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Economie

Fès-Covid-19 : Voilà pourquoi les cas augmentent en flèche

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5817 Le 05/08/2020 | Partager
Relâchement, mesures sanitaires, communication… les ingrédients de l’échec
La pression économique et le discours officiel de «maîtrise de la situation»… des facteurs
«Face à la recrudescence des contaminations, il faudrait reconfiner», appelle Dr Mikou
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Avec plus de 200 nouvelles contaminations au Covid-19 rien que pour la journée du 3 août, la ville de Fès compte plus de 1.500 cas actifs. Les patients sont récupérés dans différents quartiers par des bus du transport touristique... Un hôpital de campagne d'une capacité de 1.200 lits sera équipé par la Santé (Ph. YSA) 

Depuis une semaine, Fès domine les villes qui enregistrent le plus grand nombre de nouvelles contaminations au Covid-19. Résultat: le compteur des cas actifs a bondi à 1.374 contaminés (à date du 3 août 2020), au lieu de 200 il y a encore quelques semaines. 
Pris en charge par la Santé publique, ces patients sont sous traitement au CHU Hassan II, l’hôpital Ibn Al Khatib, outre la cité universitaire Saïss. Partout dans ces centres, les médecins s’inquiètent et ne cessent d’appeler à la vigilance et la prudence contre un virus qui tue. «La situation épidémiologique de la ville de Fès est alarmante», alerte Dr Mohamed Mounir Mikou, médecin anesthésiste, membre de la Société marocaine d'anesthésie, d'analgésie et de réanimation (SMAAR). Selon lui, plus d’une soixantaine de professionnels de la santé figurent parmi les contaminés recensés durant les dernières 48 heures. La contamination de ces médecins et infirmiers est due à trois principaux facteurs. Primo, une baisse de la vigilance du personnel secondaire due à un stress chronique vu la charge du travail. Secundo, la pression de la situation économique à la fin de la période du confinement et le discours compréhensible officiel ou encore celui de certains médias qui ont véhiculé une fausse impression de sécurité. «Ce qui a abouti à une envie de retrouver une liberté d’action même chez le personnel soignant qui s’accompagne parfois d’une baisse de la vigilance en matière de respect des mesures barrières», explique Dr Mikou. Et de poursuivre: «Croyant que la vague épidémique était passée, le gouvernement a recentré le plan d’action des hôpitaux sur les pathologies chroniques (cancer, diabète, cardiopathie…) qui étaient en train de décompenser aboutissant à un manque de bonne évaluation des patients Covid». A ceci s’ajoute l’absence de circuits du coronavirus aux urgences du CHU et dans certains hôpitaux. Ce qui a engendré un brassage des patients Covid et non-Covid «causant une contamination du personnel qui n’était pas prêt à les recevoir en respectant les mesures barrières». A noter que par peur d’être évacués à Benslimane ou Benguerir, plusieurs cas suspects refusent de se faire dépister. 
De l’avis de la Direction régionale de la santé, la situation épidémiologique de la ville de Fès est préoccupante. Surtout, avec un nombre de nouveaux cas quotidiens qui a atteint plus de 200 et une mortalité quotidienne qui touche également les patients de moins de 30 ans. «Sachant que les décès Covid ne sont pas tous comptabilisés… car il y a ceux qui arrivent agonisants ou décédés à l’hôpital et chez qui le prélèvement PCR n’est pas toujours réalisé pour confirmer la cause de la mort», déplore le membre de la SMAAR. Pour ce dernier, «la responsabilité est partagée entre les citoyens qui ne respectent pas les mesures barrières et le gouvernement qui opte pour un discours de maîtrise de la situation… alors qu’il y a un laisser-aller flagrant». En témoignent, les images partagées sur les réseaux sociaux à la veille de l’Aïd, dans les souks, gares, routes… et qui reflètent exactement l’état de conscience des citoyens et le risque que court notre pays. «Le citoyen se retrouve face à un ennemi qu’il ne voit pas et qu’il ne palpe pas vu que les informations qu’on est en train de véhiculer autour de cette infection ne touchent pas le cercle familial ou amical proche, ce qui aboutit à une baisse de la garde face à cet ennemi mortel», regrette Dr Mikou.
Pour ce médecin anesthésiste, le virus est actuellement en libre circulation. Une mortalité basse de 1,5% de l’infection Covid-19 n’est pas rassurante. «Car, en augmentant le nombre de cas infectés, celui de personnes hospitalisées en état grave va croître et celui de morts sera de plus en plus important», dit-il craignant enfin «une augmentation du nombre de décès en chiffre absolu». «Pour éviter une telle situation, il est primordial de serrer les rangs, et d’imposer le respect des mesures barrières et pourquoi pas un reconfinement partiel s’il le faut», conclut-il.

La sensibilisation reste de mise

En attendant un vaccin, les médecins s’accordent sur l’importance des mesures barrières qui ont prouvé leur efficacité contre l’infection Covid-19. Outre les mesures sanitaires, il faut densifier la sensibilisation et la communication gouvernementale. «Cette dernière devrait changer en insistant sur le message non verbal véhiculé par le chef du gouvernement lui-même qui ne respecte pas le port du masque», souligne-t-on. Des reportages avec des campagnes médiatiques concernant les sanctions et les interpellations des personnes qui ne respectent pas la loi devraient être menés même quand ça touche des hauts responsables. La création de courts métrages de sensibilisation atypique et surprenante avec des messages véhiculés très touchants permettrait la prise de conscience des citoyens de la gravité de la situation.

Youness SAAD ALAMI

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