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Economie

Relance post-Covid: Ne pas oublier le monde rural!

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5837 Le 07/09/2020 | Partager
Le CMC recommande d’orienter une part importante des dépenses publiques vers les campagnes
Il représente 40% de l’emploi

«L’année 2020 marquera une nette rupture par rapport aux tendances passées pour le monde rural que ce soit au plan des revenus, des niveaux de vie, de la pauvreté ou des possibilités d’inclusion».  Pour  le  Centre marocain de conjoncture (CMC), une bonne partie de la dépense publique dans le cadre des politiques de relance devrait être orientée vers le monde rural. 

Celui-ci cumule les déficits au plan des revenus, de l’emploi et du développement humain.  Dans les campagnes, les revenus par personne sont nettement inférieurs à la moyenne nationale.  Et, la  baisse de la valeur ajoutée agricole dans un contexte épidémique pèse sur les catégories défavorisées des zones rurales.

Une part importante des populations de ces zones pourrait basculer sous le seuil de pauvreté.  De quoi ralentir le processus de convergence de niveau de vie entre le milieu urbain et rural amorcé au cours des vingt dernières années.

En attendant une actualisation des données sur les revenus dans le rural, le CMC s’est focalisé sur l’emploi. Partant de la prévision d’une hausse du taux de chômage global de 5,6 points à 14,8%, le Centre estime que la campagne sera particulièrement affectée. Car le monde rural contribue en moyenne pour 40% à l’emploi total et  l’augmentation du chômage  devrait affecter particulièrement la population active rurale surtout que la sécheresse réduit les opportunités d’emploi.

Dans cet environnement, les déséquilibres imposent la mise en œuvre d’une véritable stratégie de développement permettant de valoriser le potentiel économique de la campagne. Mais aussi de relancer, à la faveur du nouveau contexte post-épidémique, le processus de convergence par rapport aux autres régions du pays.

La priorité serait d’accroître la production agricole et de promouvoir sa performance et sa diversification. Ce qui permettrait  de répondre à une demande alimentaire intérieure en croissance et aussi de valoriser le potentiel de production du secteur à travers l’exportation. Pour les économistes du CMC, la stratégie post-Covid devrait s’attaquer à l’amélioration du système de production agricole et à la recherche d’une plus grande efficacité. 

«Cette stratégie de développement rural devrait viser, à travers l’amélioration des performances du système productif dans les campagnes et l’accroissement de sa productivité, l’élargissement du bassin d’emploi, générateur de revenu, d’inclusion et de progrès social», détaillent-ils.

Une attention particulière devrait être accordée à la protection de l’environnement. Car la dégradation du milieu naturel et la fragilisation des sols peuvent représenter des contraintes majeures pour l’optimisation du potentiel agricole du pays. La  situation actuelle est marquée notamment par la surexploitation des espaces forestiers, la dégradation des terres de pâturage, l’érosion des sols, l’instabilité du climat et la progression de la désertification.

De l’avis du Centre marocain de conjoncture, la stratégie dédiée au rural devrait également  intégrer la promotion des activités para-agricoles, voire des activités en dehors de l’agriculture telles que le commerce, la petite industrie, l’artisanat et les services. De quoi répondre à la demande sociale de biens et services générée par la progression démographique ainsi que l’amélioration graduelle du niveau de vie dans les campagnes.

                                                                                       

L’enjeu de la sécurité alimentaire

LE Maroc n’arrive toujours pas à assurer son autosuffisance alimentaire. La production locale de certains produits ne couvre pas les besoins tant en ce qui concerne la consommation finale que la transformation. Selon le CMC, le déficit de production pour les principaux produits d’alimentation atteint en moyenne 35% pour les céréales, 53% pour le sucre, 65% pour les huiles alimentaires et 10% pour les produits laitiers.

Ce déficit peut même atteindre des niveaux alarmants en situation de sécheresse aiguë donnant lieu à des importations massives, notamment de blé. Les achats de blé dont la valeur globale a dépassé 9 milliards de DH en 2019 représentent près de 20% des importations de l’ensemble des produits alimentaires.

En intégrant le maïs, cette part passe  à plus de 30%.  La filière céréalière représentera à l’avenir un enjeu stratégique, indique le CMC. Les projections  estiment la demande locale de céréales dans les années à venir autour de 150 millions de quintaux par an. Or le potentiel de production varie actuellement entre 70 et 90 millions de quintaux.

L’écart de production par rapport aux besoins aura tendance à s’amplifier dans les années à venir en l’absence de programmes spécifiques.  Ceci étant, la question de la sécurité alimentaire au Maroc se pose de façon beaucoup plus globale.

Les insuffisances devraient être appréhendées  selon la démarche ciblant «les filières de production déficientes et via une stratégie transversale visant un développement intégré à la fois de l’agriculture et du monde rural», conseillent les économistes du CMC.

Khadija MASMOUDI 

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