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Société

Un nouveau site de recherche sur les zones abyssales

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5820 Le 10/08/2020 | Partager
Ouverture sur les milieux marins, physique des neutrinos, géophysique, grid-computing et big data
Contribuer à la fabrication des «bases modules» pour les profondeurs marines

La participation du Maroc à l’infrastructure de recherche pluridisciplinaire, en construction dans les zones abyssales(1) de la Méditerranée, se renforce avec la mise en place d’un 2e site national à la faculté des sciences d’Oujda. Fruit d’un partenariat entre l’Université Mohammed V de Rabat et l’Université Mohammed Premier d’Oujda (UMP), ce deuxième site sera dédié à l’intégration des «bases modules» pour le Télescopeà neutrinos KM3NeT.

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Campagne de déploiement des lignes de détection du télescope KM3NeT en Méditerranée  (Ph. KM3Net)

Il consolidera, en aval, la nouvelle approche de l’UMP en matière de recherche et d’innovation. Il permettra également aux chercheurs locaux de bénéficier de l’expérience internationale en matière d’intégration des modules optiques pour le plus grand télescope à neutrinos au monde, dédié à la détection dans les zones abyssales de la Méditerranée.

Ce second site, qui vient en écho à celui de Rabat (lancé en 2017 par l’ancien président de l’Université Mohammed V et actuel ministre de l’Enseignement Saaid Amzazi) complètera la contribution marocaine en matière de fabrication des modules optiques et modules de base.  Il offre, ainsi, une opportunité pour accéder au cercle restreint des pays membres du projet KM3NeT-ORCA.

Le site d’Oujda devait démarrer,  il y a 4 ans de cela, mais il a fallu attendre la désignation d’un nouveau président pour que l’Oriental adhère à ce programme de réalisation de détecteurs, capteurs optiques pour enregistrer la faible lumière Tcherenkov générée par les particules chargées dans l’eau de mer. «Nous nous réjouissons de la réalisation de ce site à Oujda pour valoriser la recherche locale et bénéficier de l’expérience de l’Université Mohammed V. C’est également un tremplin pour accéder à des niveaux supérieurs de la recherche scientifique et technique, tout en bénéficiant des transferts technologiques et des savoirs pointus», explique Yassine Zarhloule, président de l’UMP.

De son côté, Yahia Tayalati, cheville ouvrière et coordinateur national des deux sites de Rabat et Oujda, précise que les activités de R&D au sein de l’Université marocaine sont diversifiées et incluent des aspects scientifiques et techniques tels que l’électronique, l’étude des milieux marins (océanographie, biologie marine,…), la physique des neutrinos, la géophysique, l’instrumentation, le grid-computing et big data, le transfert et l’analyse des données.

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Le site de l’Université Mohammed V de Rabat est en mesure de réaliser des lignes d’intégration de modules optiques digitaux pour le télescope KM3NeT (Ph. KM3Net)

Ce projet tombe à point nommé pour positionner le Maroc en matière de recherche sous-marine, fédérer les contributions des équipes impliquées dans le projet et soutenir le développement des compétences scientifiques marocaines, à travers le transfert de technologie et du savoir dans les domaines innovants d’expertise technique et de physique fondamentale. Cela permettra de renforcer la formation et consolider la recherche des jeunes doctorants dans l’exploitation des télescopes sous-marins à neutrinos. 4 chercheurs marocains et 8 doctorants sont déjà impliqués dans ce programme.

«Les principaux objectifs du télescope KM3NeT sont la découverte et l’observation des sources de neutrinos, la détermination de la hiérarchie de la masse des neutrinos. L’objectif est également de résoudre les énigmes liées à l’origine du rayonnement cosmique et à la matière noire ainsi que la mise à disposition de moyens techniques pour l’observation des milieux sous-marins, la biologie marine, les menaces sous-marines ainsi que la sismologie…», ajoute Tayalati.

La collaboration internationale au KM3NeT comprend 18 pays (dont le Maroc) et 57 instituts. Ce programme de grande envergure est apparu pour la première fois sur la feuille de route de l’ESFRI (forum stratégique européen sur les infrastructures de recherche) en 2006, ce qui a permis de réaliser les études de faisabilité et le montage des premiers prototypes. Le 10 mars 2016, le projet KM3NeT a été sélectionné pour la nouvelle feuille de route ESFRI.

Reste à préciser que KM3NeT est le successeur du télescope ANTARES mis en service en 2007 qui a permis aux chercheurs marocains d’être au rendez-vous de plusieurs nouvelles découvertes qui ont marqué l’histoire des sciences.  «Nous avons, entre autres, contribué à la réalisation d’un document historique concernant le lancement de l’air des multi-messagers (photon, neutrino et graviton). Un document référentiel co-signé notamment par les physiciens Rainer Weiss, Kip S. Thorne et Barry C. Barish, prix Nobel de 2017, pour la découverte des ondes gravitationnelles, conclut Tayalati.

Modules et bases optiques made in Morocco

KM3NeT est une infrastructure de recherche pluridisciplinaire en construction dans les zones abyssales de la Méditerranée. Elle est réalisée pour abriter les télescopes sous-marins à neutrinos ARCA et ORCA situés au large de la Sicile et au sud de la France, respectivement. Une fois terminé, le télescope sera composé de centaines d’unités de détecteurs, de longues lignes verticales équipées de 18 modules pour constituer une matrice. Les modules optiques sont réalisés à Rabat alors que Oujda se spécialisera dans la fabrication de «bases modules».

Ali KHARROUBI

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(1) La zone abyssale se situe au-delà de 4.000 m de profondeur et peut être considérée comme les abysses proprement dits. Elle est caractérisée par une absence totale de lumière, un grand froid, et une haute pression. On a longtemps pensé toute vie impossible dans les abysses, pourtant les scientifiques y ont découvert, dans les années 1970, un foisonnement de vie, un certain nombre de poissons abyssaux à proximité d’importantes ressources minérales.

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