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Dossier Spécial

e-learning: Gare au piège de la flexibilité!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5803 Le 14/07/2020 | Partager
S’affranchir de tout planning, une grosse erreur
Gestion du temps, posture, recherche d’informations… Conseils d’experts
Les étudiants ont besoin de tuteurs

A la rentrée, le e-learning pourrait bien être maintenu, totalement ou partiellement, en fonction de l’évolution de la pandémie. Il vaudrait donc mieux s’y préparer. Durant ces derniers mois, les étudiants ont découvert ce mode d’enseignement qui s’est brusquement imposé en mars, à cause de la pandémie du coronavirus.

La majorité a eu beaucoup de mal à s’y adapter. Déboussolés, les étudiants ont eu des difficultés à s’organiser, à gérer leur temps, à assimiler les cours…, sans compter les problèmes de connexion et d’accès à l’outil informatique. Beaucoup de paramètres rentrent en jeu, mais il est possible de mieux réussir son enseignement à distance en suivant quelques conseils basiques.

Généralement, les étudiants commettent l’erreur de s’affranchir de tout emploi du temps. «La première condition est d’être bien organisé. Ce n’est pas parce que vous êtes à la maison et que vous disposez de la flexibilité du temps et de l’espace que vous pouvez étudier à n’importe quel moment et sans planning rigoureux. C’est la principale erreur commise par les étudiants», relève Awatif Beggar, enseignante-chercheure en technologies éducatives à la faculté des sciences de Meknès.

La gestion du temps est cruciale. «Il faut faire la distinction entre les moments où il faut travailler, et ceux où il est possible de s’amuser, car les jeunes ont le droit de se divertir», souligne Khalid Benzakour, conseiller pédagogique à l’ISGA.

«Si, par exemple, je décide de travailler pendant une heure, je mets mon téléphone en mode avion et je ne me laisse pas perturber par mes amis. Il est préférable d’arrêter toutes les icônes de l’ordinateur et ne garder que celle de la plateforme e-learning. Si j’aime écouter de la musique, mieux vaut en choisir une sans paroles», recommande-t-il.

Cela suppose de la responsabilité et de l’autonomie, deux qualités que tout le monde ne peut pas se targuer de posséder, mais qui se travaillent. L’enseignant, de son côté, peut pousser ses apprenants à la discipline en leur imposant des contraintes.    

Autre erreur courante, travailler n’importe où. «Le minimum est de se mettre sur une chaise avec une table ou un bureau, au lieu de rester allongé avec son ordinateur sur le ventre», insiste Benzakour. Il est ainsi conseillé de s’aménager un espace de travail. Ces règles peuvent paraître accessoires. Elles garantissent, cependant, une meilleure concentration.

«Il ne suffit pas de cliquer pour comprendre. Les étudiants appréhendent au début le travail en ligne comme du chat sur les réseaux sociaux. Ils finissent généralement par se décourager», prévient Awatif Beggar.

En débarquant au supérieur, les étudiants gardent les mêmes réflexes du lycée, se basant essentiellement sur le cours dispensé par leur enseignant. Or, ce n’est pas suffisant. «Le cours magistral n’est pas forcément complet. L’étudiant doit compléter l’information reçue. Pour cela, il faut qu’il soit initié à la recherche», insiste la chercheure en technologies éducatives.

«Pour ne pas se perdre, il est important de bien définir ce que l’on veut chercher et d’identifier des sites fiables. Il est aussi préférable de cibler des articles indexés», suggère-t-elle. L’experte conseille, également, la mobilisation de tuteurs chargés du suivi des étudiants par groupe. Il pourrait s’agir de doctorants, étudiants de master ou enseignants.

D’abord une séance zéro

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En mai dernier, 56,4% des étudiants universitaires ont déclaré n’avoir pas réussi à s’adapter au e-learning, tandis que le tiers essayait toujours de s’y acclimater, selon une étude réalisée par six chercheurs auprès de 1.340 sondés

Les enseignants, non plus, n’étaient pas préparés à l’enseignement à distance. Leur manque d’expérience dans le domaine a également participé aux difficultés vécues par les étudiants ces derniers mois. «Avant de commencer, il faudrait guider les étudiants à travers une séance zéro leur expliquant la méthodologie de travail. Vous ne pouvez pas les mettre directement devant une plateforme, un cours en ligne ou une visioconférence sans les guider», relève Awatif Beggar. «Ils gagneront en autonomie progressivement», ajoute-t-elle.

Ahlam NAZIH

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