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Défense nationale et nouvelle sécurité

Par L'Economiste | Edition N°:5822 Le 12/08/2020 | Partager

La défense et la sécurité sont plus que jamais d’actualité dans un contexte national et mondial de la crise de la COVID-19 et ses effets économiques et sécuritaires. Les leçons tirées de cette crise renvoient toutes à la question de l’autonomie stratégique, rendant nécessaire l’adaptation de ce qui fonde la sécurité du pays.

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L’hôpital de campagne installé par les FAR à Nouaceur pour soigner les malades de la coronavirus (Ph. MAP)

Le renseignement à vocation sanitaire

Cette réalité polymorphe, dépassant la sphère sanitaire pour atteindre l’économie et le fonctionnement de l’Etat, interpelle sur les ajustements et les adaptations de l’action des pouvoirs publics.
Le premier élément est l’appréciation du risque. Il ne doit plus être mesuré uniquement par sa probabilité, mais par ses conséquences: plus un risque a un potentiel d’impact élevé et plus il doit s’inscrire sur le tableau de bord des autorités. Il était certes inconcevable de prévoir des ressources budgétaires pour un risque de faible occurrence, mais les effets de la COVID-19 exigent qu’on lui consacre des moyens suffisants.
Le deuxième élément est la capacité d’intégrer la veille et le renseignement dans la gestion des risques épidémiques et ceux relevant du NRBC. Il faut pouvoir anticiper et renforcer la prévention. Les FAR disposent bien d’une structure chargée de l’anticipation stratégique et opérationnelle pour les diverses menaces tout comme il existe une unité militaire de veille biologique et bactériologique. Mais la mise en place d’une structure nationale d’évaluation chargée du renseignement à vocation sanitaire et médicale s’avère nécessaire pour rationaliser l’action de l’Etat.

Synergie armée-santé-finances…

Le bioterrorisme constitue (1) une menace réelle. Des groupes terroristes ayant les capacités techniques peuvent accéder aux connaissances, aux données sur Internet, et aux canaux de communication secrets et anonymes, comme le dark net . Ce sont autant de supports pour toute action asymétrique(2) . La gestion du risque épidémique exige une meilleure synergie entre, d’une part, les services du renseignement militaire et civil, et, d’autre part, des secteurs public et privé de la santé.
Le troisième élément est le renforcement de la coordination et de la transversalité. En effet, le glissement de la politique de défense vers des menaces contre la sécurité interne (endogène ou exogène) provoque des télescopages entre les compétences des services. Ce type de conflits, qui se reproduit à différentes échelles, peut provoquer le cloisonnement des services et de l’information, avec des conséquences implacables sur l’action de l’Etat.
Seule une démarche intégrée basée sur la transversalité pourrait garantir une meilleure interopérabilité gouvernementale. L’après-pandémie pourrait être l’occasion de mettre en place le Conseil supérieur de sécurité, prévu par l’article 54 de la Constitution.Tant il est vrai qu’il n’y a pas de stabilité sans sécurité sanitaire et sans sécurité alimentaire. Tout comme il n’y a pas d’autonomie sans une production nationale.
La R&D3 et la R&Technique militaire et civile (public-privé) au Maroc souffrent d’une triple crise, financière, coopérative et de gouvernance.
Les investissements dans la recherche sont insuffisants (0,8% du PIB contre plus de 2% ailleurs). La coopération entre les deux recherches est insignifiante, en raison du cloisonnement bureaucratique.
Le débat sur le nouveau modèle de développement offre le cadre idoine pour discuter et approfondir la question de l’indépendance technologique pour une meilleure efficacité économique et pour plus d’autonomie stratégique. Il s’agit d’un enjeu de souveraineté pour le Maroc qu’il convient de maîtriser à moyen et long terme.

Les nouvelles sphères de la défense

Pour coordonner la recherche scientifique duale, il faudrait une Agence marocaine de défense. Le champ conceptuel couvert par la guerre n’est plus strictement militaire à partir du moment où les états-majors politico-stratégiques l’ont étendu à un nombre croissant de sphères. On parle ainsi de la guerre économique, de la guerre de l’information, de la guerre contre le terrorisme, de la guerre biologique, ou encore de la guerre cybernétique.
La nature de la guerre ne s’en trouve pas bouleversée pour autant et reste fidèle à la vision clausewitzienne: « contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté».
C’est plutôt la façon de la faire qui est en perpétuelle évolution en fonction des avancées technologiques et des caractéristiques de la menace. La COVID-19 révèle de manière spectaculaire que la gestion du savoir, la mobilisation des connaissances et l’innovation deviennent des préoccupations majeures dans les politiques publiques.

                                                                            

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La présente étude est tirée du document réalisé par le Policy Center for the New South. Le document est gratuit et téléchargeable à volonté.

Les auteurs: Abdelhak Bassou, Dr. Khalid Chegraoui, Dr. Nouzha Chekrouni, Aziz Boucetta, Dr. Chekrouni, Yahya Drissi-Daoudi, M’hammed Dryef, Karim El Aynaoui Président du Policy center, Rachid El Houdaigui, Amal El Ouassif, Larabi Jaïdi,Mohammed Loulichki, El Mostafa Rezrazi, Abdallah Saaf.

                                                                            

Les 4 nouvelles menaces

L’analyse de la politique de la défense met en évidence les transformations subies par la doctrine des Forces Armées Royales (FAR) en insistant sur trois types de mutations auxquelles elles ont été confrontées. Ces mutations renvoient à l’appréciation de la menace.
La première, de nature stratégique, concerne la défense de la souveraineté marocaine liée au Sahara et à l’intégrité territoriale.
La seconde, plus sécuritaire, renvoie à l’élargissement du champ de la défense, et aux dangers que représentent le terrorisme et la criminalité organisée pour la sécurité nationale.
La troisième, résolument digitale, concerne la cyber-défense.
Une quatrième dimension se profile à l’avenir, sous l’effet de la crise sanitaire COVID-19, et invite à recentrer la doctrine sinon sur l’emploi probable des armes biologiques, du moins sur les aspects liés à la préservation de la santé publique, à la biosécurité et à la bio-défense. Le risque épidémique fait partie désormais de la chaîne des priorités au même titre que les risques nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique.
Pour engager le processus de re-rationalisation du couple défense-sécurité, il faut poser les fondements d’une coordination de la recherche scientifique duale, civile et militaire.

Avec l’aimable autorisation du
Policy center for the New South.

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(1) Rachid El Houdaïgui, La défense à l’heure des adaptations nécessaires, Policy Center For The New South, juin 2017 p.2. www.policycenter.ma 16 Policy Center for the New South POLICY PAPER exemple.
(2) Rachid El Houdaïgui, Abdelhamid El Ouazzan, Rétrospective stratégique de la menace biologique à l’aune des incertitudes post-COVID-19, Policy Center For The New South, mai 2020.
(3) Si la R&D produit de la connaissance, la recherche technologique valorise, quant à elle, cette connaissance scientifique dans l’industrie.

 

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