×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Urbanisme: La pandémie révèle les limites de la règlementation

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5805 Le 16/07/2020 | Partager
Comment la Covid-19 modifie la planification
Demande d’espaces verts, ville résiliente… les nouvelles donnes

La crise sanitaire et le confinement ont impacté les modes de vie, l’usage et la fonction du logement et va, en amont, modifier notre mode de planification urbanistique. Selon une enquête réalisée par Tracking Data, auprès d’un échantillon de 330 ménages casablancais des catégories socioprofessionnelles A, B et C +, la priorité des attentes et critères des ménages a complètement changé. Les attentes sont très fortes en termes de surfaces (appartement plus grand, plus de chambres et d’espaces de rangement…).

Deuxième critère: les ouvertures et aérations (plus de balcon, de terrasse, de fenêtres...). «Quand on se réfère aux études antérieures, ce critère n’apparaissait pas ou très peu. Il était surtout demandé chez les A+. Actuellement, cette attente s’est démocratisée et tout le monde revendique plus d’espace», explique Driss Bensouda, directeur associé de Tracking Data, lors du 4e webinaire organisé le 14 juillet dernier par Injaz Solutions.

Autre tendance forte: l’isolation phonique, qui a pratiquement triplé d’importance. La demande d’espaces verts s’est également accentuée et démocratisée. Pour Badria Benjelloun, directrice de l’Urbanisme au ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, la crise sanitaire amène à revoir les limites de la réglementation et des outils d’urbanisme et comment intégrer les nouveaux critères et conditions de qualités d’habitabilité.

La nouvelle donne aujourd’hui est celle de la ville résiliente. Pour intégrer cette nouvelle donne, il va falloir faire évoluer la législation, en amont de la planification. Rappelons que la dernière loi régissant l’urbanisme date de 1992 (plus de 40 ans).

«Nous sommes en pleine réflexion sur ces sujets. Nous sommes, aujourd’hui, en train de revisiter nos règlements d’aménagement. Aujourd’hui, il va falloir réfléchir avec des règles générales et alternatives au lieu de règlements d’aménagement statiques. Ces dernières devraient inciter à la création d’espaces publics, espaces verts… au moyen de mètres carrés modulables ou encore en termes de temporalité et d’impact sur les territoires avec des zones de levier de développement», soutient la directrice de l’urbanisme.

Pour Tarik Oualalou, architecte urbaniste, la crise a enterré 40 ans de disparition de l’Etat, qui s’était complètement désengagé de la conception/production de la ville: «Cette nouvelle donne va interdire l’idée que le marché régule lui-même les besoins et désirs. Nous avons la possibilité de reconstruire un nouveau contrat social et permettre qu’il y ait une pensée publique de l’espace commun, de l’espace collectif, y compris de l’espace intime». C’est dire que la légitimité du rôle de l’Etat a été renforcée pendant la crise sanitaire. Les panélistes sont unanimes. Il va falloir construire et maintenir la confiance dans les structures de l’Etat.

Un cas d’école à Benguérir

A Benguérir, ville dans laquelle la Société d’aménagement et de développement vert (SADV), filiale de l’OCP, développe un pôle urbain de plus de 1.000 ha, la Covid-19 est perçu comme une opportunité pour casser les automatismes et se poser les bonnes questions. Selon une étude réalisée récemment par l’OCP, sur les risques des facteurs liés à la densification, la densité urbaine et la sur-occupation du logement sont des facteurs à risque très importants dans un contexte de pandémie. Pour Mounia Diaa Lahlou, directrice de SADV, la question est de savoir «comment avoir une distanciation physique sans pour autant avoir une distanciation sociale».

Modeste KOUAME

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc