×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Le Cercle des Experts

Le Maroc, le Covid-19: Capitaliser sur la «bonne réputation»

Par Pr. Fathallah OUALALOU | Edition N°:5823 Le 13/08/2020 | Partager

Longtemps chef du groupe parlementaire de l’USFP, le Pr. Fathallah Oualalou a été plusieurs fois ministres, dont deux mandats remarquables en tant que ministre de l’Economie et des Finances, avec El Youssoufi puis Jettou. Maire de Rabat (2009 à 2015), il nourrit aussi une réflexion approfondie sur le rôle de l’homme et de l’action politique dans un monde libéral (Cf. L’Economiste du 2 février 2007, Remise des Prix). Ce partage doit être souligné car il est très rare au sein des élites marocaines en matière de transmissions du capital immatériel (Ici à l’ESJC, l’Ecole supérieure de L’Economiste) (Ph. Fadwa Alnasser)

A l’échelle des relations internationales, la réputation d’un pays donne une image sur sa capacité à rayonner au niveau de sa région, voire au-delà, et à s’adapter aux chamboulements de la mondialisation. La crise de la Covid-19 reflète, par sa gravité, la vulnérabilité de la mondialisation. Elle a révélé l’incertitude et l’imprévisibilité, devenues des constantes du monde actuel. Elle a contraint les pouvoirs publics à choisir la sauvegarde des vies humaines - imposant le confinement de plus de 4 à 5 milliards de personnes - au détriment de l’économique. Qui s’est effondré. Et qu’il faut aujourd’hui aider à se relever.

La nouvelle géo-économie

Les Etats se trouvent, de ce fait, aujourd’hui mobilisés sur plusieurs fronts à la fois: le front sanitaire et avec lui les exigences de la protection sociale de tous et le front économique pour la relance de la machine. D’où la sidération qu’ont connue tous les pays, quels que soient leur niveau de développement ou encore le mode de fonctionnement de leurs systèmes politico-économiques. La crise de la Covid-19 marque ainsi une rupture, pour ne pas dire une fracture, dans l’évolution du monde. Ces deux «déflagrations» ont déclenché l’accélération des tendances en gestation avec leur survenue, celles du monde de l’après Première Guerre mondiale pour la première, et celles qui ont accompagné la naissance du XXIe siècle pour la deuxième. Mais, si la fin de la Seconde Guerre mondiale a permis aux deux grands vainqueurs d’alors de façonner la gouvernance géopolitique mondiale (ONU) et aux Etats-Unis, avec l’Europe, le monde post-2020 restera marqué par les incertitudes.

L’antagonisme des géants

 Tout au long des années 1980 et 1990, les Etats-Unis avaient imposé leur hyper-hégémonie pour créer un monde unipolaire, économique et géopolitique. La montée de la Chine et l’exacerbation des tensions commerciales et sanitaires génèrent de nouveaux antagonismes. Une nouvelle bipolarité s’est constituée. Ce sont les solides réputations acquises pendant la guerre 39-45 qui ont permis aux Etats-Unis et à l’URSS de peser de tout leur poids sur le fonctionnement du monde tout au long de la seconde moitié du XXe siècle. Une double hégémonie contrariée cependant par la survenue d’événements géopolitiques et économiques: pour l’URSS, les contestations hongroises de 1956 et tchécoslovaques de 1968, l’impact du conflit idéologique avec la Chine populaire durant les années 1960, l’échec de son intervention en Afghanistan dans les années 1980, jusqu’à la disparition de l’Union soviétique en 1990.
Les Etats-Unis, quant à eux, ont été secoués par les effets de la guerre du Vietnam dans les années 1960-1970 et des chocs pétroliers de 1973 et 1979, par l’écho de la révolution islamique iranienne de 1979 et les décisions monétaires du Président Nixon 1971, … puis, plus tard, par le choc du 11 septembre 2001, de la crise de 2008 et par les nouvelles tensions commerciales avec la Chine, le Mexique et l’Europe. La crise sanitaire et économique de 2020, dont l’épicentre s’est déplacé de Chine, d’abord vers l’Europe, puis vers la Russie, les Etats-Unis et le Brésil, a été - et est encore- une véritable épreuve pour le monde entier.
Les réponses face au Coronavirus ont été différenciées de sorte que certains pays sont devenus aujourd’hui des références grâce à l’efficience de leurs actions.
Et la réputation ainsi acquise leur donne une crédibilité nouvelle qui leur permet de renforcer leur position dans leur environnement régional (Allemagne) et/ou dans la construction du nouveau multilatéralisme qui est en train de se mettre en place.

developpement-humain-023.jpg

Une somme de perceptions

La réputation, concept majeur s’il en est, est un indicateur de l’estime accordée à une personne physique mais aussi à une entreprise ou encore à une entité étatique. Constituée d’une somme de perceptions, elle est la résultante globale de l’ensemble d’images, d’appréciations des actions et comportements de celles-ci.
 Ainsi, la bonne réputation d’un gouvernement est déterminée et mesurée par son aptitude à faire face aux épreuves que traverse le pays, à affronter les bouleversements qui le secouent et à gérer les sorties de crise.

Recherche de l’efficience solidaire

Au Maroc, la recherche de l’efficience doit passer, comme partout dans le monde, par une approche de solidarité. Surtout, la capitalisation sur la réputation acquise doit conduire le pays à améliorer sa capacité à négocier avec les bouleversements attendus de la mondialisation à travers trois orientations: Participer à la promotion d’un nouveau pôle régional qui regrouperait l’Afrique et l’Europe et consacrerait une nouvelle centralité dynamique de la Méditerranée.
Le Maroc devra améliorer son attractivité pour tirer profit des mouvements de relocalisation et de re-régionalisation des activités économiques. Malgré les contraintes géopolitiques, le Maroc n’abandonnera jamais le projet maghrébin, nécessaire aujourd’hui pour les pays de la région, mais aussi pour l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée.

                                                                             

Ancrage en Afrique

Le Maroc doit continuer à renforcer son ancrage en Afrique, en consolidant ses actions en faveur du développement alimentaire (grâce aux phosphates), de l’électrification, de la diversification du tissu productif et participer à la promotion de la Zone de Libre-Echange continentale africaine (ZLECA). Grâce aux initiatives royales, le Maroc a su lier la gestion de la crise sanitaire à une approche de partenariat Sud-Sud avec les pays subsahariens. S’ouvrir sur les espaces lointains en vue de diversifier les échanges extérieurs en tenant compte du rôle essentiel de la Chine qui propose à notre région de coopérer avec son initiative «La ceinture et la route».
La maîtrise des rapports avec la proximité et avec les espaces lointains permettra au Maroc d’adhérer à la dynamique de la révolution technologique du XXIe siècle, représentée par le numérique et l’IA, en rapport avec l’avènement d’un nouveau modèle de développement et la réalisation des réformes nécessaires dans le domaine de l’éducation et de la formation.

                                                                             

Deux livres de référence

livre-oulalou-2-023.jpg

                                                                                                             C’est le dernier né et déjà difficile à trouver.

 

 

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc