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Economie

Retraites: Course contre la montre

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5836 Le 04/09/2020 | Partager
Le régime CMR accumule les déficits techniques
5,92 milliards de DH en 2019
L’épuisement des réserves attendu dans 7 ans!

En attendant la deuxième phase de la réforme des retraites, le régime des fonctionnaires géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR) continue d’empiler les déficits techniques. Malgré les changements paramétriques introduits, il est contraint de recourir aux réserves pour combler les déficits.

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La pension moyenne mensuelle des retraités du régime des fonctionnaires est de 7.698 DH.  Près de 46% des retraités touchent au moins 7.000 DH par mois. 

Entre 2014 et 2019, les besoins de financement pris en charge par le fonds de réserve se sont élevés à 26,63 milliards de DH. Pour l’exercice 2019, dont les comptes viennent d’être validés par le Conseil d’administration, le déficit technique a atteint 5,92 milliards de DH. Le ratio de couverture globale a perdu 3 points passant ainsi sous la barre des 63%.

En deux ans, les réserves ont fondu de plus de 4 milliards de DH, passant de 80 milliards de DH en 2017 à 75,91 milliards de DH en 2019 en valeur comptable. En valeur de marché, elles s’élèvent à 92 milliards de DH en 2019 en progression de 1,63% sur un an.

La Caisse a élargi son périmètre d’investissement en intégrant notamment les sukuks au niveau de la poche de la dette privée et en relevant l’exposition maximale de la poche immobilière de 5 à 15%. Elle a acquis 1,84% du capital de Maroc Telecom et réalisé une opération de lease-back avec l’Etat. Celle-ci a porté sur 5 CHU et des bâtiments administratifs à Rabat.

Le régime des pensions civiles se heurte à la lenteur de la réforme, notamment le regroupement de la CMR et du RCAR et la constitution d’un pôle public unique. Les différentes études actuarielles menées jusque-là ont abouti au même constat: épuisement des réserves en 2027. La dernière en date, réalisée en 2019, fait également ressortir une aggravation des déficits techniques pour atteindre 19 milliards de DH en 2027!

Le régulateur des assurances et la Cour des comptes ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur la situation des régimes de retraite. « J’insiste à nouveau sur l’urgence qui s’attache à une intervention décisive pour accélérer le rythme de la réforme en vue d’éviter l’épuisement des réserves et son impact négatif sur la pérennité des régimes de retraite, l’épargne et le financement de l’économie nationale», a alerté Driss Jettou, président de la Cour des comptes devant les parlementaires en janvier dernier.

Pour l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (Acaps), «la pérennité des régimes de retraite de base reste globalement précaire et dénote de la sous-tarification des droits accordés à leurs affiliés. Ce constat se manifeste à travers les niveaux élevés de leurs engagements non couverts».

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Dans le cas du régime des pensions civiles géré par la CMR, le niveau du rapport prestations/cotisations pour un profil moyen est proche, selon l’Acaps, de 100%. A fin 2018, les engagements non couverts atteignent un montant de 346,4 milliards de DH  renvoyant ainsi à l’importance des droits acquis avant la réforme.

Si la réforme tarde, la CMR pourrait être obligée d’augmenter les cotisations. La loi sur le régime des pensions civiles prévoit un mécanisme de pilotage qui doit être activé lorsque le montant de la réserve de prévoyance baisse jusqu’à atteindre l’équivalent de deux fois la moyenne des dépenses constatées au cours des trois derniers exercices . Ce qui pourrait se traduire par une hausse importante des cotisations dans deux ou trois ans maximum!

La réforme paramétrique de 2016 a permis la hausse du taux de cotisation de 8 points sur 4 ans pour passer de 20% à 28% en 2019. L’âge de départ à la retraite a été également modifié: il passe progressivement à 63 ans à raison de 6 mois par an depuis janvier 2017.

Le secteur public se retrouve donc avec un âge de départ à la retraite de 63 ans pour les affiliés CMR et 60 ans pour ceux qui cotisent au RCAR (Régime collectif d’allocation de retraite)! Les fonctionnaires ont également la possibilité de repousser le départ à la retraite de 2 ans renouvelables une fois et exceptionnellement, deux fois pour les enseignants chercheurs.

Khadija MASMOUDI

 

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