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International

Elections américaines: Trump et ses soutiens «agitent le spectre du socialisme»

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5829 Le 26/08/2020 | Partager
Discours alarmistes sur une éventuelle élection de Joe Biden
Même la mise en garde contre la fraude est brandie
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«L’utopie socialiste». Le cheval de Troie de la Convention républicaine dans sa campagne de réélection du président en exercice, Donald Trump. Au premier jour de la grand-messe du Parti républicain, «le Président et ses soutiens ont joué la carte de la peur, invoquant un Joe Biden presque marxiste qui chercherait à plonger l’Amérique dans le chaos».

Si Donald Trump a, en effet, été la vedette incontestée de cette première journée qui se tient cette semaine entre la Maison Blanche et Charlotte (Caroline du Nord), en grande partie virtuellement et sans public, nul ton apaisant chez les intervenants, lundi soir. Mais une succession de discours alarmistes et sombres, sur les conséquences d’une éventuelle présidence de Joe Biden, adversaire démocrate de Trump à l’élection présidentielle du 3 novembre.

«Ne vous y trompez pas: peu importe où vous vivez, votre famille ne sera pas en sécurité dans l’Amérique des démocrates radicaux», a prévenu Patricia McCloskey, accompagnée de son mari. Ce couple de juristes de St Louis (Missouri), devenus des icônes auprès des conservateurs pro-Trump pour avoir menacé, armes à la main, des manifestants de Black Lives Matter qui défilaient près de leur luxueuse demeure en juin, a même affirmé que Joe Biden était soutenu par des «militants marxistes», cherchant à «abolir les banlieues».

Trump ne cesse en effet de dépeindre, en cas de victoire de l’ancien vice-président de Barack Obama, une Amérique livrée aux bandes de casseurs, aux immigrés sans papiers et aux groupuscules d’extrême gauche, dans laquelle les honnêtes citoyens se verraient confisquer leurs armes. Les démocrates «veulent vous asservir à l’idéologie victimaire progressiste, au point que vous ne pourriez reconnaître votre pays ou vous-même», a accusé l’ancienne présentatrice de Fox News Kimberly Guilfoyle, compagne de Donald Trump Jr., le fils aîné du président. Donald Trump est «le président de la loi et l’ordre», a-t-elle martelé, prédisant l’apocalypse démocrate lors d’un discours passionné, comme si elle s’adressait à une foule déchaînée (mais face à une salle vide). 

Les intervenants, anonymes ou figures du Parti républicain, ont chacun décliné la menace d’un Biden «d’extrême gauche»  voulant appauvrir la police, faire régner le chaos, «écraser les familles de la classe moyenne»… Et à «imposer le socialisme» aux Etats-Unis. L’ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, vue comme une potentielle candidate républicaine à l’élection présidentielle de 2024, en a également remis une couche : «Joe Biden et la gauche socialiste seraient un désastre pour notre économie», a-t-elle avancé, affirmant que le rival de Trump cherchait «l’abandon de nos valeurs».

Même analyse chez Tim Scott, seul élu républicain noir du Sénat, qui a dénoncé la «révolution culturelle» et «l’utopie socialiste» voulues par le candidat démocrate et sa colistière Kamala Harris pour une  «Amérique fondamentalement différente».
Il faut dire que la convention s’est assuré la présence de plusieurs orateurs afro-américains, pour tenter de rallier une partie de l’électorat noir qui lui est majoritairement hostile.

Donald Trump Jr a, lui, décrit Joe Biden en «monstre du Loch Ness» des élites politiques du Washington, «qui sort la tête de l’eau de temps en temps pour se présenter à la présidentielle», référence à sa carrière politique de près d’un demi-siècle et à ses deux échecs passés pour obtenir la nomination de son parti.
Avec Joe Biden, a-t-il argué, reprenant un thème favori de son père, «ce ne sera plus la majorité silencieuse, mais la majorité réduite au silence».

Dans une Amérique polarisée par un mandat de Trump, endeuillée par la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 177.000 morts et mis des millions d’Américains au chômage, en proie à un mouvement historique de colère contre le racisme et les violences policières, Trump présente ainsi l’alternative pour les électeurs américains: «L’église, le travail et l’école, contre les émeutes, les pillages et le vandalisme».

Juste après son investiture officielle par le Parti républicain, Donald Trump a prononcé un long discours dans lequel il a accusé «les démocrates de vouloir voler le scrutin». Largement devancé par Biden dans les sondages nationaux, donné battu dans de nombreux swing states, Trump a agité sans preuves, comme il le fait depuis le début de l’été, le spectre de fraudes liées au vote par correspondance, rendu pourtant indispensable en temps de pandémie. «La seule façon dont les démocrates peuvent nous priver de la victoire est si l’élection est truquée (…). Ils utilisent le Covid pour «voler l’élection», a-t-il affirmé.

                                                                   

La carte de la «santé économique» périmée

LA convention républicaine est aussi l’occasion pour Trump de défendre son bilan, alors qu’il est malmené pour sa gestion de la pandémie de Covid-19. Et où sa carte maîtresse, la bonne santé de l’économie, n’est plus un atout: le pays subit de plein fouet la récession économique, avec un chômage passé de 3,5% en février à 10,2% en juillet dernier. Si les conventions cherchent traditionnellement à faire mousser leur candidat, une place est néanmoins laissée au parti lui-même, totalement inexistant lundi dernier, selon des observateurs. Cette première journée a tourné au panégyrique de Trump, les orateurs s’adressant directement à lui, le remerciant ou racontant des anecdotes le concernant. Comme l’a noté lundi soir Chris Wallace, l’un des rares journalistes de la Fox à garder une distance critique avec le Président: «On l’appelle la convention républicaine, mais c’est la convention de Trump».

A.G

 

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