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Société

«Le Covid, une opportunité pour les compétences marocaines»

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5825 Le 18/08/2020 | Partager
Réviser le statut de l’enseignant-chercheur afin de libérer la créativité
L’université doit franchir le pas et aller vers le privé
Réfléchir à des centres communs de recherche université-entreprise
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 Pour Bouchta El Moumni, professeur universitaire et vice-président de l’université Abdelmalek Essaâdi en charge de la recherche, «ce métier, considéré noble, attire encore des jeunes docteurs avides de réaliser leurs rêves de chercheurs confirmés». Il faudrait, pour cela, revoir les statuts (Ph. B. M)

La pandémie du Covid-19 a au moins eu ça de bon, révéler les talents des scientifiques et des chercheurs du monde entier. Course au traitement, course au vaccin, course aux appareils de respiration… Le Maroc n’est pas en reste, la crise lui a aussi permis de montrer le potentiel dont regorgent les universités marocaines. Pour Bouchta El Moumni, professeur universitaire, vice-président de l’université Abdelmalek Essaâdi en charge de la recherche, prendre en main ce secteur peut contribuer à la création de richesses et d’emplois.

- L'Economiste: Quel avenir pour la R&D après le Covid?
- Bouchta El Moumni:
Le Covid-19 a été une opportunité pour mettre en relief  les compétences marocaines en matière de recherches scientifiques et d’innovation. Il reste à donner plus de moyens et de possibilités aux jeunes chercheurs marocains pour exprimer leur talent et participer au développement socioéconomique du pays. La recherche-développement peut apporter beaucoup pour le Maroc de demain, en contribuant à la création de richesses et d’emplois.
 
- Comment qualifier le statut de l’enseignant-chercheur? Est-il suffisamment attractif?
- De manière générale, le métier d’enseignant est une vocation, celui du supérieur l’est encore plus. Il faut faire la distinction entre «enseignant» et «chercheur». Les motivations ne sont pas les mêmes. Un bon chercheur n’est pas obligatoirement un bon enseignant et vice versa. Ce métier, considéré noble, attire encore des jeunes docteurs avides de réaliser leurs rêves de chercheurs confirmés, mais peut attirer aussi d’autres qui n’ont pas trouvé place dans le secteur privé (industriel notamment).
 
- Le statut de chercheur, indépendamment de la fonction de l’enseignement, tarde à voir le jour.Quel intérêt pour la recherche?
- Le ministère de tutelle œuvre pour la mise en place du statut de chercheur. Le statut actuel ne permet pas aux enseignants-chercheurs d’assumer convenablement la tâche d’enseignement et de recherche, surtout dans les établissements à accès ouvert qui connaissent la massification. Le statut de chercheur couplé à la création d’instituts et pôles de recherches spécialisés va permettre de rehausser le niveau de la recherche au niveau du Royaume.  
 
- L’implication du privé reste faible. Comment attirer les entreprises dans le monde de la recherche?
- L’implication du privé dans l’accompagnement de la recherche scientifique au Maroc reste faible en général. Le degré d’implication dépend des régions et du secteur. Les grands pôles industriels comme ceux de Casablanca et Tanger financent de plus en plus d’actions surtout dans le domaine de l’automobile, l’aéronautique, les banques, les assurances et les services. L’université, nouvelle génération, est appelée à franchir le pas et aller vers les industriels. Un travail de fond reste à faire pour instaurer ou réinstaurer une confiance mutuelle. Il faudrait penser à la mise en place des centres communs de recherches université-entreprise. A l’Université Abdelmalek Essaâdi, cette approche est en cours de mise en place avec tous les opérateurs socioéconomiques de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

Propos recueillis par Ali ABJIOU

                                                                     

0,75% du PIB

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Au Maroc, le système R&D compte 46.300 chercheurs, avec 18.139 enseignants-chercheurs, soit 39% et 28.167 étudiants chercheurs (doctorants préparant leurs thèses de doctorat), soit 61%, selon des chiffres issus de l'Académie Hassan II des sciences et techniques. Le budget de la recherche est de l’ordre de 0,75% du PIB (soit près de 8 milliards de DH), 3 fois moins que la moyenne des pays de l’OCDE. Les dépenses mondiales en R&D atteignent 1 billion de dollars. Une dizaine de pays s’accaparent 80% du total avec en tête de liste, les Etats-Unis.
De son côté, la production scientifique (revues indexées) a atteint les 6.400 publications en 2018. Le nombre de brevets déposés est d’environ 90 brevets en 2017.

 

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