, le désarroi et l’inquiétude sont des réactions tout à fait normales et attendues. Je ne peux donc que comprendre et adhérer totalement aux appréhensions des parents concernant la santé et la scolarité de leurs enfants. Mais les faits sont là: nous traversons une situation de crise exceptionnelle et inédite, et nous vivons sous l’état d’urgence sanitaire. Nous sommes tous totalement suspendus à l’annonce des chiffres quotidiens des nouvelles contaminations, et le gouvernement en premier, puisqu’il a le devoir de réagir aussitôt à toute évolution, positive ou négative de ces chiffres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que malheureusement les chiffres de ce dimanche 6 septembre, veille de la rentrée scolaire, sont tombés en fin de journée comme un couperet: nous avons battu ce jour-là le record absolu du nombre de nouvelles contaminations depuis le début de la pandémie avec 2.234 nouveaux cas. Personne ne pouvait anticiper ces chiffres. Cette décision de fermeture de certains établissements scolaires n’a donc absolument rien d’«improvisé», et démontre bien au contraire la capacité du gouvernement à réagir à temps à toute aggravation de la situation et à prendre toutes les décisions adéquates à même de limiter la dégradation de la situation sanitaire nationale.

- La situation sanitaire de Casablanca est-elle réellement inquiétante pour reporter la rentrée scolaire en présentiel de plus d’un million d’élèves?
- Avec 948 nouveaux cas de contamination uniquement pour la région Casablanca-Settat, je pense que c’est le moins que l’on puisse dire…La fermeture sous quatorzaine des établissements scolaires de cette région est une décision qui se justifie totalement. Et même si je comprends parfaitement l’anxiété des parents face à cette nouvelle donne, je tiens à leur rappeler que leurs enfants ne sont pas pour autant privés de rentrée scolaire: celle-ci s’est faite ce matin en mode distanciel, en attendant une amélioration de la situation sanitaire, qui nous permettrait de proposer à nouveau aux familles qui en ont exprimé le souhait un enseignement en présentiel pour leurs enfants au sein de ces établissements. Dans le cas contraire, il est bien évident que ces établissements scolaires resteront fermés et l’enseignement à distance sera maintenu, sur décision concertée entre notre ministère et les ministères de la Santé et de l’Intérieur.

- Qu’en est-il des autres villes?
- Les mesures que vous citez concernent en fait 20 préfectures ou provinces, de façon globale ou partielle, soit 1 million d’élèves appartenant à des établissements publics, privés ou encore aux missions étrangères.

- Les familles qui ont opté pour un enseignement en présentiel a minima respecteront-elles les mesures sanitaires? Y a-t-il des moyens de contrôle?
- Déjà, en optant pour un enseignement présentiel pour leurs enfants, les familles s’engagent à respecter le protocole sanitaire imposé au sein des écoles, qui a été élaboré en concertation totale avec le ministère de la santé. Les établissements veilleront à ce que ce protocole soit rigoureusement respecté par tous les élèves, sans quoi leur présence à l’école ne pourra être autorisée car elle sera de nature à mettre en danger leurs camarades ainsi que le personnel enseignant et administratif de l’établissement. Nous comptons donc sur une mobilisation réelle des parents afin de sensibiliser leurs enfants et les éduquer aux gestes barrières qui les protègeront de la contamination. En outre, le ministère a mis en place des commissions régionales, provinciales et locales pour veiller au respect du protocole sanitaire au sein des établissements scolaires publics. Pour les établissements privés, ce sont des commissions impliquant les ministères de la santé, de l’intérieur et de l’emploi qui veilleront au strict respect de ce protocole sanitaire, à l’instar de ce qui est pratiqué au niveau des unités professionnelles et industrielles.

- Comment endiguer le risque de contaminations en cascade en milieu scolaire? Nos infrastructures de soins sont-elles préparées à une nouvelle vague du Covid-19?
- On ne peut pas parler de contaminations en cascade alors que nous sommes encore au premier jour de la rentrée scolaire. La majorité des études dans le monde s’accordent à dire que l’école ne semble pas représenter un milieu de propagation majeur pour autant que les gestes barrières de base y soient respectés. Les spécialistes estiment que si le virus circule en milieu scolaire, c’est simplement parce qu’il est déjà présent au sein de la société, mais les enfants s’avèrent peu menacés par ce dernier et ne sont pas des vecteurs importants de sa transmission. Toutefois, il ne faut pas se leurrer: il est bien évident que des cas sporadiques de contamination pourront apparaître ici et là au sein des différents établissements scolaires. Dans ce cas, l’application du protocole préconisé par le ministère de la santé en cas de nouvelle contamination sera aussitôt déclenché, comme cela se fait déjà au niveau de la population marocaine dans sa globalité. La nécessité de fermer momentanément les classes ou les établissements concernés par les contaminations sera évaluée au cas par cas, mais il est bien évident que l’enseignement à distance restera toujours disponible afin d’assurer une continuité pédagogique aux élèves concernés.

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

                                                              

■ Des foyers épidémiologiques
Au total, 20 préfectures et provinces sont concernées par l’enseignement à distance. Y figurent tous les établissements publics et privés et les missions de Casablanca intra-muros (8 préfectures), outre des zones fermées et classées foyers épidémiologiques au niveau national, à Kénitra, Rabat, Salé, Marrakech, Fès, Meknès, Zagora, Tanger, et Ifrane. Ainsi, un million d’élèves ont fait une rentrée à domicile, à distance. «Aujourd’hui, tout le dispositif est prêt pour pouvoir les accompagner. Nous sommes sur une quatorzaine pour ces établissements», confie Amzazi.

■ Amélioration de la situation
Pour le département de la Santé, les mesures drastiques sont en vigueur pour au moins deux semaines. Le but étant d’éviter que la situation ne dégénère. Les gestes barrières doivent être respectés. «En fonction des recommandations et décisions des autorités sanitaires, on va devoir basculer d’un quartier bouclé à un quartier normal, pour ouvrir les établissements et satisfaire les demandes des familles pour celles qui ont demandé le présentiel», souligne le ministre de l’Education Nationale. Selon lui, «les élèves ne rejoindront les classes qu’après amélioration de la situation sanitaire dans ces quartiers». Cette décision concerne également les élèves des familles qui comptent des personnes atteintes du coronavirus. En revanche, les élèves qui ne sont pas concernés par cette décision seront accueillis du 7 au 9 septembre au sein des établissements scolaires dans des groupes restreints respectant les mesures préventives.

 

 

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