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Médias

Algérie: Multiplication des emprisonnements de journalistes

Par Nadia SALAH | Edition N°:5822 Le 12/08/2020 | Partager
Mauvais signal politique pour l’avenir du pays
Des méthodes tout à fait bizarres: usage juridique massif des synonymes pour accroître les peines
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Trois ans fermes pour notre confrère Khaled Draremi, en Algérie. L’astuce, illégale, de l’accusation est d’avoir donné des noms différents, à un seul et unique fait. Ce qui permet d’accroître la peine (Ph. Casbah Tribune)

Alors que le nouveau PDG de l’Agence nationale pour l’édition et la publicité vient de révéler un scandale dans le monde de la publicité et de la presse, la justice algérienne continue de mettre en prison des journalistes. Le plus connu d’entre eux est Khaled Draremi, membre de l’Union de la presse francophone (UPF, dont Meriem Oudghiri, Secrétaire générale de L’Economiste est vice-présidente). Oudghiri dit de lui, que c’est un «professionnel brillant».

Une mobilisation mondiale s’est organisée autour de Draremi, condamné à 3 ans de prison ferme. Il a couvert des manifestations du Hirak, le 7 mars 2020. Comme, a-t-il dit à ses juges, il a couvert les rassemblements en faveur des élections, à l’automne dernier. A l’époque ce mouvement s’opposait aux revendications du Hirak. Draremi est fondateur du site d’info Casbah Tribune. Il fait aussi des reportages pour Le Monde, TV5… Sachant que les journalistes étrangers ont des difficultés à obtenir des autorisations de travail. En fait  les professionnels de nationalité algérienne sont plus faciles à contrôler et à menacer.

Deux autres confrères ont été jugés en même temps que lui, avec des peines moindres.  A Mascara, Djamel Toubal a été condamné à 15 mois fermes, pour avoir diffusé des images montrant des policiers en train de battre des manifestants. Belkacem Djir a pris trois ans fermes, accusé d’une affaire de droit commun, sur laquelle il enquêtait (sic!). On ne sait pas combien de journalistes sont détenus «en attente de procès».

A part le RCD, laïc et moderniste, les partis politiques se tiennent cois. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie a publié un communiqué où il assure que «au-delà des personnes injustement emprisonnées et privées de leurs libertés, ce sont les valeurs et les causes qu’ils défendent que ce pouvoir cible en priorité. Rien que pour tout cela, la révolution entamée en février 2019 doit être menée à son bout. Il y va de l’avenir de l’Algérie».

L’Algérie, durement rétrogradée dans le classement de Reporters sans Frontière (25 places d’un coup), est tombée à la 146e place sur 180. Le Maroc, qui a embastillé Omar Radi, n’a pas de quoi pavoiser: il est 133e.

N.S.

 

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