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International

Comment s’en sortent les pays émergents

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5823 Le 13/08/2020 | Partager
Ils ont plutôt bien tenu le choc pendant la première phase de la crise
Les recommandations du FMI

L’impact économique de la pandémie de Covid-19 dans les pays émergents dépasse de loin celui de la crise financière mondiale. Les pays émergents ont plutôt bien tenu le choc pendant la première phase de la crise, mais la suite des événements risque de se révéler beaucoup plus difficile.

Le virus n’a pas disparu, les conditions financières demeurent fragiles et la marge de manœuvre des autorités s’est rétrécie, en particulier pour les pays qui font craindre pour la viabilité de leur endettement.

Environ un tiers des pays émergents avait atteint un niveau d’endettement élevé avant la crise et l’on estime qu'ils ne disposent pas (ou risquent de ne plus disposer) de l’espace budgétaire suffisant pour engager des augmentations discrétionnaires de leur dépense publique.

C’est à travers une nouvelle analyse «Riposte à la Covid-19 dans les pays émergents: politiques conventionnelles et non conventionnelles» que les économistes du FMI (Martin Mühleisen, Tryggvi Gudmundsson et Hélène Poirson Ward) reviennent sur les enjeux.

■ Tous les pays n’ont pas vu leur sort s’améliorer: La plupart des pays émergents ont puisé avec parcimonie dans leurs réserves et ont laissé leurs taux de change largement fluctuer. Beaucoup d’entre eux ont injecté autant de liquidités que nécessaire pour garantir le fonctionnement des marchés. Des pays comme la Pologne et l’Indonésie ont également assoupli leurs politiques macroprudentielles pour favoriser le crédit. A l’instar des pays avancés, de nombreux pays émergents, comme la Thaïlande, le Mexique et l’Afrique du Sud, ont assoupli leur politique monétaire. Dans un petit nombre de cas, les pouvoirs publics ont opté, pour la première fois, pour des mesures non conventionnelles de politique monétaire. Et ce, en raison du peu d’espace disponible pour réduire davantage les taux directeurs et la forte détérioration des conditions de marché. L’achat d’obligations publiques et privées fait partie des mesures mises en place, mais pour l’instant les montants demeurent modestes par rapport à ce que l’on a pu observer dans les pays avancés de plus grande taille. En revanche, le recours à des mesures de gestion des flux de capitaux, destinées à prévenir les sorties de capitaux, reste plutôt limité pour le moment.

■ Vers des politiques de moins en moins conventionnelles: Si la récession venait à s’aggraver, les pays émergents seraient mis à rude épreuve. En effet, dès le début de la crise actuelle, la plupart d’entre eux disposaient d’une marge de manœuvre restreinte pour mettre en place des mesures conventionnelles de soutien budgétaire, monétaire et extérieur. Or une grande partie de cette marge initiale a été utilisée au cours des derniers mois. Ce qui pourrait contraindre certains pays à employer des mesures moins conventionnelles qu’auparavant, du contrôle des prix aux restrictions aux échanges, en passant par des mesures non conventionnelles de politique monétaire et un assouplissement de la réglementation financière et des conditions de crédit. Certaines de ces mesures, qui sont également employées par un certain nombre de pays avancés et d'autres à faible revenu, sont assez coûteuses, surtout si elles sont adoptées à grande échelle. A titre d’exemple, les restrictions aux exportations risquent de provoquer de graves distorsions au sein du système commercial multilatéral et le contrôle des prix pourrait tarir les flux de marchandises à destination de ceux qui en ont le plus besoin.

Risques de défaillances d’entreprises

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A mesure que la crise se poursuit, il y a fort à parier que les contraintes de liquidité pourraient se transformer en problèmes de solvabilité. Outre les difficultés en matière de dette souveraine, les risques de défaillances d’entreprises ont atteint des niveaux alarmants dans un certain nombre de pays émergents. Les enjeux sont complexes et nécessitent une approche plurielle, de l’avis des économistes du FMI. Premièrement, les politiques intérieures devront être conçues de manière à favoriser une croissance plus durable et plus inclusive. Deuxièmement, les pays ayant difficilement accès aux marchés financiers auront besoin de l’appui renforcé des prêteurs bilatéraux et multilatéraux.

                                                                   

De multiples chocs

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L’impact économique est d’autant plus violent que les pays émergents ont été soumis à de multiples chocs. Aux effets des mesures intérieures de confinement est venue s’ajouter une baisse de la demande extérieure.
Les pays touristiques sont durement touchés par le ralentissement des voyages internationaux et les pays exportateurs de pétrole par la chute brutale des cours. La situation des pays émergents pourrait devenir extrêmement difficile.
D’après les projections, le commerce mondial devrait se contracter de plus de 10%, et les cours du pétrole chuter de plus de 40%. Pour autant, les sorties de capitaux sont à un niveau stable et les écarts de rendement observés sur les obligations souveraines ont diminué par rapport à la période de très forte volatilité des marchés observée au mois de mars.  
La dernière mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale, en date du mois de juin, prévoit que les économies des pays émergents vont se contracter de 3,2% cette année (jamais ce groupe de pays n’avait enregistré une telle chute de sa production).

Fatim-Zahra TOHRY

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