×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Rentrée scolaire: Amzazi intraitable sur le planning

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5831 Le 28/08/2020 | Partager
Les dates maintenues quelle que soit la situation épidémiologique
Une formule en présentiel total n’est pas exclue
Pour les écoles privées, l’enseignement à distance avant le présentiel
amzazi-031.jpg

Amzazi lors d’une précédente arrivée au Parlement. Ce dernier a installé un box de désinfection à l’entrée de l’hémicycle pour assister à la séance mensuelle des questions de politiques publiques (Ph. Bziouat)

En dépit de la pression des députés en faveur du report de la rentrée scolaire, Saaid Amzazi est resté de marbre. Il est hors de question d’accepter de différer cet évènement majeur pour un ou deux mois, comme l’ont demandé plusieurs parlementaires lors de la réunion de la Commission de l’enseignement de la Chambre des représentants, tenue mercredi.

Pour le ministre de l’Education nationale, l’arrêt de la scolarité a un impact négatif sur les élèves au point que les vacances d’été font perdre aux enfants 30% de leurs compétences cognitives. L’effet sur les enfants qui vont rester à la maison sera encore plus déplorable. «Un report  d’un mois, 6 mois, un an? Mais pendant ce temps, qui garantit que le virus va disparaître», s’est interrogé le ministre.

Finalement, les députés lui ont reproché d’avoir pris la décision de maintenir la rentrée scolaire, selon le calendrier initial et avec trois modèles d’organisation, en prenant en compte l’évolution de la situation épidémiologique. Certains d’entre eux sont allés jusqu’à regretter que le ministre ait exercé ses prérogatives sans les consulter. Une manière de signifier que le Parlement ne se contente plus de contrôler le gouvernement. Il veut être associé à la prise de décision, s’est demandé Saaid Amzazi. En tout cas, les parlementaires aiment parler. Mais passer à l’acte est une autre affaire.

■ Le scénario du présentiel total: Le ministre est catégorique: faire participer les parents d’élèves dans la prise de décision pour l’enseignement à distance ou le présentiel ne signifie pas que le ministère se soustrait à ses responsabilités. Au contraire, il s’agit de les sensibiliser à l’importance de cette affaire qui concerne tout le monde. Il mise sur l’enseignement à distance  pour sauver la rentrée scolaire comme il l’avait fait pour la dernière partie de l’année scolaire. «Il s’agit donc d’une responsabilité collective où tout le monde doit se mobiliser pour affronter la pandémie», a noté  Amzazi qui a rappelé que son ministère a pris sa décision et préparé ses trois scénarios: l’enseignement à distance, le présentiel ou le mix des deux. Ses plans sont prêts. Concrètement, si demain, les familles optent totalement pour le présentiel, nous divisons les classes en deux groupes de telle sorte de ne pas dépasser 20 élèves. Il s’agit de respecter la distanciation et les autres mesures barrières. Il a expliqué aux membres de la Commission que les groupes vont s’alterner: l’un vient en classe lundi, mercredi et vendredi, l’autre, le mardi, jeudi et samedi. En outre, au lieu de 30 heures par semaine, les élèves auront droit à la moitié. Les autres 15 heures seront suivies à la maison, à distance, avec l’encadrement des professeurs.  De même, le volume horaire hebdomadaire des enseignants ne dépassera pas 24 heures.

■ Aucun traitement différencié: La décision prise pour la rentrée scolaire s’appliquera, avec le même degré, au système public, aux écoles privées et aux missions étrangères. Le ministre est catégorique: les écoles privées doivent mettre en place le système d’enseignement à distance avant de passer au mode présentiel. Pour l’heure, le cadre légal du ministère ne lui permet pas d’aller au-delà de l’encadrement pédagogique. Mais pour remédier à cette lacune, il a préparé un projet de décret soumis actuellement au Secrétariat général du gouvernement. Ce texte accorde au ministère de tutelle d’exercer le contrôle et la supervision des établissements d’enseignement privé.

■ Des PC de sécurité dans les régions initiés par les walis: «Si le communiqué a pris en compte les spécificités régionales, il n’a pas été explicite. Chaque province diffère d’une autre », a souligné le président de la Commission. Dans la même foulée, il a proposé de mettre en place des cellules provinciales pour assurer le suivi de la rentrée scolaire. Comme les attributions des conseils provinciaux et des collectivités territoriales s’étendent notamment au transport scolaire, il a souhaité que les élus locaux soient associés à cette opération, dans une démarche participative. Le ministre abonde dans le même sens, d’autant que «l’Education nationale est le secteur le plus déconcentré du gouvernement».
D’ailleurs, ce vendredi, le ministère sortira une circulaire qui supervisera, avec une meilleure clarification des cadres de référence pédagogiques et du protocole sanitaire.Saaid Amzazi a profité de l’occasion pour relever l’initiative du ministre de l’Intérieur qui a demandé aux walis et aux gouverneurs de mettre en place des PC de sécurité. Ces nouvelles structures sont composées notamment des directeurs d’académie, des présidents de communes, des élus et des autorités locales et de sécurité. L’idée est de permettre au directeur de l’académie de présenter et de discuter le modèle à suivre, en prenant en compte les spécificités dans la région, notamment en matière d’accueil des élèves dans les internats, la restauration et le transport scolaire. La présence du directeur régional de la Santé sert à encadrer cette opération.

■ La majorité émiettée: Politiquement, ce dossier ne semble pas être porté par la majorité. Déjà, le PJD, qui conduit le gouvernement, critique le choix du ministre au niveau des trois scénarios de la rentrée scolaire. Pour le député qui parlait au nom de cette formation, il fallait opter pour un seul modèle d’organisation. Le ministre a dû lui ressasser que la base est l’enseignement à distance, avec le présentiel quand cela est possible. En outre, le député reconnaît qu’il n’arrive pas à comprendre les raisons du report de l’examen de la première année du bac à une date ultérieure. Le représentant du PAM abonde dans le même sens. En effet, il trouve que le report de cet examen est une mauvaise décision. Certains députés sont allés jusqu’à réclamer l’annulation de cet examen. «Impossible, le faire signifie accepter de saper la crédibilité du bac puisque l’examen régional représente 25% de la note finale», a rétorqué le ministre.

Mohamed CHAOUI

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc